Catholiques et Monophysites
Makarios Magnes est le nom de l’auteur d’une apologie en cinq livres, qui longtemps n’a été connue que
4. PG,t. LXVIII-LXXVII (reproduit l'édition du chanoine AUBERT, Paris 1638, plus les textes retrouvés depuis par Mai). Prrra, Analecta sacra, t. I, p.38. On doit à Ph. Pusey la réédition des principaux écrits de Cyrille (Oxford 1868-71). PAYNE SMITH a publié (Oxford 1858) les restes syriaques du comm. sur Luc. — TILLEMONT, t. XIV, p. 267. A. LARGENT, Études d’'hist. eccl. (Paris 4892). KRuEGER, art. « Cyrillus v. À. » de RE3,
par la mention qu'en fait Nicéphore, patriarche de Constantinople (806-815),encore que desmss.eneussent été signalés au XVI° siècle. On en a retrouvé le texte mutilé, il est vrai, dans un ms. à Athènes, publié par Blondel. Makarios y défend le christianisme contre les objections d’un philosophe païen, objections prises pour la plüpart à Porphyre : c’est moins un dialogue comme ceux de Méthodios, qu’une &yriggmouc à la facon de saint Basile ou de Théodoret. La teneur des objections porphyriennes et des explications de l’apologiste ne laisse pas d’être fort intéressante. Le titre original était Movoyernc 7 dnoxgrixoc noûc Elinvac. L'auteur est postérieur au temps de l’empereur Julien, et on incline à l'identifier avec le Makarios qui figure au concile Ad quercum en 403 comme évêque de Magnésie, en Carie, sinon en Lydie : son œuvre daterait des premières années du V® siècle!.
Isidore, un alexandrin de naissance, a été moine à Péluse : du fond de sa retraite, il semble avoir joui d’une influence grande sur les affaires théologiques de son temps. Il dut mourir en 450 et son action s’étendit sur toute cette première moitié du siècle. On le voit en 418”, travaillant auprès de Cyrille d'A. à réhabiliter en Egypte la mémoire de saint Jean Chrysostome, et y réussissant. En 431, très déterminé contre le nestorianisme, il semble, à la façon de Théodoret, redouter en Cyrille l'apollinarisme. Sur la fin, il prend nettement parti contre Dioscore. Avec Isidore, Péluse
4. G. BLONDEL, Macarii Magnetis quae supersunt (Paris 1876). L. Du- CHESNE, De Macario Magnete et seriptis eius (Paris 1877).PrrrA, Analecta sacra, À. I, p. 31. Quelques fragments exégétiques sous le nom du même Makarios, ap. DUCHESNE et PITRA, 0. c. À. SAUER, « Des Mac. Magnes Homiliae in Genesim » dans la Festschrift 4. Jubil. d. deustchen Camposanto in Rom (Freiburg 1897), p. 291.
paraît à mi-chemin d'Alexandrie et d'Antioche et cet homme sage a la rare fortune d’assagir tous ceux qui l’approchent. Ses lettres furent recueillies au nombre de deux mille, au témoignage de Facundus fr, 4), et ce recueil est sans doute celui-là même que nous possédons, soit 2012 lettres distribuées en cinq livres. L'élégance en est très admirée. Elles témoignent d’une culture exégétique antiochienne de méthode, mais tempérée, et, à la façon de Jean Chrysostome, « tout appliquée à former les mœurs » (Tillemont). L'histoire des controverses et des institutions a beaucoup à y prendre. Il dit (Epist. 11, 137 et 228) avoir écrit un Tlooc Fimrac, et encore un Îleoù toù un sivoi siguaguérnv (Epist. ur, 253), qui ne se sont point conservés.
À la date de l’an 407, Théophanes mentionne un Hésychios (Hovyoc), dont il fait un prêtre de Jérusalem « florissant dans les didascalies » ; et il place sa mort en 425 (PG, t. cvur, p.228 et 244). Cyrille de Scythopolis, dans la vie d'Euthymios, fait d'Hésychios un prêtre considérable de l’entourage du patriarche Juvénal (PG, t. exrv, p. 629). Photius (cod. 275) cite de lui un fragment de sermon sur saint Jacques le Mineur, et (cod. 269) un autre fragment d’un sermon sur saint André. On a en latin un commentaire sur le Lévitique, dont la question de savoir s’il est latin d’origine ou traduit du grec n’a pas encore été tirée au clair : c’est dire que son attribution à Hésychios reste problématique. Mais l’/nterpretatio psalmorum du pseudo-Athanase est de lui. On a tiré des chaînes grecques des gloses sur les petits prophètes, sur Isaïe, Ézéchiel, Daniel, les Actes, l’épitre de Jacques, celle :
1. PG, t. LXXVIII (édition Morel, Paris 1638). — E. BouvY, De S. Isidoro pelusiota (Nimes 1885).
de Jude et la Prima Petri. On a des questions choisies tirées d'une Evayyelun ovugori. — La Chronique pascale (PG, t. xeu, p. 948) cite Hésychios, dans la compagnie de Socrates et de Sozomène comme un historien qui aurait fortement chargé Théodore de Mopsueste. Et en effet on trouve cité dans les Actes du concile de Constantinople de 553 un fragment d’une soi-disant ‘« Histoire ecclésiastique » ou Hésychios s'exprime sur Théodore dans les termes les plus acariâtres (Mansi, t. 1x, p. 248.) Si l’on joint à ces données le texte d’une Vie de saint Longin inauthentique et quelques sermons très suspects, on voit que l’histoire littéraire d'Hésychios est encore peu positive!.
Antipater, évêque de Bostra en Arabie, est postérieur au concile de Chalcédoine {on le date de 460), était auteur d’une réfutation (Æyriognoux) de l'apologie pour Origène de Pamphile : ouvrage perdu dont on retrouve des passages cités dans les actes du second concile de Nicée et dans les Parallèles de Jean Damascène. On a aussi un fragment d’un traité contre les apollinaristes ?.
Marius Mercator clôt ainsi son dossier du nestorianisme et de l’eutychianisme : «Necessarium profeeto credidimus utramque pravitatem sua per plurimos ignorantia serpentem, beatissimi patris Joannis Tomitanae urbis espiscopi, provinciae Scythiae, sermonibus prodere. » Ces sermons ne nous sont point parvenus 3.
Nestorius est présenté par Gennadius (Vér. ënl. 54) comme un prêtre antiochien « insignis in docendo ex tempore declamator », et comme ayant composé « di-
4, PG, t. XXVII, p. 649 et t. XCIII, p. 787. M. FAULHABER, Hesychii hierosolymitant interpretatio Isaiae prophetae (Freiburg 1900)