‹ La littérature grecqueChapitre 49 sur 65 · PL, t. XLVIIL, p · texte numérisé non relu

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versarum Ÿxo0écewr infinitos tractatus ». Élevé pour son éloquence au siège de Constantinople (428), déposé pour sa doctrine par te concile d'Ephèse, exilé d’abord près d’'Antioche, puis en Égypte, il meurt passé 439. Un édit de Théodose IT, dès 435 (Cod. theod. xvr, 5, 66) enjoint de brüler, et interdit de citer, de lire, de copier ou de détenir les « impios libros nefandi sacrilegi Nestorii adversus venerabilem orthodoxorum sectam decretaque sanctissimi coetus antistitum Ephesi habiti ». Le V° concile (Constantinople 553) reproduira ces mesures en joignant au nom de Nestorius ceux de Théodore de Mopsueste et de Diodore de Tarse. S. Cyrille, en un recueil traduit en latin par Marius Mercator, nous a conservé des extraits Ex diversis Nestor libris vel tractatibus, qui sont des fragments de sermons prêchés à Constantinople. Rob semblable dans les actes du concile d’ Ephèse. Marius Mercator a traduit en latin et l’on a ainsi de Nestorios: deux lettres au pape Célestin (429); une lettre au Pélagien Celestius (430); plus des fragments de treize sermons de Nestorius datant de 428-430. MÉRSLE a traduit pareillement quatre autres fragments de sermons sur Adam appartenant au carême de 429 ou 430. Les deux derniers de ces fragments appartiennent à un sermon que nous avons intégralement en grec sous le nom de S. Jean ons On a en outre deux lettres de Nestorius à Cyrille (430); un syllabus de propositions extraites par Cyrille des œuvres de Nestorius, les anathématismes de Nestorius en réponse à ceux de Cyrille. En dehors de ces textes, Garnier croyait que nous pouvions ayoir encore Rene des sermons de Nestorius parmi ceux qui sont attribués à divers auteurs des plus orthodoxes. En vérifiant

l'hypothèse de Garnier, nous avons pensé pouvoir LITTÉRATURE GRECQUE. 19

conclure que l’on devait restituer à Nestorius trois homélies pseudo-athanasiennes, une homélie du pseudo- Hippolyte, trois homélies du pseudo-Amphilochios d'Iconium, trente-huit homélies du soi-disant Basile de Séleucie, et sept homélies du pseudo-Chrysostome. Il y a trace de lettres et d’autres écrits dans Evagrios".

Euthérios de Tyane est avec Jean d’Antioche le meneur du parti nestorien au concile d’ Éphèse : déposé par le concile, il refuse de se soumettre au moment où Jean d'Antioche se soumet ; il est banni à Scythopolis, puis à Tyr, où il meurt (ca. 435). On a dans les œuvres pseudépigraphes de saint Athanase un traité que les éditeurs ont intitulé « Confutationes quarumdum propositionum », dix-sept courts articles précédés d’une épître dédicatoire à un Eustathios : c’est une réfutation des Scholia de Cyrille sur l’incarnation, réfutation de peu postérieure au concile d'Éphèse que flétrit l’épitre à Eustathios. Photius (cod. 46) a connu ce traité, mais en vingt-sept articles, sous le titre de Aodyou #Ÿ npoc duupogous Oéoeus, et sous le nom de Théodoret. Garnier, sur l'autorité de Marius Mercator, les restitue à Euthérios ?. On a d'Euthérios quelques épiîtres.

A ce cycle des polémiques contre Cyrille et le concile d'Éphèse appartient encore la lettre d'Ibas à Maris de Hardaschir, lettre qui date de 433 et dont sortira un jour-la question dite des Trois Chapitres. Joignons-y la réfutation par André, évêque de Samosate, des anathématismes de Cyrille, réfutation qui est connue seu-

1. Voyez la notice de GARNIER « De hacresi et libris Nestorii » dans son édition de Marius Mercator (Paris 1673), PL, t, XLVIIT, p. 1089. TILLEMONT, | t. XIV, p. 612. P. BariFroc, « Sermons de Nestorius » dans la Revue bi- Hiaur L. IX (1900), p. 329.

2. PG; t. XXVUI, p. 4337 (texte de Montfaucon). TILLEMONT, t. XIV, p. | 508 et 591. +

lement par les citations qu'en fait Cyrille. Enfin quelques lettres de Jean d'Antioche (+ 441)!.

