‹ La littérature de guerre. Manuel méthodique et critique des publications de langue française. Préf. de Gustave LansonChapitre 82 sur 216 · L OPINION PUBLIQUE EN SUISSE AMMANIQUE · texte numérisé non relu

L OPINION PUBLIQUE EN SUISSE AMMANIQUE

forter à leur passage, par de chauds témoignages d'affection, les grands blessés frariyais. Particulièrement ému au cours d'une de ces visites, il passe la nuit à écrire au général Joffre et au roi Albert toute son admiration, et à rédiger, pour les membres du Conseil fédéral, une lettre où il leur conseille, avec ses arguments typiques de brave homme au gros bon sens, une protestation formelle, et à défaut, une attitude moins rigoureuse dans sa neutralité. La nuit suivante, Potterat meurt pendant son sommeil.

Suisse alémanique'.

Envers la France, les Suisses allemands se tiennent J'ordinaire sur la réserve ^. Par rapport à l'Allemagne, les sentiments varient. Il est des voix courageuses qui s'élèvent contre les violations du droit :

Notre point de vue suisse. Conférence, par Cari Spit- TELER. Traduite par Catherine Guilland. Zurich^ Raschevy 191 5. In-i6, 23 p. — o fr. 70.

Dans cette conférence fameuse, traduite ici de l'allemand, legrand poète suisse proteste avec énergie contre la violation de la neutralité belge. On sait que cette protest.ition valut à l'écrivain, )adis fort apprécié en Allemagne, l'animosité ou la haine de ses anciens admi*

rateurs.

Toutefois un certain nombre de Suisses allemands font l'apologie de TAUemagne et de la guerre allemande. Nul n'a jugé ces sympathies germanophiles avec plus de sévérité que les Suisses eux-mêmes :

La Suisse allemande au début de la guerre de 1914.

1. Les Chroniques suisses allemandes de M. Antoine Guilland dans la Bibliothèque universelle font pendant aux Chroniques suisses romandes de M. Millioud. — Un opuscule isolé réunit quelques discours prononcés par un Suisse italien, conseiller fédéral, qui fut président de la Confédération suisse : Patrie. Sept discours, par G. Motta. (Lausanne, Payot. 1915, In-i6. — o fr. 75.)

2. Voir toutefois, aux pages 41 et 51, les ouvrages de MM. J. Matthieu et A. Gessler.

par William Vogt. Paris, Perrin, 191 5. In- 16, 164 p. — 2fr.

Dans ce pamphlet, d'une virulence extrême, l'auteur — qui luimême est d'origine allemande — décrit et stigmatise l'excessive germanophilie de ses compatriotes alémaniques. C'est au mois d'août 1914 qu'il était allé observer ceux-ci ; il voulut ensuite faire connaître à Genève ses observations : mais la censure militaire interdit ses conférences. D'où son exil et sa colère.

L'opposition des sentiments et des sympathies au cours de la guerre, la politique suivie par le Conseil fédéral, placent la confédération dans une situation intérieure mal définie, et pénible pour les citoyens suisses. Ceux-ci tiennent à affirmer néanmoins leur union en un même patriotisme :

Notre neutralité et les difficultés présentes, par Arnold Reymond. Bibliothèque universelle et revue suisse de juin

Ce qui nous unit, par C. A. Loosli, Bibliothèque universelle et revue suisse d'août 191 5.

Conférence prononcée par un Suisse allemand à l'Association romande de Berne le i" juillet 191 >.

Opinion romande et sentiment suisse, par V'irgilc RossEL. Bibliothèque universelle et revue suisse de septembre

L'afiaire dite « des Colonels » révèle aux étrangers et fait sentir plus vivement aux Suisses la crise politique dont soufl^re le pays depuis le début de la guerre :

La Crise politique suisse pendant la guerre, par le colonel F. Feyler. Paris {Lausanne)^ Payât, 1916. In-ié, 11-176 p. — 2 fr. 50.

Cet ouvrage se compose de trois parties : « La première reproduit les Chroniques à peu près mensuelles de la Revue militaire suisse de février 1915 à janvier 1916. » Ces Chroniques se sont appliquées i suivre, jusqu'au moment où éclata l'affaire dite des Colonels, le

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