‹ La littérature française au 19e; tableau généralChapitre 43 sur 90 · LES CHÈVRES PROVENÇALES · texte numérisé non relu

LES CHÈVRES PROVENÇALES

La montagne au soleil, où croissent pêle-mêle

Cytise et romarin, lavande et serpolet.

Enfle de mille sucs leur bleuâtre mamelle;]

On boit tous ses parfums quand on boit de leur lait.

-Tandis qu'assis au pied de quelque térébinthe. Le pâtre insoucieux chante un air des vieux jours, Elles, dont le collier par intervalles tinte. Vont et viennent sans cesse et font mille détours.

En vain le mistral souffle et chiffonne leur soie : Leur bande au pâturage erre des jours entiers. Je ne sais quel esprit de conquête et de joie Les anime à gravir les plus âpres sentiers.

Ton gouffre les appelle, ô Méditerranée !

Qu'un brin de mousse y croisse, une touffe de thym.

C'est là qu'elles iront, troupe désordonnée

Que le péril attire autant que le butin.

Victor de Laprade 1812-1883

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