SOUVENIRS DU FRONT
l'hôte des généraux Radko Dimitrief et Irmanow, Plus que M. Washburn, il s'intéresse aux grands mouvements stratégiques et aux conclusions générales. Il interroge fréquemment les prisonniers : soldats et officiers. Après avoir avancé avec les combattants russes jusque par-delà les Reskides, il a dû les suivre dans leur retraite jusque dans le gouvernement de Lublin : il n'en reste pas moins optimiste, et affirme que si les ennemis ont obtenu un succès de technique, nos alliés n'ont rien perdu de leur moral.
La Pologne sous la rafale, par Edmond Pkivat. Paris, Payai, 191 5. In-8, 71 p. — i tV.
Ce ne sont ici que huit lettres adressées au journal Le Temps, pendant les mois d'avril et mai 1915, depuis Varsovie, Lemberg et le front de Pologne. L'auteur est de nationalité suisse. 11 se limite presque exclusivement à des descriptions de villes et de paysages ravagés par la guerre '.
Articles.
Autour de Lemberg. Impressions d'un témoin italien [A. Fraccaroli], par A. Masseron. Correspondant du 10 décembre 1914.
Les Russes à Lemberg, par A. Fraccaroli. Grande revue de juin 191 5.
Scènes et tableaux du « front » russe. — Autres
images du « front » russe, par T. de Wyzewa. Revue des
deux mondes des 15 avril et 15 mai 191 5.
Dans ces articles, M. de Wyzewa analyse divers ouvrages étrangers.
Tableaux du front russe. Décembre 1915, par M. Mar- KoviTCH. Revue des deux mondes du i«='' mars 1916.
Comparer :
L'Armée et le soldat russe, par J. Patouillet. Paris, Foi et Vie, 1915. In-i6. — o fr. 70.
I. De la popularité des Cosaques, qui, on ne l'a pas oublié, étaient en 1914 à quelques étapes de Berlin, témoignent plusieurs conférences et opuscules publiés à leur sujet pendant les premiers mois de la guerre, par exemple ceux de M. Ihibault, lan Karmor, et en particulier :
Les Cosaques, leur histoire, leurs mœurs et caractère, anecdotes. Conférence faite le 23 octobre igr4, à Orléans, par le comte de Nesselrode. Orléans, impr. de J. Goût, 1914. In-8, 24 p.
(La Morale et la politique des belligérants.)
Dans cette conférence, qui repose principalement sur des observations faites à l'arrière, l'auteur, directeur dç l'Institut français de Pétrograd, insiste sur le moral excellent du soldat russe, ainsi que de toute la population, parmi laquelle la guerre est populaire et même bienfaisante.
Miss Violetta Thurstan, la courageuse infirmière dont nous avons résumé déjà les premières Aventures en Belgique % a poursuivi en Russie ses pérégrinations :
Après une visite à l'impératrice de Russie, Miss Thurstan est envoyée à Varsovie dans un hôpital militaire. Puis elle fait partie d'une colonne volante chargée de rechercher les blessés sur le champ de bataille : laquelle colonne opère aux environs de Lod^, au milieu des plus grands dangers. Miss Thurstan suit la retraite des armées russes. Elle passe la nuit de Noël, malgré le péril, dans les tranchées de première ligne, auprès de Radzivilow. Blessée à Zyradow, au commencement de 191 5, elle profite de sa convalescence à Pétrograd pour écrire ses souvenirs, avant de repartir pour reprendre sa bienfaisante tâche.
L'ouvrage qui fait le mieux comprendre la psychologie du combattant russe au cours de la guerre se présente sous la forme d'une suite de récits où la fiction a sa place :
Le Lieutenant Demianof. Récits de guerre 1914-1915, par le comte Alexis Tolstoï. Traduction et préface de Sçrge Persky. Paris, Payot, 1916. In-ié, iv-301 p. — 3 fr. 50.
L'auteur, neveu du grand écrivain et son élève, lui-même écrivain réputé, » suivit dès le début de la conflagration, 1rs armées russes en Galicie et au Caucase, comme délégué des Zemstvos d'abord, puis comme correspondant militaire ». Les quatorze récits que réunit le volume, ti^s cvocateurs, témoignent d'une sensibilité très vive, d'un grand talent psychologique, et certains atteignent à une valeur vraiment « humaine et universelle ».
Comparer :
Le Soldat Semenov, par Mouïjel. (Traduction de Hal-