Voir ci-dessus, p. 20 et ai
2. Dans la receosion du ms. de Paris, voir la note 2 de la page précédente.
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chauve et imberbe*. » On vantait sa charité dont il donna de touchants exemples pendant une famine à Édesse.
Saint Éphrem naquit à Nisibe au commencement du IV® siècle , d'un père qui était prêtre d'une idole appelée Âbnil [{^ar, Abizal). Dès sa naissance il se crut prédestiné à travailler pour le culte du vrai Dieu^. Il s'attacha, comme disciple, à saint Jacques, évêque de Nisibe, mais il est douteux qu'il ait accompagné cet évêque au concile de Nicée. C'est par ses miracles, diton , que Sapor fut obligé en 338 de lever le siège qu'il avait mis devant Nisibe ^. Lorsque celte ville fut cédée au roi perse en 363 , saint Éphrem s'expatria avec les notables; il se retira à Édesse après avoir passé par Beit-Garbaya et Amid; il pouvait avoir alors cinquante-sept ans^. Pendant son séjour à Nisibe, Éphrem s'était fait connaître par des hymnes sur les sièges subis par cette ville et sur les évoques qui l'administrèrent, Jacques, Babou et Vologèse. Ces hymnes sont conservées dans un recueil, qui semble avoir été formé par leur auteur lui-même et qui est intitulé a Tome des hymnes de Nisibe composées par le Bienheureux Mar Éphrem ». Le titre n'est pas très exact, car des soixante-dix-sept hymnes de ce volume les vingt -une
1. L'auteur du portrait de saint Éphrem , gravé en tête de Tédition romaine, ne s'est pas inspiré de cette description; il a représenté un personnage de lïauie stature avec une longue barbe et vêtu d'une longue robe irréprochable.
2. Comp. Le testament de saint Éphrem dans Téd. romaine, n , p. 330 et suiv. et la Confession de saint Éphrem conservée en grec, ibid,, partie grecque, I, i9. Ces deux documents semblent être apocryphes.
3. Théodoret, Hist. ecd.f II, 96; BARHEBRiiCs, Chron, syr.^ éd. BauNSt p. 66, éd. Bedjan, p. 61.
4. L'anecdote de saint Éphrem arrivant à Édesse et des laveuses sur le bord du Daiçan se trouvait dans la rédaction primitive des Actes. Elle est rapportée , d'après ces Actes, pair Grégoire de Nysse , Sozomène et Métaphraste.
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premières seules furent écrites à Nisibe , les autres le furent àÉdesse^
Éphrem vécut dix ans à Edesse, et ces dix années furent consacrées aux publications qui forment la majeure partie de ses œuvres. Ses premiers travaux dans la capitale de l'Osrhoène semblent être les commentaires bibliques (voir ci-dessus p. 75), qui lui valurent une chaire à l'École des Perses , où il eut de nombreux disciples , dont quelques-uns sont connus *. Il est même admissible que saint Éphrem et les docteurs qui l'accompagnèrent en quittant Nisibe , furent les fondateurs de la célèbre école d'Édesse. Le nom sous lequel cette école est désignée [École des Perses) , favorise cette conjecture, car les Syriens occidentaux désignaient sous le nom de Perses leurs coreligionnaires dans l'empire des Sassanides. L'enseignement de ce Père comprenait, outre l'exégèse biblique, l'explication des dogmes , et c'est à l'occasion de cet enseignement qu'il fit paraître ses hymnes contre les hérétiques et les sceptiques^.
Si grande que fût l'activité intellectuelle de saint Éphrem , ses œuvres suffisent grandement à remplir les dix années que ce fécond auteur passa à Édesse. On doit considérer comme controuvés ses voyages en Egypte où il aurait séjourné huit ans, et à Césarée de Cappadoce où il aurait visité saint Basile. La légende de sa prédication en Egypte contre les Ariens est peutêtre née d'une confusion avec Éphrem l'Égyptien;
1. Ce recueil a été édité , de la manière la plus digne d'éloges, par BiCKELL, S. Ephrœmi syri carmina Nisibena^ Leipzig, 1866. Il y a une lacune pour les hymnes 32-24 qui manquent.
