Parce que le Présent risque de les oublier trop
çoivent l'idée du Monument littéraire et pressentent la conscience se mêlant à l'inspiration pour la régler et la fortifier, — retrouvent une poésie de l'homme originel, tout près du cœur de la nature dont le langage muet leur redevient intelligible, et précisent l'asile humain de l'homme dans l'hommemême, dans sa vie intérieure, — révèlent l'aspect merveilleux, l'expression métaphysique de celte vie intérieure et qui se dédouble, retournent à la simplicité des légendes, en même temps maintiennent le vers dans l'atmosphère lyriqueet lereudent plus apte à porter des p> nsées transformées en idées. — V. Hugo, lieu commun de toutes les innovations, sans y rien ajouter de son propre, leur donne force de loi. — Les deux grands foyers du siècle, Balzac et Wagner — ramènent l'Art foncier à ses sources naturelles par la Science, dégagent l'Art formel en lui indiquant comme élément essentiel la Fiction, posent le principe de l'unité de composition, établissent les assises de réalité de l'œuvre d'art de l'avenir, — concluent l'union de toutes les formes artistiques régies par l'Action, font la synthèse desobservalions et des expériences dans la Fiction, et la fusion du mysticisme et du sensualisme par l'expression artistique. — Poe et Baudelaire — érigent en dogmes qui n'auront plus d'hérétiques parmi les vrais poètes cesdeuxgrandes vérités du génie conscient et concentré et du sens lyrique de la Science; ils défendent qu'on laissa
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rien au hasard dans l'œuvre artistique, conseillent à la Beauté une singularité mélancolique, logique et fastueuse, expriment l'inexprimable, montrent comment la poésie peut s'ouvrir à la psychologie^ et que c'est à l'expresse condition d'outrer « le mystérieux, le satanique, l'horrible, l'angoissant des traits de l'âme, en s'abstenant presque de les décrire, en les grandissant ainsi et en laissant porter de tout son poids leur sombre et magnifique effroi *, » prouvent donc par l'exemple-même que la vraie poésie est l'Idéale; instaurent en art la notion fondamentale de l'Exceptionnel ; trouvent le vers moderne ; sont avec Flaubert et M. Leconte de Lisle les derniers veilleurs de la vigile triste que suivra la fête joyeuse de l'Art maître de tous ses moyens. — Flaubert fixe la prose des idées générales, — Sainte-Beuve invente, pour exprimer les nuances des sentiments, le priricipe de la langue personnelle. — M. Leconte de Lisle, comme Flaubert en prose, fixe la langue des idées générales en vers ; comme Flaubert encore, donne le signal du retour aux Origines, et tous deux, par leur plainte plus intense mais plus belle esthétiquement que celle de leurs prédécesseurs, inaugurent la consolation par la Beauté, germe d'une religion esthétique. — M. Théodore de Banville rend à l'Art son véritable caractère, qui est la Joie, assigne à la Poésie sa régie dans l'Ode et sa régulatrice