LES COMMENTAIRES DE LA BIBLE
Les commentaires bibliques écrits par des Pères de l'Église syriaque formeraient une bibliothèque entière, si une grande partie n'avait subi Tinjure du temps et n'était aujourd'hui perdue.
Les commentaires de saint Éphrem (f 373) sur l'Ancien et le Nouveau Testament sont les plus anciens que nous connaissions. Éphrem les avait sant doute écrits en vue de son enseignement à l'École des Perses à Édesse. Le commentaire sur l'A. T. ne nous est parvenu dans sa forme originale que pour la Genèse et la majeure partie de l'Exode, dans le ms. du Vatican 110 du VI* siècle; pour les autres livres, il existe, d'une manière abrégée , dans une Catena Patrum composée en 861 par Sévère, un moine d'Antioche ^ L'épitomé de Sévère, comparé avec le ms. 110 du Vatican, montre que le commentaire de saint Éphrem , dont se servait le moine d' Antioche pour la Genèse , différait de celui de ce ms ^. Ce commentaire est basé sur la Peschitto,
\, Voir Catal. Wright, p. 908.
2. PouLMANN, S. Ephrœmi Syri commentariorum in S. Scripturam teœlus^ Brunsberg, 1863-1864; Bickell, ConspecttM rei Syrorum lillerarise, Munster, 1871, p. 19.
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mais il a subi des interpolations; il s*y trouve des citations des Septante que saint Éphrem, ignorant le. grec, ne pouvait utilisera
En ce qui concerne le Nouveau Testament, le commentaire que saint Éphrem avait fait du Diatessaron ne s'est conservé qu'en arménien (voir p. 47). C'est également en arménien seulement que se trouve son commentaire sur les Épîtres Paulines.
En dehors de ses commentaires , saint Éphrem écrivit des homélies exégétiques et des interprétations ^ lio^vii, sur différents versets bibliques ^.
Un des disciples de saint Éphrem, Mar Aba, écrivit un commentaire sur les Évangiles, un discours sur Job et une explication du verset 9 du Psaume xlii^. Il ne doit pas être confondu avec Mar Aba I , patriarche des Nestoriens, voir plus loin, p. 83.
Le commentaire sur les Évangiles de Philoxène, évoque de Mabboug (-{• vers 523) , nous est connu par deux manuscrits incomplets du Musée britannique (Wright, CataLy p. 526, n^* 674 et 675). Le premier de ces ms., daté de 511, renferme des fragments du commentaire sur saint Mathieu et saint Luc. Le second , qui appartient à la même époque, contient le commentaire sur des passages choisis des Évangiles, et particulièrement sur les versets 1-18 du premier chapitre de FÉvangile
1. Il est imprimé, en grande partie, dans Tédition romaine, 5. Ephrœmi opera^ 1. 1 et II. M. Lamy a complété cette édition dans le t. II. de S. Ephrœmi syri hymni et sermones, Malines, 188G, p. 105-310, d'après des ms. du Musée britannique. M. Lamy a publié dans la Revue biblique, 1897-1898, une traduction des commentaires de S. Éphrem sur Zacharie, dont deux chapitres étaient inédits.
2. Édition romaine, II, 316-395; Oyerbeck, S. Ephrœmi syri,.. opéra selecta, Oxford, 1865, p. 77-104. Moesinger a publié quelques scolies sur 5. Mathieu, Isaïe, Osée et les Proverbes dans le II* toU des Monumenta syriaca, Innsbruck, 1878, p. 33 et suiv.
3. Il est cité dans certains ms. ; Wright, CataL, p. 831 et 1002. Des fragments dans Harris, Fragm, of the comment, of Ephrem Syrus^ Londres, 1895, p. 93.
de saint Jean. L'auteur combat différentes hérésies et surtout celle des Nestoriens |qu'il appelle « les hérétiques du temps présent ».