2. Voir les Actes de saint Éphrem dans les deux recensions et Le testament de saint Éphrem, cité ci-dessus.
3. Un recueil de cinquante-six hymnes contre les hérétiques dans le second volume de l'éd. romaine, p. 437-359; et, au commencement du troisième volume, quatre-vingt-sept hymnes contre les sceptiques.
JUSQU'AU Ve SIÈCLE. 335
celle de la visite à saint Basile a pu être occasionnée par les passages des écrits de ce Père grec où il est fait mention du Syrien ^
Erronée est aussi la notice des Actes concernant la relation faite par Éphrem de l'invasion des Huns 2, laquelle eut lieu au mois de juillet 396, vingt-trois ans après la mort de ce Père. Fausse encore l'attribution à Éphrem d'une poésie sur les persécutions de Valens et l'exil de l'évêque d'Édesse, Barsès; cet exil eut lieu, au mois de septembre 373, trois mois après la mort d'Éphrem^. Apocryphe également le panégyrique de saint Basile par saint Éphrem; celui-ci précéda dans la tombe l'évêque de Césarée^.
Saint Éphrem écrivit peu en prose : quelques discours exégétiques^, en dehors de ses commentaires bibliques. Nombreuses, au contraire, sont ses poésies qui comprennent plusieurs genres et dont nous avons esquissé les principaux traits plus haut, p. 19 et suiv.^
1. Le passage des Actes relatifs à la Doxologie se trouve dans le De Spiritu saneto de Basile, XXXIX, 74; pour Genèse, i, 2, où saint Basile aurait appris d'un Syrien à remplacer le mot planait par couvait, voir la deuxi(hme homélie de l'Hexaméron de Basile. Le voyage d'Éphrem à Césarée est relaté par Grégoire de Nysse , Sozomène et Métaphraste.
2. L*homéIie. mise sous le nom d'Éphrem, sur la fin des temps et où il est question des Huns, est publiée dans Téd. Làmy, III, 187; M. Ngel- DEKE, Beitrdge zur Geschichte des Alexanderromans, p. 31, a montré que la composition de cette liomélie est postérieure à la conquéie arabe.
3. Éphrem écrivit des hymnes sur les persécutions de Valens et des Ariens, antérieurement à Texil de Barsès. Ces hymnes sont conservées dans le recueil des Carmina Nisibena, édité par Bigkell. Sur le récit auquel se référé la poésie en question, Yoir Socrate, IY, 18; Sozomène, VI, 18; Théodoret, Wt 14 et 15. Sous l'influence du Roman de Julien l Apostat, voir cf-dessus, p. 190-191 , la persécution est rapportée dans le ms. du Vatican non pas à Valens , mais à Julien , et la poésie y est citée avec de nombreuses variantes.