: Gennadios, évêque de Constantinople (458-471), est présenté par Gennadius de Marseille (Vér. in. 90) comme « vir lingua nitidus et ingenio acer » et «dives ex lectione antiquorum ». Facundus {rr, 4) a connu de lui et datant sans doute de 431 ou 432 un traité contre saint Cyrille dontil cite deux passages d’une violenceextrême. Gennadius de Marseille lui attribue encore (Z. c.) un commentaire sur Daniel et de nombreuses homélies : il n’en est rien resté. Mais les chaînes grecques ont fourni un certain nombre de citations qui lui sont attribuées : sur la Genèse, l'Exode, les Psaumes, l’épître aux Romains, les deux épîtres aux Corinthiens, l'épitre aux Galates et l’épitre aux Hébreux. On a une épitre encyclique de Gennadios contre les simoniaques qui date, sans doute, d’un synode tenu à Constantinople en 459 ?

Acace (Axax0ç), successeur de Gennadios (471-489), -est antimonophysite déclaré sous le règne de l’empereur Basilisque (476-477), au moment où l'évêque monophysite d'Alexandrie, Timothée Aelouros, obtient de ce prince qu'il fasse souscrire par tous les évêques la condamnation du concile de Chalcédoine. Des lettres échangées entre Acace et le pape Simplicius à ce sujet, il reste une lettre d’Acace informant le pape de la mort de Timothée Aelouros et de l'expulsion par l'empereur Zénon du successeur monophysite que les Alexandrins

4, Mass, t. VIT, p. 241. PG,t. LXXVIT, p. 1449,et t. LXXXV,p. 1611: Gennadius (Vär. int.94) parle d’un Jean d’Antioche « ex grammatico presbyter », auteur d’un livre perdu Adversum eos qui in una tantum substantia adorandum adserunt Chrisitum : l'auteur est un antimonophysite déclaré et défend saint Cyrille contre les tenants de Timothée Aelouros. IL vivait encore du temps de Gennadius (Le "e.).

2, PG, t. LXXXV, p. 1621. TILLEMONT, t. XVI, p. 67.

lui ont donné, Pierre Monge. Plus tard, Acace tente une conciliation entre catholiques et monophysites, fait par l'empereur reconnaître Pierre Monge et promulguer l'Hénoticon (482), formulaire d’union où la doctrine des deux natures est passée soussilence : pour prix de son zèle, Acace est excommunié par le pape Félix IE, et tout le temps que l’Aénoticon ne sera pas retiré, jusqu'en 519, il y aura rupture entre Rome et Constantinople. On a retrouvé en copte une correspondance soidisant échangée entre Acace et Pierre Monge : il y a lieu de la tenir pour apocryphe !.

Timothée Aelouros est le prêtre alexandrin mono= physite, créature de Dioscore, qui en 457, en dépit de l'évêque légitime Protérios, se fait sacrer par le parti monophysite évèque d'Alexandrie : peu après Protérios est assassiné et le « parricide » se maintient jusqu’à la fin (+ 477) à la tête de l’église d'Alexandrie sous les anathèmes de toute la catholicité. Le parti devait lui donner Pierre Monge pour successeur. Photius (cod. 225) a lu une réfutation de Timothée par Euloge d'Alexandrie (+ 607) : l'ouvrage de Timothée était un pamphlet contre le pape saint Léon et contre le concile de ” Chalcédoine, et Photius en loue l’ « acribie ». Ce pamphlet est probablement le « libellus valde suasorius », que signale Gennadius (Vir. inl. 73), libelle adressé à l’empereur Léon, et que Gennadius même déclare avoir traduit en latin : « Hunc libellum novandi gratia ego, rogatus a fratribus, in latinum transtuli et cavendum praetitulavi. » — Gennadius connaît un alexandrin du nom de Cyros, « arte medicus, ex philosopho monachus, vir dicendi peritus », auteur d’un livre élé-

4. E. AMÉLINEAU, Monuments pour servir à l'hist. de l'Égypte chrétienne aux IVe et Ve siècles (Paris 1888), p. 196.

gant et vigoureux contre le nestorianisme, c’est-à-dire contre les catholiques antimonophysites, Adversus Nestorem, un livre plus syllogistique que scripturaire et dévoué à Timothée Aelouros : « Timotheanum dogma fovere coepit » (Vor.. int. 82). Mais nous n’avons rien de ce Cyros, non plus que de Timothée Aelouros.

