‹ La littérature SyriaqueChapitre 36 sur 214 · LES APOCRYPHES CONCERNANT L ANCIEN ET LE NOUVEAU TESTAMENT · texte numérisé non relu

LES APOCRYPHES CONCERNANT L ANCIEN ET LE NOUVEAU TESTAMENT

§ 1. ~ Les apocryphes de l'Ancien Testament.

Il existe des versions syriaques des textes que la version des Septante renferme parmi les deutérocanoniques. Lagarde a édité , avec ces derniers * : L'Épître deJérémie, les deux Épttres de Baruch, le Cantique d'Ânanias^ et de ses compagnons , Bel et le Dragon.

Wright^ a édité, d'après un ms. de Cambridge et un ms» du Vatican, cinq psaumes apocryphes. Le premier, traduit des Septante, est le psaume CLI qui était connu par le Codex Ambrosîanus, Le second est une prière qu'Ézéchias prononça lorsqu'il était entouré d'ennemis. Le troisième est une action de grâces des Israélites qui avaient obtenu de Cyrus l'autorisation de retourner dans leur patrie. Le quatrième fut chanté par David pendant qu'il combattait le lion et le loup qui avaient ravi un mouton de son troupeau.

I, Lihri Vet. Test apocryphi syriace, Leipzig, 1881. 3. Dans les Septante : Azarias.

3. Dans les Proceedinga de la Society of Biblical Archœology, t. IX, juin 1887, p. 257-266.

byGoogk

Le cinquième est une action de grâces de David après sa victoire sur le lion et le loup.

Le quatrième livre d'Esdras a été édité par M. Ceriani d'après le Codex Ambrosianus * .

De la Pari>a Genesis ou Livre des jubilés il ne s'est conservé en syriaque qu'une section^. Il n'existe également que des fragments de la rédaction chrétienne et orientale du Testament d'Adam^, Mais les deuxième et troisième parties de ce dernier apocryphe se retrouvent, avec de nouvelles légendes, dans la Cas^erne des trésors. La première partie, Le combat d'Adam et d'Èi^e, est remplacée dans la caverne des trésors par une description de la création qui forme la base de l'Hexaméron de Pseudo-Épiphane.

La Caverne des trésors^ lî^ijxao, appartient à la littérature désignée sous le nom de Livre des jubilés y qui traite de l'histoire fabuleuse des tribus d'IsraëL Le titre complet.de cet apocryphe est : « Livre de la descendance des tribus ou la caverne des trésors, qui a été composé par saint Éphrem. » L'attribution à saint Ëphrem n'est pas exacte , car l'œuvre est postérieure à ce Père et ne remonte guère plus haut que le VP siècle, mais elle sort vraisemblablement de son école. En tous cas, le livre a été écrit en Mésopotamie; comme le re-

i. Monumenta sacra et profana, vol. V, fasc.I; dans le premier volume, fasc. II, M. Ceriani avait donné une version latine de Tapocryphe syriaque. Dans le Codex AmbrosianuSy à la suite du IV« livre des Maecabées, se trouve un cinquième livre, qui n'est autre que le sixième livre du De bello judatco de Josèphe, ainsi que Ta établi M. Kottek, Dos sechste Buch des BeUum Judaicum, Berlin, 1886 (avec le texte syriaque des chap. i et ii).

2. Éditée par Ceriani, Monum. sacra et profana, t. Il, fasc. I, p. IX.

3. Manuscrits du Vatican 58 et 161, et plusieurs ms. du Musée britannique, Wright, CataL, General index sous le mot Adam. Ces fragments ont été publiés par Renan, Journal asiatique, nov.-dcc. 1853, p. 427, et WRicnT, Contributions to the apocryphal Literature of Ihe N. T., Londres, 1865, p. 61.

byGoogk

marque l'éditeur \ la langue syriaque y est nommée la reine de toutes les langues ; elle est la langue primitive que parlaient tous les peuples avant la confusion de la Tour de Babel; les Syriens n'ont pris aucune part au crucifiement du Christ, etc.

