Les Origines de VÉglise d'Édesse^ p. 425, noie
a. Ane. syr, documents^ p. 43, 1. 45.
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remarquerons seulement que les grands d'Édesse convertis par l'apôtre Addai : Avida, Labou, Hafsai et Barkalba sont ceiix-là mêmes qui sont convertis de nouveau par Barsamya.
La rédaction des actes de Scharbil et des actes de Barsamya ne peut donc pas être antérieure au V° s. A cette époque les souvenirs des premiers siècles de notre ère étaient déjà loin et on ne s'étonnera pas des erreurs que renferment les synchronismes fournis par ces actes. Le consulat de Commode et de Cerialis indiqué par les actes de Barsamya eut lieu la neuvième année de Trajan en 106, et non la quinzième année en 112; il correspond, aune année près, à l'an 416 des Séleucides (105 de J.-C). En outre la prise d'Édesse par les Romains eut lieu en l'an 115; la persécution de Trajan ne pouvait donc s'étendre à Édesse ni en 106, ni en 112.
Les actes de Gouria et de Schamouna, que Théophile avait rédigés en syriaque , ainsi que nous l'apprend la clausule des actes de Habib , ne nous sont malheureusement pas parvenus dans l'original. Mais la littérature arménienne possède de ces actes une version^ qui semble littérale et qui est plus complète que la version grecque de Métaphraste et la version latine d'après Métaphraste ^.
Le martyre de Gouria et de Schamouna eut lieu en l'an 600 des Séleucides (289 de J.-C), la neuvième
1. Celte version a été découverte au mois d'août 1896 à la bibliotlïéque de la ville d'Edschmiatsin et a été publiée par M. Galoust Mker- TCHiAN dans le journal Ararat, août 1896. Elle a été traduite en anglais par M. CoNYBEARE dans le journal The Guardian, n® du 10 lévrier 1897.
2. Voir la version grecque dans la Patrol, gr. de Migne, t. CXVI, p. 145, à la suite des actes de Scharbil et de Barsamya ; la version latine dans SuRius, De probatis Sanctorum vitis, au IS nov., p. 339 ; une autre rédaction, ibid., p. 34S; dans les Bollandistcs, au 15 nov. CDRETa\ a rccdité la version latine dans Ane. syr, doc, p. 113 et suiv.
année de Dioclétien , sous le sixième consulat de Maximien, alors qu'Abgar, fils de Zoara, était préteur, et Kona était évêque d'Édesse; tels sont les synchronismes fournis par les actes. Gouria et Schamouna, deux jeunes gens, qui s'étaient consacrés à la vie religieuse, sont cités devant Antonius, le gouverneur d'Édesse , parce qu'ils ont refusé de sacrifier aux dieux. Ils sont mis en prison avec beaucoup d'autres chrétiens. Quelque temps après, Dioclétien mande à Musonius , le gouverneur d'Antioche, de se rendre à Edesse et d'instruire le procès des prisonniers. Gouria et Schamouna sont condamnés à mort et ils sont exécutés le quinze novembre de la même année.
Le martyre de Habib est fixé, dans les actes rédigés par Théophile, à l'année 620 des Séleucides (309 de J.-C.) , sous le consulat de Licinius et de Constantin , Julius et Barak étant stratèges , Kona étant évoque d'Édesse. Habib est dénoncé et poursuivi à cause de la propagande active qu'il fait dans la campagne d'Édesse en faveur de la religion chrétienne. C'est le deux iloul (septembre) que ce confesseur subit le supplice du bûcher. Aussitôt après, ajoutent les actes, la nouvelle de la marche de Constantin contre Licinius détourne les esprits de la persécution contre les églises , qui retrouvent un peu de repos. La clausule relative à la rédaction des actes est ainsi conçue : « Moi, Théophile, qui étais païen de naissance et qui ai confessé ensuite le Christ, je me suis empressé de prendre copie des actes de Habib, comme j'avais écrit autrefois les actes des martyrs Gouria et Schamouna, ses compagnons. Il les avait félicités du supplice du glaive qu'ils reçurent, il les imita par le supplice du bûcher. Si j'ai mentionné l'année, le mois et le jour du martyre de ces confesseurs, ce n'est pas pour ceux qui , comme moi, en ont
été témoins , mais c'est afin que ceux qui viendront plus tard , sachent à quelle époque vécurent ces confesseurs et quels sont aussi les actes des anciens martyrs au temps de Dioclétien et des autres empereurs , etc. »
Les dates fournies par les actes de Habib sont exactes et concordent entre elles. Nous pouvons tenir ces actes pour authentiques. Les inexactitudes du récit, qui présente Constantin comme déjà chrétien lors de son expédition contre Maxence et qui confond Maxence avec Licinius , s'expliquent facilement de la part d'un auteur oriental qui vivait loin du théâtre des événements. On ne doit donc pas s'arrêter à l'opinion de Lipsius qui , pour cette seule raison , rejetait l'authenticité des actes , et plaçait arbitrairement le supplice de Habib quelques années plus tôt sous Galère.
