‹ La littérature française au 19e; tableau généralChapitre 22 sur 90 · LA SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

LA SOCIÉTÉ

Il faut faire la société bonne, si l'on veut que l'homme soit bon; il faut qu'à son entrée dans la société il y trouve, établi par les lois, pratiqué dans les mœurs, enseigné par les écrits, rappelé par les arts, autorisé, accrédité par tous les moyens dont la société dispose, tout ce qui peut aider un naturel heureux ou fortifier une âme faible et continuer une bonne éducation ou réformer une éducation vicieuse.

Les sujets publics, ou le peuple, est le terme de la'volonté du pouvoir et de l'action des ministres, et c'est à son utilité que tout se rapporte dans la société, constitution et administration. La société est établie pour l'avantage général, et non pour le bien particulier, puisqu'il faut au contraire que le particuher souffre pour le bien général. Les sophistes qui ont traité de la société n'y voient que l'individu, et Pufendorfî lui-même dit que les lois sont faites pour l'avantage du chef : erreur grossière, puisque le chef doit le premier s'immoler pour le salut de ses membres. Toute société, dans ce sens, est une république, tes publica, la chose de tous, et non la chose de chacun, et alors, dit J.- J. Rousseau, « la monarchie elle-même est une république ». Dans le siècle dernier, les bons auteurs appelaient toute forme d'État république; ce n'est que dans ce siècle qu'on a donné exclusivement cette dénomination au gouvernement populaire, de tous les États celui où chacun est le plus occupé de soi et où tous sont le moins occupés des autres.

Dans la société, il n'y a pas de droits, il n'y a que des devoirs.

Joseph de Maistre 1753-1821

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