L'âme nue
c'est pnr de telles reprises aux traditions que les générations obtiennent le droit des audaces. Haraucourt serait surtout un moraliste un peu empêché d'indiquer les fondements de sa morale. M os c'est un prosateur très sûr et très robuste, qui sait bien la langue. Et si curieuse, chez lui qui se défendrait d'être un « suggestif» et briserait, s'il y touchait, les pointes d 'S fines aiguilles, — celte défaite du sensualismp, butant comme un taureau à l'abîme du mysticisme, et même! du my>licisme sentimental, pour avoir souhaité l'absolu physique ! Cet effet de cette cause retient le poëte dans la vigile triste. Un autre, moins spirituel, sans douie, en franchirait les bornes souvent, vers la joie des sensations. C'était le premier désir: la pensée du fini et sa : tristesse sont intervenues et le poëte ne les a pas vaincues, enchaîné dans la méditation sempiternelle d'un sensualiste qu'un instant inoublié convainquit d'avoir une âme. Sentiments de maintenant, sinon de tout à. l'heure, et qui appelaient ici Edmond Haraucourt.
Jean Moréas est Grec. Cette origine explique beaucoup des particularités de son talent, et d'abord la première influence qu'il subit : Théophile Gautier, ce roi de l'Asie fastueuse. Moréas a presque toutes les qualités romantiques. Il n'a aucune des qualités classiques. C'est un peintre
chantant. 11 appartient à l'Art nouveau par ses dons admirables de formiste, son sentiment intense de musicien coloriste. S'il se risque dans la métaphysique, j'aime mieux que l'y suivre l'attendre chez lui, parmi les beaux gestes, rhythmés de belles chansons, de së-s toutes vives imaginations moyen-âge, et s'il s'attriste je m'étonne, car j^ perçois dans ses sentiments moins d'importance que dans leurs somptueux vêtements de syllabes, — je m'étonne et je regrette que ces yeux enivrés par la joie des c < m leurs se croieni obligés dr; pleurer. Au lii~u dp ces St/rles inhospitaliers, comme dit l'épigraphe, de ces Cantilènes qui veulent languir et de toutes ces Funérailles, j'imagine que ce chanteur va me dire des vers de joie, de victoire et de fête et que j\y vais applaudir...
Avec lui les points d'art formel importent surtout. Pour la langue, Moréas de plus en plus fréquente chez nos poètes du XIIIe et du XIV siècles. Il a, entre les Cantilènes et les Iconostases, lié plus d'une gerbe de vieux mots nouveaux qui sont très précieux, qu'il prodigue : et pourquoi point? Il est heureusement loin aujourd'hui des hiémales nuits que les gazetiers se jetaient les uns aux autres et de gazette à gazette, voilà des temps. — Les questions de rhythmés sont plus graves et c'est dans la richesse nouvelle des rhythmés que consiste l'originalité de l'œuvre de
Moréas. Celte œuvre encore brève indique des t'ran Formations déjà bien nplfns. L'infliiMnrp de Gautier se rencontre avec celle de M. Veplnin.fi et disparaît devant celle-ci, laquelle, ayant ouvert au jeune poëte une voie nouvelle, l'y Inissp à michemin s'en aller seul, pïiis loin. Levers déniaisé — soit! — par Victor Hujro, resserré par Gautier et IfiS Parnassiens, sans perdre les libertés acquises. M. Verlaine l'affranchit dt-s contraintes anciennes et nouvelles, mais sans lui fnire perdre ses caractères essentiels devers français : Moréas et d'autres poètes de cette génération sont, à ce qu'ils croient, les dernières et logiques conséquences du principe verlainien, lequel donne à la prosodie, pour la rendre apte à l'expression de nuances dont jadis on ne s'embarrassait pas, d' s souplesses qu'elle ignorait alors '.
Pour Moréas, les vers ne sont plus que notations musicales dont il tire d'admirables effets. Voyez cette strophe du poëme d'Agnès:
« Sœur, douce amie, « lui disais-tu », douce amie,
Les étoiles peuvent s'obscurcir et les amaranthes avoir été.