Les actes des martyrs d'Edesse ont leur intérêt historique et littéraire. Ils nous montrent tout l'attirail de l'administration romaine si savamment organisée, transporté en Mésopotamie avec les termes techniques de la langue juridique et officielle. De là le grand nombre des mots grecs et latins que contiennent ces actes, et dont quelques-uns demeurèrent dans la langue courante. Ce serait une erreur de croire , en se fondant sur ces mots , que ces documents ont été écrits primitivement en grec ; ils sont syriaques et ont été rédigés à Édesse. On en trouve trace dans la littérature postérieure. Saint Éphrem mentionne, dans une homélie * , Gouria, Schamouna et Habib. Jacques de Saroug a composé des homélies sur Scharbil , Gouria et Schamouna, et Habib ^.
1. s. Ephrœmi carmina nisibena^ éd. Bickell, Leipzig, 4866, p. 53.
2. L'homélie sur Scharbil a été publiée par Mœsinger dans le deuxième vol. des Monumenta syriaca^ p. 52-63 ; les homélies sur Gouria et Schamouna, et sur Habib ont été éditées par Cureton, Ane, syr. documents^
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La ville de Samosate fut aussi l'objet de persécutions religieuses. On rapporte à la troisième année de Maximin (308) le supplice de plusieurs chrétiens de cette ville , à l'occasion de sacrifices offerts dans le temple de la Fortune. Hipparchus et Philotheus s'abstiennent d'assister à ces sacrifices; ils convertissent en outre leurs amis, de nobles patriciens : Jacob, Paragrus, Habib, Romanus, Lulianius. Ils sont tous arrêtés, torturés et finalement crucifiés. Les actes de ces martyrs ont été rédigés probablement par des témoins oculaires; ils renferment une intéressante description de la ville de Samosate. Ev. Assémani, qui les a publiés [Acta Mart, II, 123-147), rapportait cette persécution à Maximien, mais M. Schulthess croit avec plus de raison qu'il s'agit de Maximin Galère qui sévit cruellement contre les chrétiens *.
§ 2. — Les actes des martsrrs de la Perse.
L'ère des persécutions était à peine close en Occident, qu'elle s'ouvrait en Orient contre les chrétiens de l'empire perse. Les premières persécutions datent de Sapor II, qui régna soixante-dix ans, de l'an 309 à l'an 379; elles n'eurent pas un caractère général et une durée déterminée comme en Occident; fomentées par les Mages , elles furent ordonnées par les rois perses qui connaissaient les sympathies de leurs sujets chrétiens pour leur ennemi séculaire , les Romains. Même après Védit contre VÉglise, promulgué par Sapor la neuvième année de son règne, les persécutions demeurèrent localisées dans les provinces de l'empire.
et réimprimées par le P. Bedjan dans le premier vol. des Acta martyr rum et sanctorum, 1. Zeitschr, der deut, morgenl. Gesell,, t. LI,p. 379, note 2.
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Les actes syriaques des martyrs de la Perse renferment de précieuses données sur l'histoire et la géographie de la Perse à Tépoque des Sassanides^ Les premiers de ces actes relatent le martyre de deux frères, Adourparwa et Mihrnarsé , et de leur sœur Mahdoukt, qui eut lieu dans la montagne de Berain, aux environs de Beit-Slok (aujourd'hui Kerkouk) , la capitale du Beit- Garmai, l'an 9 de Sapor II, en 318 de notre ère. Ces actes ont été rédigés par Rabban Gabriel, un moine du couvent de Beit-Abé, qui vivait dans la seconde moitié du VII* siècle^; ils rapportent de nombreuses légendes qui recouvrent la tradition primitive '.