Nous n’avons rien non plus de Dioscore (Æ60x090c), qui, évêque d'Alexandrie de 444 à 451, déposé par le concile de Chalcédoine, mort exilé à Gangres en 454, a ouvert le schisme monophysite. Le panégyrique de Makarios de Thôou, que l’on a retrouvé en copte, et que Revillout qualifiait de « récits de Dioscore, exilé à Gangres, sur le concile de Chalcédoine », est l'œuvre d’un moine monophysite contemporain, et le copte est probablement l'original *.

$ 140. — Le faux Aréopagite.

La question de l'authenticité des écrits du soi-disant Aréopagite est bien définitivement résolue dans le sens de lanégative. L'opinion qui veut les dater du IV siècle reposesur des arguments insuffisants : de ce que l’auteur affirme énergiquement la divinité du Saint-Esprit, de ce qu'il parle avec insistance de l'âme humaine du Christ, de ce qu’il emploie le mot hypostase toujours dans le sens de personne, ce n’est pas la preuve décisive qu’il est contemporain des conciles (362-382) qui ont fixé le sent du mot hypostase et condamné Macédone etApollinaire. En outre, les phrases de Grégoire de Nazianze (Orat. xxxvin, 8) et de Jérôme (£pist. xvin, 9)

4, Revue égyptologique, t, I-II (Paris 4830-1882). E. AMÉLINEAU, Monuments, p. 92. — Voy. Loors, art. « Eutyches und der Eutych. Streit »

de RE 3,

où l'on a cru reconnaître des emprunts au faux Denys, ne fournissent que des présomptions très faibles. En réalité, le faux Denys a été produit pour la première fois au concile de Constantinople de 533. Mais surtout le quatrième chapitre des Noms divins dépend sûrement d'un traité du néo-platonicien Proklos, écrit en 440 [nous ne le possédons qu'en une version latine du XII: siècle), le De malorum subsistentia. Si l'on ob- «serve avec quelle rigueur, sur l'union des deux natures le faux Denys se conforme aux formules fixées par le concile de Chalcédoine, on conclura qu'il a écrit passé 451, D'autres parallélismes entre Proklos et le faux Denys permettent de croire qu'il dépend de traités de Proklos composés après 462. Enfin si l’on tient compte qu'il parle du Credo comme d’un chant de la messe, et que le Credo n'a été introduit dans la liturgie de la messe qu'après 476, on pourra fixer l’année 476 comme le terme extrême antérieur à l’activité littéraire de notre auteur. La trace de son œuvre apparaît soudain chez des écrivains de la première moitié du VI siècle, comme Sévère d'Antioche, Éphrem d'Antioche, Zacharie de Mitylène, Léonce de Byzance.

Produite au concile de 533 par les monophysites à l'appui de leurs erreurs, elle est récusée par les catholiques comme un apocryphe. L’attitude des catholiques pendant tout le VI® siècle et dans la première partie du VIT, fut défiante envers un auteur qui « ménageait les monophysites avec une sorte d'affectation qui permet de le supposer partisan de cette modération tant préconisée dans l’Hénoticon de l'empereur Zénon » (482). Puis on reconnut que les passagés invoqués par les monophysites pouvaient s'entendre en un sens parfaitement orthodoxe. Maxime le Confesseur (+ 662) a la plus grande part dans ce revirement

de l'opinion. « Toute contestation au sujet de l’authenticité cessa après le concile de Latran de 649, où le pape saint Martin I® invoqua à plusieurs reprises le témoignage [du faux Denys], et montra qu'un passage, où le monophysisme était formellement enseigné, avait été sciemment altéré par le patriarche monothélite d'Alexandrie, Cyros, dans l'intérêt de l'hérésie… On sait l'autorité dont jouirent ces traités | parmi les théologiens du moyen âge : saint Thomas d'Aquin, en particulier, y a largement puisé. Il faut descendre jusque vers le milieu du XV° siècle [Valla] pour voir apparaître un doute sur la personnalité de l'auteur » {(P. de Smedt)!.

