AUX RUINES DE LA GRÈCE PAÏENNE
O SOMMETS de Taygète, ô rives du Pénée,
De la sombre Tempe vallons silencieux,
O campagnes d'Athène, ô Grèce infortunée.
Où sont pour t'afîranchir tes guerriers et tes dieux ?
Doux pays, que de fois ma muse en espérance Se plut à voyager sous ton ciel toujours pur! De ta paisible mer, où Vénus prit naissance. Tantôt du haut des monts je contemplais l'azur; Tantôt, cachant au jour ma, tête ensevelie
Sous tes bosquets hospitaliers, J'arrêtais vers le soir, dans un bois d'oliviers.
Un vieux pâtre de Thessalie.
Des dieux de ce vallon contez-moi les secrets. Berger ; quelle déesse habite ces fontaines ? Voyez-vous quelquefois les nymphes des forêts Entr'ouvrir l'écorce des chênes ?
Bacchus vient-il eucor féconder vos coteaux ?
Ce gazon que rougit le sang d'un sacrifice.
Est-ce un autel aux dieux des champs et des troupeaux ?
Est-ce le tombeau d'Eurydice ?
Mais le pâtre répond par ses gémissements : C'est sa fille au cercueil qui dort sous ces bruyères; Ce sang qui fume ericor, c'est celui de ses frères
Egorgés par les Musulmans.
Andrieux 1759-1833