III. LA PAIX DES NEUTRES. LA SOCIÉTÉ DES NATIONS
Lorsque les neutres envisagent le futur traité, ils montrent souvent une tendance à prédire la « partie nulle » et un traité de commune lassitude '. On combat en France ce point de vue :
Comment se fera la paix ? Ce que disent les neutralistes et ce qu'on peut leur répondre, par le V^* Combes de Lestrade. Correspondant du 25 mars 1916.
Impossibilité de la paix indécise, par J. Sageret. Rame de Paris du i^"" mars 191 6.
— Voir plus haut, p. 659, l'ouvrage de M. André Chéradame. Dans ses deux dernières livraisons de 191 5, la revue La Paix par le droit a publié une enquête sur Les Centres el la poix.
r. Voyez par exemple, dans la Revue politique internationale de novembre 191 5 : Le Problème de la paix, par L. V. Birck, professeur à l'Université de Copenhague.
LA PAIX DES NEUTRES Jîl
En certains pays neutres, et spécialement en Amérique, quelques écrivains adoptent franchement les buts de guerre des Alliés :
Quand cela finira-t-il ? Londres, Darlîng et fils, 191 6. In-i6, 17 p.
Cet opuscule développe le point de vue d'un Américain sur la position prise par les Alliés relativement aux conditions delà paix : il montre l'impossibilité d'une paix conclue selon les désirs des Allemands.
— Comparer, dans la Revue du 15 juillet- 1" août 1915, Les États- Unis et la paix future, par J. Finot, article paru précédemment dans divers périodiques américains.
Dans leurs publications relatives à la paix, c'est leur propre sort surtout que les neutres d'Europe ont en vue : ils plaident pour l'indépendance et la sécurité future des petites nations :
Les Petites nations et leur droit à Texistence, par
Albert Trachsel. Genève, Jullien, 191 5. In-ié, 270 p.
L'auteur combat tout d'abord les théories allemandes sur la force et le droit, et la conception pangermaniste de la race ; puis il réfute les arguments par lesquels les Allemands prétendent prouver que les petites nations ne méritent pas d'exister et doivent être englobées, assimilées par les grandes.
Essai d'une proposition de paix : l'organisme des Etatstampons gardiens de la paix, par M. D. Horowitz. La Haye, M. Nijhoff, 191 5. In-8, viii-i2op. — 1 fr. 50.
Comparer :
L'Avenir des petits États d'après les lois sociologiques, par Gaston Richard. Paris, M. Giard et E. Brière, 191 5. In-8. — I fr.
— Voyez p. 147 l'opuscule de M. H. Fishcr : La Valeur des petits États.
L'Avenir des pays neutres, par W. Martin. Correspondant du 10 mars 1916.
Une idée est dès le début préconisée chez les neutres, pour assurer la paix à l'avenir : l'idée d'une société des nations et d'une justice sur-nationale :
Les États-Unis de la terre. Un programme praticable d'entente pacifique universelle et stable entre les peuples, par Auguste Forel. Lausanne, E. Peytrequinj 191 5. In-i6, 102 p. — o fr. 60.
— Comparer, à la division Suisse (p. 557), de l'ouvrage M. Georges Wettstein : La Crise européenne.
La Fin de la guerre. Traité de paix générale basé sur une charte mondiale déclarant les droits de l'humanité et organisant la confédération des États, par Paul Otlet. La Haye, M. Nijhoff, 191 5. Gr. in-8, 160 p. — 3 fr. 50.
— Voir plus haut, p. 665, le livre du même auteur : Les Pr<*blèmes internationaux et la guerre. M. P. Otlet est le délégué pour la Belgique à 1' « Organisation centrale pour une paix durable » de La Haye.
Beaucoup d'autres organisations montrent pendant la guerre une grande activité de propagande pacifiste — activité que l'Allemagne ne manque pas d'encourager. Signalons notamment : le Comité hollandais La Confédération des États européens, qui a publié un ouvrage de Nico van Suchtelen : La Seule chance de salut : une confédération européenne ; — le Comité suisse pour l'étude des hases d'une paix durabk qui a répandu un Mémoire sur les bases d'un traité de paix durable (Olten, W. Trôsch, 191 5. In-8, 60 p.) d'inspiration germanique. En Amérique, la IVorld Peace l'oundation a, en 1915, reproduit en une brochure les pages que Victor Hugo consacrait en 1849 au problème des États-Unis d'Europe.
Comparer :
Vers la confédération européenne, par P. Bonfante.
Scientia de novembre 191 5 .
— Voir (p. 117) l'Enquête internationale de Scientia et en particulier la conclusion de M. E. Rignano.
Cette idée d'une société des nations, adoptée par les socialistes et pacifistes des pays alliés, est d'abord jugée défavorablement dans certains milieux français ; puis elle