Le titre de Caçerne des trésors ne convient en fait qu'à la partie concernant les patriarches. Adam, chassé du Paradis , se retire sur une montagne voisine et s'abrite dans la caverne où il dépose For, la myrrhe et Tencens qu'il a emportés du séjour des délices. Adam et les patriarches qui lui succèdent, sanctifient par leurs offrandes à Dieu la caverne qui leur sert de tombeau après leur mort jusqu'au Déluge. A ce moment, Noé transporte dans l'Arche les reliques d'Adam avec l'or, la myrrhe et l'encens. Après le Déluge et la mort de Noé, Sem et Melchisédec, conduits par un ange, déposent ces reliques au centre de la terre « où se réunissent les quatre parties de l'Univers », au Golgotha qui s'entr'ouvre en forme de croix pour les recevoir. C'est au Golgotha qu'Adam recevra le baptême par le sang et l'eau qui couleront de la plaie du Sauveur; c'est sur le Golgotha que son péché lui sera remis. Après Sem , il n'est plus question de cette caverne.

Dans cette littérature rentrent encore les légendes recueillies par Salomon, évêque de Bassora vers 1222, et consignées dans son Livre de l'abeille'^. Quelquesunes de ces légendes sont, pour le fond, les mêmes dans ce livre et dans la Caç>erne des trésors; mais le Lwre de l'abeille est beaucoup plus riche en documents de ce genre. La Caverne s'arrête après la Passion du

1. Carl Bezold, Die Schatzhœhle aus dem syrischen Texte uebersetzt, Leipzig, 1883. M. Bezold a publié le texte syriaque et la version arabe à Leipzig en 1888. Comp. Lagarde, Mittheilungen, III, 49; IV, 6.

2. BuDGE, The Book of the ôec, avec une traduction anglaise, Oxford,

Christ; Salomon poursuit son histoire plus loin; il ajoute les missions des apôtres ; les listes des patriarches nestoriens, des rois Achéménides, des Ptolémées, des empereurs romains ; une prédiction de la conquête musulmane tirée de La révélation à Méihodiiis en prison; un récit de Gog et Magog et de la porte d*airain d'Alexandre, imité de Pseudo-Callisthène; un autre récit sur la venue de T Antéchrist; puis plusieurs chapitres de théologie qui n'ont aucun rapport avec l'histoire.

V Histoire de Joseph et Asenath a été traduite du grec en syriaque par Moïse d'Aghel (vers 570) ^ La version de Moïse concorde avec le grec publié par M. l'Abbé Batiffol, mais elle est incomplète; le grec sert à combler le? lacunes du syriaque^. Une traduction latine a été faite sur le syriaque par G. Oppenheim, Fabula Josephi et Asenethœ apocrypha e libre syriaco latine ç^ersa, Berlin, 1886.

Certains apocryphes circulaient sous le titre de Tes^ tamentSy attribués à des personnages bibliques. En dehors du Testament d'Adam^ on connaît le Testament de Lévi^; le Testament de Salomon adressé à son fils Roboam*,

Les Vitœ Prophetarum existent dans plusieurs recensions syriaques et grecques. On a émis l'avis que

1. Elle a été insérée dans la compilation faite par un monophysite de YHistoire ecclésiastique de Zacharie de Mityléne, et elle a clé publiée par M. Land dans le II1« vol. des Anecdola syriaca, p. i8 et suiy.

On ne doit pas comprendre parmi les apocryphes YHistoire de Joseph, fils de Jacob, un poème en douze chants attribué à saint Éphrem et publié par M. Bedjan; il existe de ce poème une version arabe, Calai, de Zotenberg, n» G5, 5®.