Que ma raison ne cessera mie
Ce radoter de votre beauté.
Car Cupidon ravive sa torche endormie
A vos yeux, à leur clarté ;
Et votre regarder, • lui disais-tu •, est seul Mire
De mon cœur atramenté. •
i. Voir dans le chapitre V la théorie des vers français.
Que ce soit de la littérature, d'exquise musique peinte, qui le nie ? et plus que partout ailleurs je reconnais ici un très sûr instinct d'art synthétique. Gomme la littérature vers la musique et la pein'ure, la prose' vaau vers et cherche à faire corps avec lui. Moréas l'a compris mais à coup sûr c'est la prose, avec lui, qui gagne. C'est elle encore qui dépouille cette chanson de quelques-unes de ses rimes, rhythmiqtie purement.
Vous avec vos yeux,; avec tes yeux,
Dans la bastille que tu hantes !
Celui qui dormait s'est éveillé
Au tocsin des heures -beuglantes.
Il prendra sans doute
Son bâton de roule
Dans ses mains aux paumes sanglantes.
Il ira, du tournoi au combat,
A la défaite réciproque ;
Qu'il fende heaumes beaux et si clairs,
Son pennon, qu'il ventèle, est loque.
Le haubert qui lace
Sa poitrine lasse,
Si léger, il fait qu'il suffoque.
Ah, que de tes jeux, que de tes pleurs
Aux rémissions lu l'exhortes,
Ah 1 laisse : tout l'orage a passé
Sur les lys, sur les roses fortes.
Comme un feu de flamme,
Ton âme et son âme,
Toutes deux vos âmes sont mortes '.
D'ailleurs, comme il reconnaît, on vient de le
i\ Jean Moréas : Les Iconostases*
voir, que les vers se combinent en strophes dont les libertés soient du moins soumises à la symétrie, Moréas garde le respect despoëmesà formes fixe-, desquels le Moyen-Age qu'il aime tant- a fait un usage si charmant.
•Iules Laforgue est comme unique, non point dans cette génération, mais dans la littérature. 11 semble avoir connu tous les désirs que de plus audacieux, de plus mal avisos, peut-être, i< nient de réaliser et les avoir, lui, résolus en sourires excessifs qui feignent de se contenir, grands gestes arrêtés cour , vers et proses dans un sérieux, plutôt qu'une gravi Lé, lyrique disant des choses folles, fines et profondes. Une âme blessée et très « polie >/ : ne pouvant se taire de chagrins cuisants, elle avait pris le parti de les offrir eu gaîlés. - Le poëte a pourtant des plaintes et des plus singulièrement stridentes:
Ah ! que la vie est quotidienne ! .
ou bien :
Je suis trop jeune, ou trop agonisant.
Mais il préfère, à l'ordinaire, et même s'il parle de lui-même, s'en tenir à cette ironie délicieuse qu'il a seul dans la poésie française, et qu'il a seul à ce degré de finesse, de pointe pénétrante, dans toutes les poésies. Cette ironie — qui se réduirait à . cette double constatation : du sentiment précis que .
312 LA LITTÉRATURE DE TOUT A LHEURli
nous avons de l'insuffisance irrémédiable et parfaite des êtres à qui nous demandons le bonheur et de la sincérité pourtant invincible et non moins parfaite de notre insistance à le leur demander, — est le cri, lui-même conscient et se raillant, de cette maladie des modernes, la Conscience. Parfois, chez Laforgue, elle dépasse l'âme moderne et l'âme humaine, cette conscience toujours éveillée, elle de- \ ient la conscience immense et froide de la nature, l'universelle activité vitale qui se surveille accomplir son destin. C'est, dans les Moralités légendaires, ce chef-d'œuvre : Pan ât la Syrinx. Mais bien entendu, ce n'est pas cette philosophie si simplement, — et la conscience aussi delà nature, symbolisant un cas très particulier d'âme en attente, se raillera d'être ce que cette âme pense de si philosophique :
L'Autre sexe ! l'Autre sexe!
