ACL, t. 1, p. 520. Funk, art, « P, von $. » du XL
un premier procès en 264. Denys d’A. s'est excusé sur son grand âge; mais Firmilien de Césarée (Capp.), Grégoire de Néocésarée, Hélénos de Tarse, Nikomas d'Iconium, Hyménæos de Jérusalem, Théoteknos de Césarée (Pal.), Maxime de Bostra (Euseb. vir, 28, 1), parmi les plus marquants, y prennent part : Paul se justifie et est absous. Peut-être y eut-il un second procès : il tourne semblablement à la justification de Paul. Un dernier procès, en 268-269, prononça sa condamnation : l’accusation y avait été soutenue par Malchion, un prêtre antiochien « recteur des écoles grecques d’Antioche » : les actes des sessions avaient été sténographiés (Euseb. vir, 29, 2). Ces actes subsistaient encore au sixième siècle, et l’on en a cinq fragments donnés par Justinien et Léonce de Byzance : Eusèbe (vu, 30) a inséré pour une part la lettre synodale où la déposition de Paul était prononcée et motivée !.
$ 5. — Firmilien de Césarée, Alexandre de Jérusalem, Bérylle, Anatolios.
Eusèbe (vr, 27) parle de trois évêques, Alexandre de. Jérusalem, Théoktistos de Césarée en P. et Firmilien
4. ACL, t. I, p. 520 et 800, pour les fragments authentiques des actes sténographiés. Prrra, Anal. sacra, t. III, p. 600. — A l’action synodale contre Paul se rattacheraient quatre pièces grecques : a) une épitre soi-disant adressée à Paul avant sa déposition par les « évêques orthodoxes », exposant à Paul la saine doctrine; b) une épître soi-disant adressée à Paul pour le convaincre de ses erreurs par Denys d’Alexan-
-drie; c) une suite de dix difficultés soi-disant proposées par Paul et auxquelles Denys satisfait; d) un prétendu symbole de-Nicée condamnant les erreurs de Paul. Ces pièces, au moins les trois premières, ont été inconnues de saint Athanase; mais saint Jérôme les signale et les croit de bon aloi (Var. nl. 69 et 71). Leur authenticité n’est pas défendable : ce peuvent être des apocryphes fabriqués au temps de Valens. . Les textes dans LABBE, t. I, p.865 et Casparr, Quellen, t. IV, p. 161. Nous espérons leur consacrer une étude.
D'HIPPOLYTE DE ROME A QUCIEN DAPTHOCRES 135
de Césarée de C., comme de prélats qui furent attachés à Origène sans PEER et qui le tenaient pour leur maître unique « dans l'interprétation des saintes Écritures et tout ce qui est de l’enseignement ecclésiastique. » Firmilien ne se contenta pas d'appeler Origène en Cappadoce « pour l'utilité des églises, » lui-même le visita en Palestine et resta un temps près de lui pour « son propre avancement dans la science des choses divines. » Ce Firmilien (@rouluarvoc), cappadocien d’origine, fut évêque de Césarée en C. entre 230* et 268*, Il se peut que la visite d'Origène en Cappadoce ait coïncidé avec un des synodes tenus à Iconium et Synnada, auxquels Denys d’A. fait allusion (Euseb. vrr, 7, 5) et aussi Firmilien {inter Cyprian. Epist. Lxxv, 7 et 19). La correspondance d'Origène paraît avoir contenu des lettres de Firmilien. On en trouve une dans la correspondance de saint Cyprien (Z. c.), réponse à une lettre perdue de Cyprien, sur la validité du baptème des hérétiques (a. 256). La correspondance de Denys d’A. en devait comprendre aussi (Euseb. vir, 5, 1). Saint Basile (De sp. s. 74) parle de Adyo de Firmilien témoignant de son orthodoxie. Firmilien prit part aux deux premiers synodes d’Antioche où Paul de Samosate fut absous; il venait au dernier, lorsqu'il mourut en chemin, à Tarse (Euseb. vir, 30, 5)!.
Alexandre (251*) est, dans le catalogue épiscopal de Jérusalem, le premier évêque qui appartienne à l’histoire littéraire : formé à Alexandrie sous Pantène et sous Clément, compagnon d’études d’'Origène (Euseb. vi, 14, 9), évêque d’abord en Cappadoce, il est devenu évêque de Jérusalem en 213*. On lui doit l'organisation à Jérusalem d’une bibliothèque ou archive
1. ACL, t. 1, p. 407. PL, t. III, p. 1357 (dissertations de F. MOLKEN- BUBR, sur Firmilien).
‘où l'on conservait les pièces de la correspondance des évêques (vr, 20, 1). C'est là qu'Eusèbe a pu trouver les épîtres qu'il cite d'Alexandre : une épître aux fidèles d’Antioche pour les féliciter de l'élection d’Asklépiades au siège de cette ville (vr, 11, 5); une épiître aux fidèles , d'Antinoeia d'Égypte (vi, 11, 3); une épiître à Origène pour prendre sa défense (vr, 14, 3); une épiître dans le même sens, souscrite par Théoktistos avec lui, adressée à Démétrios d'Alexandrie (vr, 19, 17). On a les quelques citations qu'Eusèbe fait de ces lettres. Origène en tête de ses homélies sur Helchana complimente Alexandre en présence de qui à Jérusalem il les prononce |.