Jean bar Aphtonia, abbé du couvent de Kennesré (f 538)îest Tauteur d'un commentaire sur le Cantique des Cantiques ^
Marouta, métropolitain jacobite de Tagrit [f 649), fit un commentaire sur les Évangiles, qui est cité dans la catena du moine Sévère. Deux scolies de Marouta sur Exode XVI, 1, et Mathieu xxvi, 6-14, sont imprimés dans les Monumenta syriaca (Mœsinger), t. II, p. 32.
Jacques, évêque d'Édesse (f 708), composa des commentaires et des scolies sur les Écritures. Il traite aussi de différents passages bibliques dans plusieurs de ses lettres. Les commentaires sont cités dans la catena de Sévère et dans les écrits de Denys bar Salibi et de Barhebraeus. Quelques-unes des scolies ont été publiées, d'après des manuscrits du Musée britannique, par Philipps, Wright, Schrœter et Nestlé^; d'autres, mêlées dans les commentaires de saint Éphrem par le moine Sévère, ont été imprimées dans l'édition romaine de saint Éphrem (t. I et II).
George, évêque des tribus arabes de TEuphrate, un contemporain et un ami de Jacques d'Édesse, écri-
1 . AssÉMAm, B. 0., II, p. 54. Des extraits de ce commentaire sont conserves dans une chaîne des Pères au Musée britannique, ms.Add. 42168, f. 138 a. Un commentaire sur les Évangiles est attribué à Mara d'Amid (vers 519) par Assémani, B. 0., Il, p. 52; mais Wright, se référant à Zacharie (dans Lakd, Anecdota syriaca^ lll, 250), a montré que Mara écrivit seulement une préface en grec sur un exemplaire des Évangiles fait à Alexandrie ; Wright, Syriac lit,, 2« éd., Londres, i894, p. 83.
2. Pdilipps, Scholia on some passages of the Old Testament by Mar Jacob, Londres, ISCi; Wright, Journal of sacred literature, vol. X, p. 430etsuiv.; Schrœter, ZeiYsc^r. der deut. morgenl. Geseliscliaft, i910, t. XXIV, p. 261 et suiv.; Nestlé, ibid.j 1878, t. XXXII, p. 405 et suiv., 735 et suiv.; comparer aussi Assémani, B. 0., I, p. 489-493; Mai, Script, vet. nova collectio, Rome, 1825-1838, t. V; Wiught, CataL, p, 591, 910 et 997.
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vit des scolies sur les Écritures , qui sont citées dans la catena de Sévère, dans les commentaires de Denys bar Salibi et dans le Magasin des mystères de Barhebrseus ^ .
De la même époque sont les commentaires de Daniel de Salah sur les Psaumes et FEcclésiaste. Le commentaire sur les Psaumes, composé par Daniel , à la demande de Jean, abbé du couvent d'Eusèbe, près d'Apamée, était divisé en trois volumes et chaque volume comprenait cinquante psaumes^. Le commentaire sur TEcclésiaste n'est connu que par les extraits qu'en donne la catena de Sévère^.
Un ms. du Vatican^ renferme un commentaire de l'Évangile de saint Mathieu par George, qui fut élu patriarche d'Antioche en 758.
A la fin du VIII* siècle, Lazare de Beit-Kandasa compila un commentaire sur le N. T. Deux manuscrits du Musée britannique (Caf. Wright, p. 608-612, n*^* 713 et 714) renferment le commentaire sur saint Marc et saint Jean et sur une partie des Épîtres Paulines. Le commentaire sur les Épitres est un abrégé du commentaire de saint Jeai^Chrysostome.
Moïse Bar Képha, qui prit le nom de Sévère lorsqu'il devint évêque de Beit-Rammân et de Mossoul (f 903), composa des commentaires sur l'Ancien et le Nouveau Testament qui sont souvent cités par Barhebrseus dans son Magasin des mystères y et dont il nous est parvenu, d'une manière incomplète, le commentaire