Oh ! toute la petite Eve
Qui s'avance, ravie de son rôle,
Avec ses yeux illuminés
D'hyménée,
Et tous ses cheveux sur les épaules,
Dans le saint soleil qui se lève !...
"Un corps, une âme Amis d'enfance !
Toute ma femme De naissance !...
— 0 Syrinx ! Voyez et comprenez la Terre et la merveille de cette matinée et la circulation de la vie.
Oh, vous là ! et moi, ici ! Oh, vous ! Oh, moi ! Tout est dans Tout 1
Je ne vois pas de psychologie plus aiguë et plus poétique, à la fois spéciale et généralisée, que celle de ces Moralités Légendaires, plus précieuses encore que les vers des Complaintes et de Y Imitation de Notre- Darne-la- Lune. — C'est un peu, sans doute, avoir pris les choses par leur aspect contradictoire, par leurs petitesses, et il n'y arien d'aussi navré, navrant que cette bouffonnerie psychlogique. Mais il ne faut en rien, pour apprécier Jules Laforgue, le considérer selon les règles ordinaires Exceptionnel en tout, — aussi dans la forme de son art. — Lui encore en était arrivé à ne faire plus des vers qu'une notation musicale, lui encore avait ouvert les rimes à la prose dans ses Complaintes, où les libertés prises, singuliers rimant aux pluriels, e muets de plus ou de moins dans l'indifférence du nombre des syllabes, comme confirmaient l'accent de légèreté triste. — Moins qu'un autre convient-il de discuter ce Jeune mort, une des plus douloureuses pertes de cette génération frappée. Ge qu'il a fait, chanson qui vibre à l'écart ou fusinage caricatural d'essence si purement artistique, c'est l'œuvre d'un sceptique sentimental, non sans force, certes, mais sans la sage folie d'espérer : c'est comme le sourire de ce visage charmant que personne n'oubliera, ce sourire qui comprenait tout.
Gustave Kahn, qu'il convient d'éloigner le
moins possible de son amiperdu, est un des-artisles les mieux, informés de leur art, en ce temps. Celui-là, essentiellement, pratique un art symbolique et d'aspirations synthétiques. Le titre-même du livre qu'il a publié, Les Palais Nomades, est significatif à la fois du sens des pensées et des motifs de la forme du poëte. « Voix errantes » diraient à peu près ce qu'il entend par ces « Palais nomades ». Des accents de toutes parts s'élèvent, se rencontrant parfois dans, un unisson, voix plus souvent séparées, en de dolents caprices, en de capricieuses fatalités. Pour dire ces choses, il a choisi des airs, des phrases dans la musique des syllabes et, je crois bien, n'écoule ce qu'elles disent que dans ce qu'elles sonnent, fait pure abstraction de voir afin seulement d'ouïr. Et. pour régler les directions de son « thème » et de ses variations, il n'a voulu que ses sentiments : d'où cette liberté, pour lui une loi, des vers qui jamais ne s'ordonnent entre eux selon leurs nombres appareillés, mais vont, d'allures apparemment avantureuses, vers de dix-sept et de deux syllabes à l'encontre, selon que le sentiment atteint une expansion ou rentre en soi. Encore une notation musicale au gré d'une psychologie passionnelle ; le vers et la prose se mesurent et se mêlent : peut-être la prose y gagne ; le vers y perd sans doute. Car, en ce désir légitime d'affranchir de toute injuste contrainte la forme poétique, assurément convien-
drait-il de ne pas oublier qu'il y ;i des raisons naturelles à quelques-unes de ces lois, — non ! à une seule qui résume toutes les autres: levers, émission unique d'un souffle humain', a pour bornes les bornes du souffle -humain: -en qui se tient dans ces bornes est Vers, ce qui les dépasse est Prose. Ni les Grecs, ni les Latins, ni les Allemands n'ont jamais transgressé cette loi.