2. Voir P. Batiffol, Studia patrislica, Paris, 1880 ; Land, Op, eiU, p. XVII ; Sachau, Hermès, i870, t. IV, p. 77.

3. Un extrait au Musée britannique, Catal. Wright, p. 997, col. i,

4. A la Bibliotlièque nationale en carschouni (arabe écrit en caractères syriaques), Catal. Zotenberg,ji^ iOi, 23».

byGoogk

les textes syriaques représentent Toriginal et que les textes grecs sont des traductions du syriaque ^

On mettait sous le nom de Daniel et d'Esdras divers écrits pseudépigraphiques. Une apocalypse est intitulée : Daniel le jeune concernant Notre Seigneur et la fin du monde ^. Une autre apocalypse relative au royaume des Arabes porte le titre suivant : Question que posa Ezra le Scribe quand il était dans le désert avec son disciple Karpos ^. L'auteur de cette production tardive (postérieure à la conquête arabe *) s'est .servi du IV® Livre d'Esdras et a emprunté ses figures à Daniel et à l'Apocalypse de saint Jean. M. Iselin, dans l'étude qu'il a consacrée à cet apocryphe ^ , arrivait à la conclusion t que l'Apocalypse d'Esdras est composée d'éléments empruntés à une ou plusieurs apocalypses juives retouchées par un chrétien. Mais cette conclusion, influencée par les récentes théories de M. Vischer sur l'Apocalypse de saint Jean , est rejetée par M. Chabot qui croit, avec raison, semble-t-il, « que l'Apocalypse d'Esdras est tout simplement une bizarre composition, un amalgame de figures bibliques mal combinées , une compilation rédigée par un auteur chrétien de la Syrie uniquement à l'aide de ses souvenirs bibliques et sans

1. M. Nestlé a publié, d'après des ms. du Musée britannique, une recension syriaque des Viiœ Prophetarum dans sa Syrisclie Grammatiky 3* éd., Berlin, 1888, n» III de la chrestomathie. Une autre recension est insérée dans l'Histoire de Michel le Syrien encore inédite.

î. Catal. Wright, p. 19, col. 1.

3. Publiée avec une traduction allemande par M. BiETHCEN dans la Zeitsehr. fur die Altest, Wissenschaft, 1886, 200-210; et avec une traduction française par M. Cuabot, Revue sémitique d'Halévy, 1894, 212-250, et 333-346.

4. AssÉMAKi, B. O.f III, I, 282 et suiv., en plaçait la composition après I la prise de Constantinople par les Turcs. M. Chabot estime qu'on ne

doit pas descendre si bas; les événements auxquels il est fait allusion dans cet écrit, se rapportent au premier siècle de l'Hégire.

5. Apoealyptische Sludien; die Apocalypse des Esra in syrischer Sprache von Prof. Bœlhgen verô/fentlicht dans la Theol. Zettschrtft aus der Schweiz, 1887, p. 60-61.

qu'il ait ea sous la main des documents aujourd'hui pe^dus^ »

Sous le nom d'Esdras figurent encore un écrit sur la nativité de Notre Seigneur^, et un traité sur Falchimie. Quelques-unes des préparations chimiques qui sont attribuées à ce personnage biblique sont conservées dans un ms. de Cambridge avec le titre de Lme d'Ezra le Scribe savant et ont été traduites dans la Chimie au moyen âge de M. Berthelot (Paris, 1893, II, p. 294-296)3.

Il existe en arabe une Histoire de la transportation des Israélites à Babylone par Nabuchodonosor au temps de Jérémiey qui, selon M. Zotenberg*, est d'origine juive , mais a dû passer en arabe par un intermédiaire syriaque. Cette histoire très développée commence par les luttes entre Jérémie et Zédéchias et s'étend jusqu'au retour des Juifs et au rétablissement du Temple.

Vhistoire d'Ahikary le Scribe du roi d'Assyrie^ Sen^ nachériby et de son nei^eu Nadan^ a été écrite en hébreu ou en araméen avant l'ère chrétienne, peu de temps avant le livre de Tobie, avec lequel elle offre des points de contact. Quelques traces de cet apocryphe se trouvent dans les anciens documents chrétiens. L'original est perdu, mais on a plusieurs recensions (en syriaque, en arabe, en éthiopien, en arménien, en grec et en slavon), qui ont été publiées avec une traduction anglaise par M. Rendel Harris, M. Conybeare

Page 1