‹ La littérature SyriaqueChapitre 167 sur 214 · C'est-à-dire Jésus ou le Christ a triomphé · texte numérisé non relu

C'est-à-dire Jésus ou le Christ a triomphé

4. Sur Abraham, abbé du couvent du Mont Izla, voir ci-dessus, p. 179; sur son successeur, Dadjésu, p. 156, 179, 339.

byGoogk

œuvres mêmes qui nous sont parvenues en si petit nombre. Elle ne brilla pas cependant du même éclat que la littérature monophysite et elle n'eut pas des écrivains de la valeur d'un Jacques de Saroug , d'un Philoxène de Mabboug, d'un Sergius de Reschaina ou d'un Jean d'Asie.

Pendant que le nestorianisme se propageait en Perse, favorisé par les rois Sassanides , le monophysisme gagnait successivement du terrain chez les Syriens occidentaux, à l'ombre de VHénotique de Zenon dont il se couvrait. L'hérésie d'Eutychès avait trouvé en Syrie un défenseur dans la personne de l'archimandrite Barsauma, vénéré comme un saint pour sa piété. Celui-ci avait assisté au second concile d'Éphèse; il fut condamné comme hérétique par le concile de Chalcédoine ; sa mort eut lieu en 458 * .

On est en droit de ne pas compter parmi les écrivains syriaques Siméon le stylite (f 2 septembre 459), que les Monophysites réclament comme un de leurs saints, et leur prétention semble justifiée par les lettres qui existent sous son nom au Musée britannique , avec des Préceptes et as>ertissements adressés aux Frères *. Mais reste à savoir si ces écrits sont authentiques, car Siméon était illettré ; il dictait sans doute ses lettres à l'un de ses disciples ^. Sur les Actes syriaques de ce saint, voir ci-dessus, p. 160.

Jacques de Saroug appartenait décidément à la confession monophysite , la question a été tranchée par la

1. BiJinEBRiEus, Chron, eccLy 1, 161-16S, 179, 181; Assémani, B. 0., II, 2-9. Sa vie, écrite par son disciple Samuel , existe dans plusieurs ms. du Musée britannique, Wright, Calal.^ p. 1123; comp. B. 0., II, 296. Ce monoptiysite ne doit pas être confondu avec son contemporain nestorien, Barsauma de Nisibe, dont nous avons parlé sous le paragraphe précédent.

2. Wright, Catal, p. «il, n» 29; p. 986, n« 33; p. 1153, col. 1.

3. Voir NcELDEiLE, OHentalische Shizzen^ Berlin, 1892, p. 233.

byGoogk

publication de la correspondance échangée entre cet évêque et les moines du couvent de Mar Bassus près d' Apamée ^ . Cette correspondance montre Jacques hostile , dès sa jeunesse , à la doctrine dyophysite prêchée par Nestorius et enseignée à Edesse, où le futur évêque de Saroug faisait ses études. Elle nous le montre encore se ralliant d'abord à VHénotique de Zenon et devenant ensuite un monophysite convaincu. Jacques était au nombre des évêques qui consacrèrent Jean de Telia, un fervent monophysite sous Justin^. On possède trois biographies de ce célèbre Syrien : l'une écrite par Jacques d'Édesse ^ ; la seconde est anonyme ; la troisième est un long panégyrique en vers , attribué à un de ses disciples, du nom de George ^.

Jacques naquit à Kourtam sur l'Euphrate, probablement dans le district de Saroug. Il devint chorévêque de Haura dans le même district. C'est de cette ville qu'il écrivit des lettres de consolation aux chré-

1. Éditée avec une traduction française par TÀbbé P. Martin, Zeitschr. der deuL morg. Gesell^ XXX, p. 217 et suiv.

2. Voir Kleyn, Het Leven van Joh. van Tella^ Leide, 1882, VII et 31. ZiscERLE, Zeitschr, fur KathoL TheoLj XI, 92-108. Kliîyn, l, c, et Guidi, La lettera di Simeone vescovo di Beth-Arschamy Préface , ont établi le caractère monophysite de la confession de Jacques de Saroug. L'orthodoxie de cet évêque avait été soutenue contre Renaudot par àssémàni qui avait consacré à celte question cent pages de sa BibL Orientalis^ II, p. 283 et suiv.; puis par Abbeloos, De vita et scriptis S. Jacobin Louvain, 1867; par le P. Matagne, Acia Sanctorum des Bollandistes, XH, 824 et 927; par Bickell, Bibliothek der Kirchenvâter, n» 58; et par Lamt, Chron. eccl. de Barhebr^us, I, 190, note 3. On ne mettra plus en doute l'exactitude de la notice de Baruebr£us, {. c, déclarant que la doctrine de Jacques avait été approuvée par Sévère d'Antioche.

3. Voir l'Abbé P. Martin, U c, p. 217, note 3. Le texte de cette biographie a été publié par Assémani, B, 0., I, 286.

4. Les trois biographies ont été éditées par Abbeloos, De vita et scrip' tis S. Jacobi. Des extraits du panégyrique ont été imprimés par le P. Cardaui dans son Liber thesauri^ p. 37. Bicrell, l. c. (dans la note 1), donne de bonnes raisons pour que l'auteur de ce panégyrique ne soit pas un disciple de Jacques mats George de Saroug, un auteur ou VII* siècle.

tiens de Nedjran et aux habitants de la ville d'Édesse menacée par les Perses ^ , et probablement les lettres dogmatiques adressées aux moines du couvent de Mar Bassus^. En 519 il fut nommé évêque de Batnan, principale ville du distrit de Saroug; il était alors âgé de soixante-huit ans; il mourut deux ans après en 521. Sa vie, consacrée à l'étude et écoulée loin des polémiques christologiques qui agitaient l'Orient, ne fut pas troublée par les persécutions que Justin I exerça contre les Monophysites après avoir aboli l'édit d'union de Zenon, et dont furent victimes Sévère d'Antioche, Philoxène de Mabboug et Paul d'Édesse. La lettre de condoléance que Jacques adressa à ce dernier ^ se réfère aux violences que Paul subit au mois de novembre 519, lorsqu'il fut emmené prisonnier à Séleucie ^.

Les nombreuses lettres de Jacques de Saroug existent en grande partie dans les ms. Add. 14587 et 17163 du Musée britannique. Nous venons de parler de ses lettres aux moines du couvent de Mar Bassus, aux chrétiens de Nedjran, aux habitants d'Édesse, à Paul d'Édesse. Nous citerons une autre lettre à Etienne bar Soudain dans la notice concernant ce dernier. Ses autres écrits en prose comprennent : une liturgie ^, un ordre du baptême^; six homélies festales"^; des ser-

4. Wright, CataL, p. 520, n«» 16 et 16; et ci-dessus, p. 151-152.

2. L'Abbé Martin, L c, p. 224, note 3, place la correspondance entre ces moines et Jacques entre 514 et 518, alors que celui-ci était chorévéque.

Page 1