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LES ÉCRIVAINS JUSQU'AU V® SIÈCLE

Nous ne reviendrons pas ici sur ce que nous avons dit plus haut de Bardesane, p. 241, d'Aphraate, p. 225, de Siméon bar Sabbâé, p. 133, et de Miles, p. 136; nous arrivons tout de suite à saint Éphrem.

La biographie de cet illustre Père qui se contenta , semble-t-il , du titre de diacre, a ét^ écrite peu de temps après sa mort survenue le 9 juin 373 ^ car Grégoire de Nysse et Palladius la connaissent déjà. Nous n'en possédons plus la rédaction primitive, mais des recensions postérieures, surchargées d'anecdotes miraculeuses 2. Le peu de renseignements historiques que

1. Sur cette date voir Lamt, S, Ephrœmi syri hymni et sermones, Malines, 1882-1889. If, Proleg., p. vm.

3. Il en existe deux recensions provenant d'un même original et renfermant des variantes importantes : la première dans un ms. du Vatican , publiée en grande partie par J.-S. Assémani, B, 0-, I, 26 et suiv., et in extenso par Évode Asséhani, S. Ephrœmi opéra $yr.\ la deuxième, généralement préférable, dans un ms. de Paris, que M. Bickell a fait connaître, Conspectva rei Syrorum litterariœ , ip, 26, et Zeitschr. der deut. morg, Ge«c«.,XXVII, 600-604; publiée par M. Lamy, S. Ephrœmi syri hymni et sermoneSjIh ^90; réimprimée par Bedjan, Acta martyr, et sanct,, III, 62i. Deux courts résumés de la vie de S. Éphrem : l'un au Vatican, B. 0., I, 25, et l'autre à Berlin, Lamy, Op. cit., II, Prolegomena, VIII. Évode Asséhani a publié, dans la partie grecque de son édition, S. Ephrœmi opéra grœce et latine, I, xix-xliv, les textes des auteurs grecs relatifs à la vie de saint Éphrem.

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fournit cette biographie s'explique par la vie retirée que saint Éphrem mena.

Écrivain d'une rare fécondité, Éphrem imprima au genre poétique , créé par Bardesane , le caractère que ce genre conserva pendant les siècles suivants. Ses hymnes et ses homélies métriques restèrent comme le modèle que les auteurs postérieurs imitèrent; elles devinrent même célèbres en Occident où elles furent de bonne heure traduites en grec. Une partie de ces poésies fut composée pour combattre les différents systèmes gnostiques qui avaient de nombreux adhérents en Syrie et en Mésopotamie. L'histoire y trouve malheureusement peu à glaner ; la forme poétique ne convient pas aux controverses et saint Éphrem était un polémiste ardent et non pas un critique impartial. Esprit étroit mais d'une rectitude parfaite , il travailla à enraciner la foi sans se préoccuper de rendre justice à ses adversaires. D'autres hymnes et homélies ont été écrites en vue des principales fêtes de l'année et pour les chœurs de vierges qui, sous sa direction, prenaient part à la célébration des offices ^

Au physique, saint Éphrem était d'un aspect peu avenant : « Depuis son entrée dans la vie monastique, rapporte son biographe ^, jusqu'à la fin de sa vie, il ne mangea que du pain d'orge et des légumes secs, quelquefois des légumes verts. Il ne buvait que de l'eau ; son corps était desséché sur ses os , semblable à un tesson d'argile. Son vêtement était formé de nombreux morceaux, couleur de fumier. Il était petit de taille; son visage était toujours sévère; jamais il ne riait; il était

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