LES VERSIONS POSTÉRIEURES
n'ayant changé que quelques mots ou groupes de mots, ne l'avait pas profondément modifiée.
En 508, PhiloxènOy évêque de Mabboug, Tun des plus fougueux défenseurs de Thérésie monophysite, chargea le chorévêque Polycarpe de faire sur le grec une traduction littérale de TA. et du N. T. Cette nouvelle version semble avoir joui d'un certain crédit pendant le VP siècle : Moïse d'Aghel (vers 570) mentionne les Psaumes et le Nouveau Testament ^; mais elle tomba en désuétude lorsque parurent l'Hexaplaire syriaque de l'Ancien Testament et THéracléenne du Nouveau Testament. Il n'en existe plus que des fragments dans quelques manuscrits ^.
L'Hexaplaire syriaque a été composée un siècle plus tard, 616-617, par Paul, évêque de Telia de Mauzalat (Constantine de Syrie), à la demande du patriarche d'Antioche, Athanase I. C'est une version syriaque des Septante d'après les Hexaples d'Origène; elle reproduit consciencieusement les additions et les variantes marquées par des astérisques et des obèles, ainsi que les notes marginales relatives à des versions grecques autres que les Septante ^. En fait cette version ne supplanta pas. la Peschitto qui continua à être la Bible des Syriens. Son prestige tomba avec les luttes religieuses, en vue desquelles elle avait été faite , après que la conquête musulmane eut créé une nouvelle situation à l'Église syriaque. Elle demeura cependant comme une œuvre importante de la littérature sacrée qui avait son
i. Voir AssÉMANi, B. 0., II, 82.
2. Des fragments d'Isale dans un ms. du British Muséum ; comp. Guidi, Rendiconti délia R, Accadeinia dei Lincei^ 1886, p. 404 ; voir aussi Hall, Syriac ma., Gospels of a pre-Harkleian Versiotij Philadelphie, 1884. Les fragments d'Isaïe ont été publiés par M. CERUiti , Monumenta sacra et profana t Milan, 1873, t. V, fasc. I, p. 1-40.
3. FiELD a utilisé ces notes dans sa publication intitulée Origenis Hexaplorum fragmenta, Oxford , 1875.
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utilité pour l'exégèse biblique. Barhebrœiis , dans son commentaire intitulé le Magasin des mystères , la cite fréquemment sous le nom du grec. Cet auteur la tenait même en plus haute estime que la Peschitto ; dans sa grande grammaire ^ il a écrit un chapitre entier pour prouver l'infériorité de celle-ci comparée à l'Hexaplaire. Son jugement est basé sur plusieurs passages de la Peschitto, incorrects grammaticalement, et sur d'autres passages qui, dans les citations du Nouveau Testament, sont plus conformes au grec qu'à la Peschitto. Ce dernier argument n'est pas très probant, car nous avons rappelé plus haut, p. 34, qu'un nombre important de ces citations dans la Peschitto du Nouveau Testament concorde avec la Peschitto de l'Ancien Testament et s'écarte à la fois de l'hébreu et du grec. L'Hexaplaire ne nous est pas parvenue intégralement. Il existe, dans des ms. de Milan, de Paris et de Londres, des livres complets ou incomplets de cette version. Le plus célèbre de ces ms. est V Ambrosianus qui forme le second volume d'un exemplaire complet. Le premier tome renfermait le Pentateuque, Josué, les Juges , les Rois , Esdras avec Néhémie , Judith et Tobie; il a été perdu après la mort (1573) d'Andréas Masius auquel il appartenait. Norberg publia Jérémie et Ézéchiel (1787); Bugatus, Daniel (1788) et les Psaumes (1820). En 1835 Middeldorpf édita le IV^ livre des Rois (ms. de Paris), Isaïe, les petits Prophètes, Job, le . Cantique des Cantiques , les Lamentations et l'Ecclésiaste (ms. de Milan). M. Ceriani a donné une reproduction photolithographique de l' Ambrosianus dans le Vil* vol. des Monumenta sacra et profana; il avait commencé une édition critique de cette version dans les
\, Œuvres grammaticales d^Ahou'lfaradj dit Bar Hebrœus, éditées par l'Abbé Martin, Paris, 18Ti, I, p. 240.