4. Ce panégyrique existe en grec, éd. romaine, Op. grseee et latine, n, 289.
5. Publiés dans Péd. rom., t. U, à la suite de différentes homélies métriques.
6. Les œuvres dtt saint Éphrem ne peuvent être ici citées en détail;
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Mais toutes les homélies et hymnes mises sous le nom de ce célèbre auteur ne sont pas sorties de sa plume ; il en est qu'on peut - revendiquer pour Isaac d'Antioche et Narsès (voir ci -dessus p. 19) ou pour d'autres auteurs (comp. p. préc). La caserne des trésorSf (ci-dessus, p. 90), Le testament de saint Éphrem ^ et le poème sur Joseph, fils de Jacob ^, appartiennent
elles ont été publiées à différentes époques et il surfira de rappeler ces publications. La grande édition de Rome, Ephrœmus syrus, opéra omnia, 1737-1743, comprend en six volumes les textes conservés dans des ms. du Vatican; trois volumes renferment les textes syriaques, et les trois autres volumes les textes traduits en grec; commencée par Pierre Mobarak ou Beneoictus, de la Société de Jésus, elle fut achevée par ÉTIENKE ÉvooE ÂssÉMÀNi. En 18fô, M. Overbeck a édité de nouveaux textes à Oxford, d'après des ms. du Musée britannique, S. Ephrœmi $yri.»* opéra aelecta, Oxford, 4865. En 1866, M. Bickell a fait connaître le recueil intitulé Carmina Nisibena, mentionné ci-dessus. Les précédentes éditions ont été complétées par M. Lamy, d'après les ins.de Londres, d'Oxford et de Paris, S. Ephrœmi syri hymni et sermones, t. HII, Matines, 1882-1889, comp. Ngeldeke, Gôttingische Gelehrte Anzeigen^ 1882, n* 48; 1887, n° 3; Wiener Zeitschrift^ 1891, p. 245. Quelques hymnes et homélies ont été éditées ou rééditées dans la chrestomathie de Hahn et Siefert, dans la chrestomathie de Uhlehann, dans les tomes I et H des Monumenta syriaca du P. Zingerle. Le recueil des homélies pour les Rogations a été imprimé par M. Bedjan à la fin du premier volume de son Breviarium Chaldaicum^ Paris, 1886-1887, et réimprimé dans le troisième volume de l'éd. Lamy. L'homélie sur l'exil, c'est-à-dire, sur la vie ici-bas, a été rééditée par M. Haffner, en 1896, dans les Sitzungsberichte de l'Académie des Sciences de Vienne, t. XXXV, n» IX, Die Homille des heiligen Ephrâm von Syrien ûber das Pilgerleben; elle avait déjà été imprimée dans le 1II« vol. de l'éd. romaine.
1. Imprimé en grec et en syriaque dans le Il« vol., partie grecque, de l'édition romaine; réimprimé en syriaque, d'après d'autres manuscrits, par Overbeck, S. Ephrœmi... op. sel.y p. 137.
2. Salomon de Bassora, dans son livre de L'Abeille, éd. Budge, p. 47, attribue ce poème à saint Éphrem. Un ms. du Musée britannique , du VI* siècle, qui renferme les chants I et VllI, édités par Overbeck, S. Ephrœmi... op. sel., p. 270-330, indique Balai comme l'auteur de l'ouvrage. Cette épopée, une des meilleures compositions de ce genre, comprend douze chants, et elle est suivie d'une homélie sur la translation des reliques de Joseph à Gonstantinople, composée par un certain Bani. Elle a été éditée par M. Bedjan , Histoire complète de Joseph, Paris, 1891. En 1887, M. Bedjan avait fait une première édition d'après un autre ms. qui ne renfermait que les dix premiers chants ; ces
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vraisemblablement à l'école d'Édesse, mais non à saint Éphrem lui-même. Les actes d'Abraham de Kidouna et Lea actes de Julien Saba ont aussi été attribués, à saint Éphrem, comme nous l'avons rapporté ci-dessus, p. 159.
Les disciples de saint Éphrem ne brillèrent pas, bien loin de là, du même éclat que leur illustre maître. On cite de Mar Aba des commentaires bibliques (voir cidessus, p. 76); de Zenobius, qui était diacre de l'Église d'Édesse, des traités contre Marcion et Pamphyle, des épîtres et une vie d'Éphrem ^ ; de Paulonas ou Paulinus, qui est traité d'hérétique dans Le testament de saint Éphi^em, des hymnes et divers écrits contre Marcion et les sceptiques ^.
A la fin du IV® siècle vivait Balai ^, qui semble avoir été chorévêque du diocèse d'Alep. Ses hymnes, écrites dans le mètre pentasyllabique, perpétuèrent son nom^.
La vie de Cyrillona est aussi peu connue que celle de Balai, dont il était le contemporain. Cyrillona est l'auteur d'un poème sur les calamités qui arrivèrent de son temps : le fléau des sauterelles et l'invasion des Huns. Dans un passage de ce poème il est dit : « Une
dix chants ont été réimprimés et traduits par M. Lamy, S. Ephrœmi syri hymni et sermones^ t. III.
i. AssÉMANi, B. 0., I, 168. On a cru que Zenobius était de Gozarte, parce que, dans Le testament de S. Ephrem, l'épithète de PU>^ est accolée à son nom, mais le mot syriaque signifie « vaillant » et non pas «de Gozarte >.