Dans cet archive de Jérusalem, Eusèbe a trouvé «des lettres et des écrits » de Bérylle (Broviloc), évêque de Bostra des Arabes {vr, 20, 1). C'est de ce même Bérylle qu'il dit que, à l’encontre du « canon ecclésiastique », il tenta d’accréditer des opinions « étrangères à la foi », comme de nier la préexistence du Christ et sa divinité distincte-de celle du Père {vr, 33, 1). Bérylle aurait été repris par Origène, s’il faut en croire Jérôme (Vzr.. énl. 60), qui paraît avoir trouvé dans la correspondance d'Origène des lettres échangées entre eux deux. Un synode aurait même été tenu à Bostra, où Bérylle présenta sa justification et où Origène le convainquit de son erreur : Eusèbe (vr, 33, 3) a possédé les actes détaillés de cette conférence, actes dont rien ne s’est conservé ?.
Anatolios a été fait évêque de Laodicée de Syrie (ca. 270) après avoir été un temps attaché à l'évêque de Césarée Théoteknos (ca. 264). Il était alexandrin d'’origine, nous apprend Eusèbe (vir, 32, 6), et d’une cul-
1. Rourn, Reliquiae, t. IT, p. 465. PG, t. X, p. 203. ACL, t. I, p. 505. 2. ACL, t. I, p. 514,
ture encyclopédique, sachant l’arithmétique, la géométrie, l'astronomie, la physique et la rhétorique, à ce point que les Alexandrins avaient voulu le charger de professer l’aristotélisme dans leur ville (cf. Lucian. Æunuch. 3). Il avait composé des *Apiôumrixai si6œywyai en dix livres (il en existe des fragments), et aussi des traités sur les choses divines, dit Eusèbe (vit, 32, 20). On connaît de lui un Lfeoi toù naäoya dont Eusèbe a conservé un passage (vir, 32, 14-19), et que l’on pense avoir en latin, Liber Anatoli de ratione paschali : toutefois Krusch, qui a réédité ce texte, Le tient pour un apocryphe latin du VI* siècle. Il n’est pas prouvé qu'Anatolios ait été d'abord chrétien; mais cela ne rend pas plus vraisemblable la conjecture (Valois) qui veut que ce soit lui le sophiste de Béryte dont parle Eunape (éd. Didot, p. 490).
Eusèbe (vir, 32) signale d’autres évêques d’une pareille culture, sur la fin du IIIe siècle, il les signale comme les derniers représentants d’une société que la persécution dioclétienne allait décimer. Tel Mélétios, évèque de Pont, que ses amis se plaisaient à appeler « le miel d’Attique, » et dont Eusèbe, qui l’a connu, loue la rhétorique et l'érudition (zokvuabsia). Tel aussi cet Étienne, un alexandrin admiré pour son éloquence de philosophe et pour sa culture hellénique (r7c mag EAinor nœudelag), et que pour ce mérite on avait élevé au siège de Laodicée, à la mort d'Anatolios. La persécution le servit mal, ayant montré qu'il avait plus d'esprit que de caractère. Tel Grégoire de Néocésarée dont nous parlerons plus loin, tel'enfin Méthodios.
1. ACL, t. I, p. 436. B. Kruscm. Sudien zur chr. mültelalt. Chronologie (Leipzig 1880), p.177. KRUEGER, art. « Anal. » de RE3.
$ 6. — Méthodios d'Olympe.
Les éléments de la biographie de Méthodios sont . rares et contradictoires. Sûrement il ne fut ni évêque: de Tyr, nimartyrisé au temps de Dèce, comme le rapporte Jérôme (Vir. int. 83). Ila pu être évêque en Lycie, à Olympe (Socrates) plutôt qu'à Patara (Léonce de Byzance), et mourut vers le temps de la persécution de Dioclétien (ca. 311). Il est postérieur à Origène et à Porphyre qu'il combat, et antérieur au dialogue De recta in Deum fide où il est cité, c'est-à-dire antérieur à Constantin.
