ACL, t. I, p
latine qui n'a jamais existé en grec et dont on a montré qu’elle devait avoir été forgée intégralement par l’oratorien Jérôme Vignier (+ 1661), connu par d’autres faux. L'évèque Pierre (300*-312) est à mentionner pour des canons Tleoi usruvoias dont le texte subsiste : ces quatorze canons pénitentiels, que l’on rencontre dans les collections canoniques byzantines, sont en réalité extraits d’une lettre festale, celle de l'an 306, où Pierre prescrit les règles qui doivent présider à la réconciliation des diverses catégories de chrétiens lapst au cours de la persécution, entre autres de ceux qui ont souscrit une renonciation au christianisme, yapoyoagnouvtec. (On a retrouvé dans des papyrus grecs provenant d'Égypte deux tels Lbellr, sous forme de lettres adressées par l’apostat aux magistrats préposés aux sacrifices.) Le canon quinzième appartient à un leoi roù nucyu, adressé par Pierre à un certain Trikentios et dont on a un autre fragment. Le concile d’'Ephèse cite de Pierre quelques lignes sur l'incarnation tirées d’un Jleoi 0s6- Troc, dont on a des vestiges en syriaque. En syriaque encore on a des fragments d'un leg drucrucecwc. Prokopios de Gaza (PG, t. rxxxvir, p. 221) signale un 1lowrtos kdyoc reg wuyns. Etaient-ce des traités ou étaient-ce des lettres? Ces fragments ne sont pas sans intérêt pour l'histoire de la théologie ancienne. Saint Pierre mourut martyr en 3121.
1. La lettre de Théonas dans PG, t. X, p. 1569. P. BATIFFOL, « L’épître de Théonas à Lucien », Bulletin crit. t. VII (1886), p. 455-160, reproduit dans Œuvres de Julien Havet, t. I (Paris 1896), p. 83-88. ACL, t. I, p. 790 et Theol. Literaturz. t. XX (1895), p. 107. — Les deux libelli, publiés le premier par Krebs (1893), le second par Wessely (1894), sont reproduits et commentés dans la Theol. Literaturz. t. XIX (1894), p. 38 et
162. — Les fragments de saint Pierre dans PG,t. XVII, p. 467. ACL, t.I,p. 443.
Sous l'épiscopat de saint Pierre, probablement en . 306, un synode alexandrin eut à juger Mélétios, l’évêque de Lykopolis qui prétendit usurper la juridiction de l’évèque d'Alexandrie et dont le parti schismatique devait durer jusqu’au V° siècle. Deux pièces concernant l’action contre Mélétios ont été retrouvée psar Maffei dans une collection canonique latine du VII siècle. La première est une lettre de quatre évèques égyptiens, Hésychios, Pakhôme, Théodore, Philéas, protestant contre les ordinations faites par Mélétios. Ce Philéas peut être l’évêque de Thmuis. Hésychios a été identifié avec l'Hésychios dont. Jérôme, à plusieurs reprises, parle comme de l’auteur de la recension alexandrine des livres de l'A. et du N. T. : il n’y a de raison ni pour, ni contre cette identification. La seconde est une lettre de Pierre d'Alexandrie à l'église d'Alexandrie pour notifier l’excommunication de Mélétios !.
Des évêques égyptiens autres que ceux d'Alexandrie, on ne connaît que quelques noms. Népos (Nérwc) est le millénariste que Denys d'A. réfute dans son Lei 2xuy- 7eluy en le louant d'ailleurs de « sa foi, de son activité, de son application aux saintes Écritures et de sa nombreuse psalmodie, qui aujourd'hui encore est très populaire parmi nos frères » (Euseb. vir, 24, 4). Ce recueil de psaumes ou cantiques chrétiens n’a laissé aucune trace, non plus que le livre millénariste que réfutait Denys et dont Eusèbe (Z. c.) note seulement le titre d'après Denys,” Eleyyos dmyooor@r ou traité contre les interprétations allégoristes de l'Apocalypse. Népos était, semble-t-il, évêque d'Arsinoë, et peutavoir
1. PG,t X, p. 1565 et t. XVIII, p. 509 (texte de MArrer). ROUTE, t. IV, p.85. ACL, t. I, p. 441. MAASSEN, p. 353 et 549. K. Hozz, Fragmente, - p. 210.
prêché son millénarisme sur la fin du deuxième siècle ou au début du troisième : Denys d'A. n’a rencontré à Arsinoë que Korakion (Kogaxiov) à perpétuer l'enseignement de Népos {Z. c.). — Philéas, évêque de Thmuis, mourut martyr en 306 : Eusèbe (vur, 9, 7) lui attribue quelque valeur comme écrivain philosophique (s'agit-il de spiritualité?) : emprisonné à Alexandrie, il adressa à ses fidèles de Thmuis une lettre d’exhortation, dont Eusèbe (virr, 10, 2-10) cite un beau fragment. On a une passion grecque des saints Philéas et Philoromos, qui est de bon aloi!.
$ 8. — Saint Denys d'Alexandrie.