Mais ce n'est point tant ici le résultat que le but de l'effort et ses causes qu'il faut apprécier. Gustave Kahn a compris que, pour les projets qui s'imposent, ni la prose seule, ni les vers seuls ne suffisent. Il les mêle ; c'est la loi du mélange qu'on peut critiquer, non pas le mélange même. Et il procède avec intelligence, combinant bien les faibles et les fortes; seulement il se maintient trop dans l'atmosphère pure du lyrisme, où détonne cet accent de prose qu'il indique pourtant expressément par la suppression de la capitale initiale, mais qu'il semble, pourtant encore, démentir par cette autre suppression des détails de la ponctuation, comme voici :
On mourait, au fond d'or des basiliques amples des tourmentes d'odeurs douces s'exhalaient de tes rampes aux faites des tours des attentes de langueur les haltes florissaient en larges reposoirs où des gaines de velours des couteaux dormaient en tes soirs Et sur l'âme des pierres planait un regard lourd.
Et encore, de cette même Nuit sur la Lande :
Rien ne m'est plus que ta présence i
et les courbes souveraines de ta face
et les portiques de ta voix ;
Rien ne m'est plus que ton attente.
La halte inutile du' temps;
avant le frisson qui m'attend
et le charme de mes mains; sur tes seins=
Rien ne m'est plus que ta présence
De tes beaux yeux la paix descend comme un grand soir' et des pans de tentes lentes descendent gemmées de pierreriestissés de rais lointains' et de lunes inconnues des jardins enchantés fleurissent à ma poitrine cependant que mon rêve se clôt entre tes doigts à ta voix de péri la lente incantation fleurît imprégné d'antérieurs parfums inconnus mon être grisé s'apaise à ta poitrine et mes passés s'en vont défaillir à tes doigts.
Jean Moréas, grec ; Jules Laforgue, longtemps influencé par les poétiques anglaise et allemande ; Gustave Kahn, sémite: à ces origines étrangères j'attribue cet oubli du génie français, latin, qui, plus que tout autre, répugne à cet oubli systématique des lois naturelles.
Louis Dumur, d'origine suisse et italienne, versifie suivant une poéiique nouvelle, du moins renouvelée de poétiques étrangères — aussi — et classiques. Il indique son système dans l'avertissement des Lassitudes :
« L'accent tonique, qui existe en français aussi1 bien que dans les autres langues, tombe sur la dernière syllabe des mots à terminaison masculine
et sur la pénultième des mots à terminaison féminine :
Exquis, /e'GER, suAtil, ténu, suxve, clair,
» Les mots qui ont plus de deux syllabes ont un second accent sur la première syllabe :
SyniBole iVidéxi. jamais o/teint, j'umais.
» Les monosyllables, théoriquement, sont accentués ; mais dans les phrases, ils forment des groupes où les accents se distribuent par l'importance des mots et par position, suivant l'instinct qui demande qu'autant que possible un accent ne soit pas directement précédé ou suivi d'un autre accent. Les monosyllabes, dans le vers, se conforment toujours au dessin rhythmique indiqué par les polyssyllabes :
La nuit, leiovR,àCHEvre où le croissAm s'arGExte.
» D'après. cette conformité au dessin rhythmique et la règle des positions, il arrive qu'un mot de trois syllabes peut perdre l'accent de sa première syllabe :
CepenoA?n, nous pens\mes tousovRS Que te RÉve ifrézh des poètes...,
q l'un mot de plus de trois syllabes peut transposer l'accent de sa première syllabe:
.L'hjtREUR siLENciEuse et uvde du vieux CHÈ/<e,
qu'un mot de plus de quatre syllabe peut prendre un troisième accent:
S'éMsuvent len^ment et Gtné&loaiques .
» La cadence par l'accent tonique adoptée, je m'en sers pour former des pieds — à l'exemple de l'anglais, de l'allemand, du russe — et en particulier des pieds iambiques et anapestiques, les plus appropriés au français.
