LA CRISE ITALIENNE
La Guerre et l'Italie, par Jacques Bainville. Paris, A. Fayard, 191 5. In-i6, 325 p. — 3 fr. 50.
Sommaire. Pourquoi l'Italie a voulu la guerre. Ce que l'Italie attend de la guerre. L'Italie et l'Autriche. L'Italie et rAllemagne. L'avenir des relations franco-italiennes.
L'auteur détermine les « sentiments et la volonté » de l'Italie actuelle, révolution historique dont ces sentiments sont le résultat ; mais ce n'est pas dans les actes et paroles officiels qu'il en cherche l'expression, c'est dans les œuvres des écrivains nationaux, dans les professions de foi des groupes politiques, dans les manifestes des écoles littéraires et artistiques. Il expose ensuite la question dynastique, la question religieuse, la question des Alliances, telles qu'elles sont apparues pendant son séjour à ses yeux de nationaliste du parti d' « Action française ». Le centre du livre est un tableau du mois historique de l'Italie (mai 191 5), où des souvenirs personnels, mis en œuvre avec talent, forment un ensemble large et expressif. Le livre se termine par des considérations sur les revendications prochaines et la situation future de l'iulie.
L'Italie en guerre, par Henri Charriaut etM.-L. Anipi- Grossi. Paris, Flammarion, 1916. In-i6, 336p. — 3 fr. 50.
(Bibliothèque de philosophie scientifique.)
Cet ouvrage se complète par des Notes sur l'Italie qui n'ont point trouvé place dans le volume, mais qui ont fourni aux autcnrs la matière d'un article paru dans la Nouvelle rerue du 1$ juillet
Le livre est une étude générale écrite au cours d'une enquête menée en Italie. Les auteurs — dont l'un est français et l'autre italien — an.nlysent les étapes successives de la 'l'riple-AUiance en Italie, s'attachant à mettre en relief l'opposition des manœuvres politiques et du sentiment populaire. Conforme au bon sens et à Tordre naturel des choses, le sentiment triomphe par là-même des combinaisons de la diplomatie. Cette thèse fondamentale relie entre eux une série de chapitres aux sujets distincts.
Le Point de vue italien.
Discours et documents officiels.
Les ouvrages que nous venons d*analyser ne donnent pour la plupart, sur la position de l'Italie dans la guerre.
que le sentiment d'écrivains étrangers. Le point de vue proprement national est exposé dans un certain nombre de publications de provenance italienne, traduites en français. Il en est d'officielles, qui font entendre des voix gouvernementales :
Notre guerre est une guerre sainte, discours prononcé au Capitole le 2 juin 191 5, par M. Antonio Salandra, président du conseil des ministres. Traduction française de H. Sallaz. Paris, Payot, 191 5. In-i6, 31 p. — o fr. 50.
Dans ce discours fameux, le chef du gouvernement fait au peuple romain l'exposé des négociations diplomatiques qui ont précédé la guerre italienne et des tentatives allemandes de marchandage. C'est une vibrante justification de l'attitude prise par l'Italie.
L'Italie et la guerre d'après les témoignages de ses hommes d'État (Salandra, Tittoni, Barzilaï, Orlando, Sonnino). Préface de Henri Hauvette, professeur à l'Université de Paris. Paris, Colin, 1916. In-ié, xiii- 154 p. — 3 fr. 50.
Ce recueil réunit six discours prononcés par les principaux hommes d'État italiens du 2 juin 191 5 au 20 février 1916. La très intéressante préface explique pourquoi les relations franco-italiennes n'ont pas toujours été satisfaisantes : on ne craint pas d*y rappeler que certaines fautes des Français contribuèrent à cet état de choses- Elle explique également pourquoi les rapports de l'Italie et de l'Allemagne ne furent jamais hostiles, et pourquoi la guerre n'est pas encore déclarée entre ces deux puissances, au mcment où l'auteur écrit.
Le « Livre vert » italien a été mentionné par ailleurs (p. 136). Il en existe un commentaire français :
Les Origines de la guerre italienne, d'après les documents diplomatiques, par Paul Biquet. Grande revue de septembre 191 5.
— Nous mentionnons ci-dessous un document otHcicl reproduit isolément en vue de la propagande.
Un document officiel. Le télégramme du ministre Son-