Denys {Æovvovoc), quifutévèque d'Alexandrie de 248* à 264*, représente au mieux le nouvel esprit ecclésiastique fait de tradition et de science. Païen de naissance, peut-être rhéteur de profession première, il s'est converti à l'école d'Origène et a été chef de l’école catéchétique d'Alexandrie (ca. 232). Le beau passage qu'Eusèbe (vrr, 7) cite de Denys sur la lecture des livres des hérétiques, témoigne d'une culture exceptionnelle. Denys fait figure d’exégète et de philosophe, comme Origène : mais dans son exégèse il réagit sensiblement contre l’allégorisme excessif de son maître, - et sa philosophie semble se confondre avec l’apologétique. Il est un interprète de la « praedicatio ecclesias-
1. ACL, t. I, p. M2, 427, pour Népos; p. 441 et 824 pour Philéas. — Alexandre de Lykopolis, que Photius (Conira Mañnich. I, 11) met avec sérapion de Thmuis et Titus de Bostra au nombre des écrivains qui ont réfuté le manichéisme, et que Funk (Kirchenlexikon, s. v.) pense avoir été évêque de Lykopolis vers l’an 300 et prédécesseur de Mélétios, est en réalité un platonicien sûrement pas Chrétien. A. BRINKMANN, Aleæandri L. contra Manichet opiniones disputatio (Leipzig 1895), 4
è % cs 130 LITTÉRATURE GRECQUE.
tica » et annonce Athanase avec qui il a plus d' ‘un trait. commun. Et enfin il est évêque et un évêque mêlé à la vie de toute l'Église. Par son action, par son caractère, il est à rapprocher de saint Cyprien : et s’il nous . restait davantage de ses écrits, au style clair et chaleureux, il le surpasserait sans doute.
Sept fragments d'un Jlsoi quosws de Denys sont cités par Eusèbe dans sa Préparation évangélique (xiv, 23-27) : ce traité était dédié à un chrétien du nom de Timothée et datait probablement d'avant l'épiscopat de Denys. Les fragments existants, réfutation d'Épicure et de la philosophie atomiste, contiennent un intéressant développement sur la finalité dans la nature. Ce traité semble avoir été écrit en forme de lettre. — Prokopios de Gaza (PG, t. Lxxxvir, p. 221) attribue à Denys un commentaire de l'Ecclésiaste, dont Anastase le Sinaïte (PG, t. Lxxx1x, p. 541) cite un passage | d’une exégèse anti-allégoriste très caractérisée. Eusèbe (vir, 26, 3) note qu'en tête d’une de ses lettres à l’évéque Basilides, Denys rappelait qu'il avait commenté au moins le début de l'Ecclésiaste. Ce commentaire est plutôt antérieur à l'épiscopat de Denys. — Eusèbe . (nr, 28 et vir, 24 et 25) a connu et cite un traité de Denys en deux livres Ilsoi éxayyeluy, réfutation du millénarisme de l’évêque Nepos : le second livre contenait une pénétrante critique de l’authenticité de l’Apocalypse Johannine ; nous en avons dans Eusèbe cinq fragments de première importance. Ce traité date de l'épiscopat de Denys. — Le traité en quatre livres inlitulé”Eleyyos xai Crmohoyia était adressé au pape Denys pour se justifier de formules d'apparence subordinatiennes adoptées par lui dans les épitres à Euphranor et à Ammon. Ce traité capital doit dater de 259-261. Athanase consacre tout un opuscule, De sen-
PE: 1 L + Pac à D'HIPPOLYTE DE ROME A LUCIEN D’ANTIOCHE. 131.
tentia Dionysi, à défendre l”Æxeyyos de Denys contre les Ariens qui prétendaient le tirer à eux : il le cite souvent ailleurs et l’on n'a plus du précieux livre de Denys que les citations qu’en fait Athanase!. — Eusèbe (Praep. vu, 19) cite un fragment du premier des livres de Denys Io0c Subëlluor : on n’en a rien de plus que cette citation.
Eusèbe a possédé un recueil de la correspondance de Denys, et il note que plusieurs des traités de Denys étaient même en forme de lettres (vir, 26, 2) : ce recueil est une des principales sources des livres VI et VII de son Âlistoire ecclésiastique. — On arrive à distinguer un premier groupe de lettres, se rapportant à la question des lapsi de la persécution de Dèce (251-252) : aux fidèles d'Égypte, à Conon évêque d'Hermopolis, à l’église d'Alexandrie, aux fidèles de Laodicée, aux fidèles d'Arménie, aux Romains. — Un second groupe a trait à la question du schisme de Novatien à Rome (251-253) : à Novatien, aux confesseurs romains partisans de Novatien, à Fabios évêque d’Antioche, au pape Corneille, aux Romains zeoù siofryne, aux Romains émuotokn Ovuxommn duo ‘Inroërov, aux confesseurs romains après leur soumission. — Un troisième groupe concerne la question du baptème des hérétiques (254- 257) : au pape Étienne, au pape Xystus, à Denys prêtre de Rome, à Philémon prêtre de Rome. — Un quatrième groupe à trait à la question sabellienne : à Ammon évêque de Béreniké, à Telesphoros et Euphranor, à Ammon et Euporos. — Puis des lettres diverses : à Origène en prison à Tyr (250-251) xegè magrvoiov; à Basilides évêque de la Pentapole (le sujet n’est pas connu); à un évêque Germanos, sur la persécution de