L'enNui de'TiKNT ma itte lasss et MonoTorae,
est un hexapode iambique.
DéLAce de mon cou tes h ras.
Tes poses MOL/es, FiLt'e impvre...
sont deux tétrapodes iambiques.
J'ai pleuRè de le voir disyaRxître si \ite
est un tétrapode anapestique. »
Jusqu'à présent, Louis Dumur garde la rime et souvent — comme on l'a vu par les exemples cités — donne à ses vers toniques l'apparence du vers nombre. Mais la rime disparaîtra sans doute et déjà l'alexandrin s'éclipse parfois; :
Marchons, les chers mirages ne durèrent que trop peu ! Un jour viendra, je pense, où las de ce cuisant rivage, Mes pieds trébucheront au roc — c'est là l'ultime vœu ! Qui bornera mon ironique course et l'esclavage.
Sans accorder ni refuser au système de Louis Dumur plus ni moins de confiance qu'aux autres poétiques nouvelles dont la nouveauté consiste à démembrer. le vieux vers français, je constate son
effort et je l'inscris comme un des signes les plus nets qui marquent le désir d'une Nouveauté, en effet, dont l'avènement plane autour de nous.
Louis Duraur a écrit un roman de psychologie, Albct, « très moderne, » d'un moraliste triste à qui tout manque de ce qu'on nomme Bonheur, pour trop de désirs- en des jours, dans un monde trop réduits.
René Ghil, lui, quoique étranger encore ', s'en tient à l'ancienne prosodie, parce que M. Mallarmé s'y tient aussi. Mais René Ghil se revanche de cette simplicité en écrivant obscur parce que M. Mallarmé a dit que la clarté est une grâce secondaire.
René Ghil, en effet, a passé, passe encore auprès des mal informés, pour l'officiel disciple de M. Mallarmé. Mais ce poète n'a pas ouvert d'école. Tous un peu sommes nous les sujets de sa pensée, personne ne l'a plus imprudemment interprétée que René Ghil. A celui-ci exceptionnellement soyons sévère, car il a fait tout ce qui était eu lui pour compromettre l'artqu'il croyait servir. Il fut sincère, on n'en doit point douter, mais il fut trop hâtif, ambitieux d'un titre et de ce bruit des journaux où le talent court des risques. D'ail-
1. Belge. C'est une des singularités du mouvement dit décident que, si français par son origine baudelairienne et verlai nienne, il fut, en ces derniers temps de sa plus retentissante période, comme capté par des écrivains jeunes de races étran gères à la nôtre.
323 ÏÀ UTT^RA.TUR'i DE TOUT .\ l/HEURE
leurs, je sais de lui. dans ses Légendes d'âme et de sang, de beaux vers, tel celui-ci :
Nu du nu grandiose et pudique des roses.
Et, pour préciser, les imprudences de René Ghil avaient leur cause dans un sentiment confus mais très vif du véritable avenir. Encore une fois il pécha par trop de hâte et un peu de chanceuse jeunesse.
• Constatant les souverainetés les Harpes sont blanches; et bleus sont les Violons mollis souvent d'une phosphorescence pour surmener les paroxysmes; en la plénitude des Ovations les cuivres sont rouges; les Fl.Hes, jaunes, qui modulent l'ingénu s'étonnant de la lueur des lèvres; et, sourdeur de la Terre et des Chairs, synthèse simplement des seuls instruments simples, les Orgues toutes noires plangorent '... »
Etc.!
René Ghil a eu le tort, surtout, de prendre au sens littéral, un peu naïvement, le sonnet des Voyelles d'Arthur Rimbaud. Tous les journalistes ont fait de même, et que de « gorges chaudes » ! comme on dauba sur le grand poëte :
A noir, E blanc, I rouge, U vert, 0 bleu...
et les journaliste ne soupçonnaient point de quel rire énorme eût ri l'absent s'il les eût entendus ! Car ces bonnes gens donnaient de tout leur cœur dans le panneau qu'avait pensé à leur préparer —