Voici les écrits du faux Aréopagite : — [soi ri oVouriac isougyias, des anges, de leur hiérarchie et de leur nature, un livre, dédié à un soi disant Timothée. — Ileoi TG ExxAmoraotTixnc isouoyias, un livre, dédié au même Timothée, et faisant suite au traité de la hiérarchie céleste : élévation sur les mystères du baptème, de l'eucharistie, de l’onction {uvoo») en général, de la consécration des évêques, des prêtres, des diacres et des moines, de la bénédiction et onction des morts. — Ilsoù Oeiwy dvoudrowr, un livre, dédié encore à Timothée, suite aux deux traités précédents : de la connaissance de Dieu d’après l’Ecriture et dans l’oraison, Dieu bonté, amour, principe de tout être, vie de toute vie, science, puissance, paix, perfection. — TIsoi uvorixÿc 0sokoyias, un livre, dédié toujours

1. Nous donnonsles conclusions du P. SrIGLMAYyR, « Der neuplatoniker Proclus als Vorlage des sog. Dionysius Areopagita in der Lehre vom Uebel » dans le Historisches Jahrburch t. XVI (4895), et Das Aufkommen der pseudo-dionysischen Schriften » (Feldkirch 1895), d'après la recension du P. de Smepr, Revue des quest. hist. t. LIX (1896), p. 640-614. CF, Byzant. Zeitschrift, t. VII (1898), p. 91. — Sur toute la littéralure dionysienne, voyez le répert. de CHEVALIER, @t BARDENHEWER, P. 289.

à Timothée, suite des précédents : de l'obscurité de Dieu, de l'union à Dieu et que Dieu est le superintelligible. — A ces traités joignez un recueil de dix épitres : une à saint Jean exilé à Patmos, une à Tite, une à Polycarpe, quatre au moine Gaios, etc., sur divers sujets se rattachant à l’incarnation ou à quelques questions du Llsoi uvotixns Oeokoyias !

Qui sera l’auteur véritable des écrits pseudo-dionysiens? On a pensé à ce Denys de Rikonoroura en Égypte, cité par Sozomène (vr, 31) comme un ascète du temps de Valens : mais cette identification (Hipler, Dräseke) est purement nominale. D'autre part le pseudo-Denys se donnant à maintes reprises pour le disciple d'un certain Hiérothéos, la découverte d'un livre du monophysite Étienne Bar Sudaili, d’ Édesse, intitulé « Le livre de Hiérothéos », a fait penser que Hiérothéos est le pseudonyme d° fione Bar Sudaili (ca. 500) et notre pseudo-Denys le disciple dudit Étienne (Frotingham) : mais contre cette identification plaide le manque d’affinité des doctrines des deux auteurs. L'auteur des écrits pseudo-dionysiens aura écrit entre 482 et 500 {Stiglmayr) : il aura sans doute étudié à Athènes à l’école de Proklos, mais il doit

4. PG, t. IL (reproduit l'édition du P. CORDIER, Paris 4644). PIrRA Analecta sacra, t. IV, p. 241 et 261. — MIGnE a réimprimé en tête l’excellente dissertation de dom LE Nourry (Paris 1703); il est vrai que le t. IV est'envahi par les défenseurs de l’aréopagitisme aggravé de l’identification du faux Aréopagite avec le premier évêque de Paris! Sur toute la question consulter le mémoire des Acta sanctorum oclobr. &. IV,p. 696. LE QuIEN « Dissertalio secunda » en tête de ses loañnis damasceni opera (Paris 4741), reproduit dans PG; t. XCIV, p. 274. L. de GRANDMAISON, « La question dionysienne », dans les Études des PP. Jésuites, &. LXX (1897), p. 34 et suiv. G. KRUEGER, « Wer war Pseudo-Dionysios » dans la Byzant. Zeilschrift, t. VIII (1899), p. 302 propose d'identifier lAréopagite avec Denys, scolastique de Gaza, mentionné par Zacharie le Rhéteur dans la vie de S. Isaïe. BONWETSCH, art. « Dionysius A. » de RES,

avoir été un moine palestinien {Gaza?), un origéniste impénitent ou transformé. Son œuvre, une audacieuse fiction, n’en a pas moins popularisé dans l'Église un principe nouveau de spéculation, la théologie mystique : les Byzantins n’en profiteront pas, mais le. moyen âge latin en bénéficiera au centuple : tous nos mystiques procèdent de Denys.

Arrêtons-nous sur le nom énigmatique du faux Aréopagite. La période qui suivrait ouvrirait pour nous une littérature, sinon nouvelle, du moins réservée. Léonce de Byzance et l’empereur Justinien, dans le champ de la dogmatique: Prokopios de Gaza, Olympiodoros d'Alexandrie dans celui de l’exégèse ; Jean Climaque, dans celui de l’ascétisme; Cyrille de Scythopolis, dans celui de l’hagiographie; Evagrios, dans celui de l’historiographie. Ces noms appartiennent au moins par définition, à l’histoire littéraire byzantine.

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