Méthodios procède de l'esprit platonicien et allégoriste, mais marque la réaction contre Origène. Il écrivit quelques traités, la plupart en forme de dialo- : œues qu'il prétendait imités de Platon : les adversaires d'Origène les ont excessivement loués, les amis d'Origène (Eusèbe le premier) ont feint de les ignorer : plus tard les « archaïsmes d'expression et de pensée, qui heurtaient la terminologie consacrée par les conciles du quatrième et du cinquième siècle » (Duchesne), les ont fait délaisser si bien qu’un seul nous est parvenu en grec. C'estle Zvuxoovoy roy déxa magOévwvr neo dyvetas : un Banquet, inspiré de celui de Platon, et où dix vierges dissertent sur la virginité comparée au mariage. Ce dialogue, d’un art médiocre, a été beaucoup lu et très surfait. L'entretien de ces dix prudes dans le jardin d’Arété se termine par un hymne au Christ et à l'Église d'un certain intérêt liturgique. Photius (cod. 237) reproche à Méthodios de favoriser l’arianisme et de . donner dans certaines erreurs origénistes : c’est là une marque de son temps, comme dit Tillemont.
Méthodios a pu donner dans certaines opinions d'Origène, il est pourtant de ses adversaires. On a de lui un Jleoi dvaorucews, qui est une réfutation d'Origène sur la préexistence et sur la survivance de l’âme : le Tlsopù dvuoracewc d'Origène s'y trouve textuellement cité à plusieurs reprises. On y relève trace de Justin et d'Athénagore. Du texte grec du traité de Méthodios sur la résurrection nous ne possédons que des fragments cités par Épiphane, par le De recta in Deum fide, par Justinien, Prokopios de Gaza, Photius... L'ouvrage entier, en trois livres, s’est conservé dans une version slavonne (X[° s.) publiée par Bonwetsch. C’est un dialogue, encore, dont la scène est placée à Patara et dans lequel deux origénistes (dont un médecin) sont réfutés par deux orthodoxes, dont l’un est Méthodios. — Son ITeoù «ÿre£ovoiov, traité du libre arbitre, dont on a des fragments grecs dans Eusèbe, dans le De recta in Deum fide, dans Photius..., nous est parvenu entier en slavon, comme le précédent : deux valentiniens y sont réfutés sur la question de l'origine du mal. Le long fragment grec donné par Eusèbe (Praepar. vn, 22) sous le titre de ITeo Ts danc ÔTu oùx dyevrnros ov0è xuxtdr uitiæ, et qu'Eusèbe attribue à un « Maxime philosophe chrétien », n’est pas un emprunt fait par Méthodios à un auteur chrétien de ce nom plus ancien (Vér. énl. 47), mais une citation de Méthodios mise par Eusèbe délibérément ou par distraction sous un nom inexact. — Le Tlsoi énguc, dont on a une série de fragments grecs dans un ms. unique (Coëslin. 294; XII° s.), s’est conservé en slavon : ici encore un dialogue sur le sens spirituel des prescriptions du Lévitique concernant la lèpre : moins un traité qu’une dissertation exégétique. De méme l’opuscule De la distinction des aliments et
sur la génisse [Num. xix, 1-10] dont les cendres purifiaient les péchés, conservé seulement en slavon. L’opuscule De la sangsue; en slavon, est un développement sur un texte des Proverbes (xxx, 15). Le slavon nous a conservé enfin un traité De la vie et de l'acte . raisonnable. — Ce n'était pas là toute l’œuvre de Mé-
thodios. Photius (cod. 235) possédait et résume de lui
un dialogue contre la théorie origéniste de la création,
Leo Toy yevnrov. Jérôme (Vir. inl. 83; Epist. xivinr,
13, etc.) mentionne à plusieurs reprises un Kara I10g-
qvotov, signalé aussi par Philostorge (vurr, 14) : on en
a quelques fragments grecs. Théodoret (Dial. p. 56): cite un passage d’un Jlsoi uagréowr dont on a en grec
un second fragment. Il y a des traces d’un commen-
taire sur Job, d’un De pythonissa, d'un commentaire
de la Genèse et du Cantique des Cantiques, et d’un
dialogue intitulé Xenon.
4. PG. t. XVII (reproduit Gallandi). A. Jan, Methodii opera (Halle 1865). Pirra, Anal. sacra, t. IT, p.603 et suiv. — Bonwerscn, Methodius von Olympus, t. I (Erlangen et Leipzig 1891), bonne édition critique des pièces ou fragments grecs et une traduction allemande des textes slavons. K. HOLL, Fragmente, p. 162. ACL, t. I, p. 468. Bull. crit. t. XII (4891), p.204. — E. SackUR, Sibyllinische Texte und Forschungen (Halle 1898), a donné une édition critique des Revelationes S. Methodii, pièce pseudépigraphe grecque de la fin du VIle siècle, syrienne d’origine vraisemblablement. Cf. Bysant. Zeitschrift, t. IX (1900), p. 222. — Sur Anthime, évêque de Nicomédie (+ 302) et son traité ITeot rÿs dyias Éxximoias, voyez G. MERCATI, À lcune note di letteratura patristica (Milan 1898),
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