‹ La littérature de tout à l'heureChapitre 43 sur 56 · Charles Vignier: Centon · texte numérisé non relu

Charles Vignier: Centon

Mathias Morhardt aussi est une âme cl* poète emprisonnée dans les besognes du journalisme. JJ a fait de très beaux vers, d'une étrange et métallique solidité, vers bardés de grands mots inflexibles, adverbes et verbes préférés, qui prêtent à la page de vers une attitude roide qui est un caractère. C'est un platonicien très entêté, — ainsi qu'il faut. De lui celte superbe phrase rhythmée :

C'est la nature, en moi, qui passe et moi qui reste! x

et c'est aussi un sentimental, non pas tant délicat que sincère, pénétrant, ému. — Quant à la forme des vers, il s'en tient, à peu près, aux premières libertés des pluriels rimant aux singuliers et garde le sens et l'amour du grand alexandrin, tels :

C'est les vieux empereurs germains, au geste lent Montrant la tiare d'or sur des coussins sanglants : Cortège impérial qui revient d'Italie

Son idéal : une puissante pensée centrale rayonnant en des expressions de sensualité sentimentalisée : idéal synthétique

Ernest Jaubert est un très probant exempLe de la marche qu'ont dû suivre bien des poètes, en ce temps. Influencé d'abord par des écrivains de la génération qui nous précède, à peine eut-il aperçu l'idéal nouveau, il y vint, naturellement et néces-

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