‹ La littérature française au 19e; tableau généralChapitre 41 sur 90 · LES ROSES DE SAADI · texte numérisé non relu

LES ROSES DE SAADI

J'ai voulu ce matin te rapporter des roses ;

Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes

Que les nœuds trop serrés n'ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté. Les roses, envolées Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées. Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir.

La vague en a paru rouge et comme enflammée. Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée... Respires-en sur moi l'odorant souvenir 1

LA VOULZIE

Hégésippd Moreau I8IO-I838

S'il est un nom bien doux, fait pour la poésie.

Oh! dites, n'est-ce pas le nom de la Voulzie ?

La Voulzie, est-ce un fleuve aux grandes îles ? Non ;

Mais, avec un murmure aussi doux que son nom.

Un tout petit ruisseau coulant visible à oeine;

Un géant altéré le boirait d'une haleine;

Le nain vert Obéron, jouant au bord d(.3 flots.

Sauterait par-dessus sans mouiller ses grelots.

Mais j 'aime la Voulzie et ses bois noirs de mûres. Et dans son lit de fleurs ses bonds et ses murmures. Enfant, j'ai bien souvent, à l'ombre des buissons. Dans le langage humain traduit ses vagues sons ; Pauvre écolier rêveur et qu'on disait sauvage, Quand j'émiettais mon pain à l'oiseau du rivage. L'onde semblait me dire : « Espère! aux mauvais jours Dieu te rendra ton pain. » Dieu me le doit toujours.

Sainte-Beuve I804-I869

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