La dix-huitième année de Sapor, en 327, eut lieu le martyre de Zebina, Lazare, Marout, Narsai, Élia, Mahri, Habib, Saba, Schembaiteh, Yonan et Berikjésu. Suivant les auteurs grecs et latins, ces confesseurs auraient subi le supplice , non pas la dix-huitième année de Sapor, mais la trente-unième année de ce roi, après la promulgation de l'édit contre l'Église. On doit, semble-t-il , s'en tenir à la date indiquée par les actes syriaques; l'autre date a été inspirée par une confusion qui s'est établie plus tard , lorsqu'on a cru que toutes les persécutions en Perse étaient postérieures à cet édit. Ces actes ont pour auteur Isaïe d'Arzoun, fils de Hadabou, un des chevaliers du roi du pays, témoin oculaire des faits*. La scène est l'Arzanène, la frontière septen-
i. Voir sur ce sujet G. Hoffmakh, Auszûge aus syrischen Akten per^ sicher Màrtyrer, Leipzig, 1880.
3. Voir Thomas de Marga, éd. Budge, Londres, 1893, t. II, p. 213.
3. M. Hoffmann a donné une analyse de ces actes dans son livre cité ci-dessus; M. Bedjan a publié le texte syriaque au commencement du II« vol. des Acta mart, et sanctorum; selon l'éditeur, diaprés un ms. de Berlin et des ms. du Vatican. Ces ms. du Vatican ne sont rien autre que le ms. XVIII du Musée Borgia, dont M. Khayyath a donné des extraits, Syri Orientales^ Rome, 1870, p. 164 et 165.
4. Les actes syriaques ont été publiés par Évode Asséuani dans le
trionale des deux empires rivaux ; celte province n'est pas nommée, mais son indication résulte du contexte. Nous n'avons aucune raison pour douter que les actes aient été écrits peu de temps après les événements qu'ils relatent. Ils rappellent de très près, par leur forme littéraire , les actes des martyrs d'Édesse rédigés par Théophile; il est vraisemblable qu'ils datent, comme ceux-ci, du milieu du IV® siècle.
Les actes de Sapor, évéque de Nicator, d'Isaac, évêque de Beit-Slok, de Mané, d'Abraham et de Simon nous ramènent dans le Beit-Garmai * . Le supplice de ces confesseurs est fixé à la trentième année de Sapor correspondant à l'année 339 de notre ère. La rédaction syriaque que nous possédons, semble être sortie d'Édesse ; on y lit en effet que les martyrs reposent maintenant à Édesse dans le nouveau martyrium à l'intérieur de la ville. Mais elle est certainement basée sur des documents anciens ; les chrétiens y sont désignés sous le nom de Nazaréens y comme on les nommait autrefois en Perse. Cependant, en comparant L'histoire de la cille de BeitSlok^^ on trouve de graves contradictions. Dans cette histoire , Tévêque Isaac qui subit le martyre est le prédécesseur de Yohannan, qui assista au concile des 318 évèques, c'est-à-dire au concile de Nicée en 325 ; d'un autre côté , Mané , Abraham et Simon furent confesseurs, non pas sous Sapor II, mais sous Yezdegerd II , la huitième année de ce roi qui correspond à 407 de notre ère. V histoire donne, pour l'époque des martyrs,
premier vol. des Acia sanctorum martyrum^ Rome, 4748, et par le P. Bedjan, d'après Assémani et un ms. de Mossoul, dans le second vol. des Acta mart. etsanctorum, Paris, 1892.
1. Ces actes ont été publiés par Assémâki et par Bedjan, dans les recueils cités ci-dessus.
2. HOESiNGER, Monum, syriaca, II, p. 66; Hoffmann, Auszûge^ p. 48; Bedjan, Acta mart. et sanct,. II, p. 515.
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i32 LES ACTES DES MARTYRS
des détails précis , puisés à des sources anciennes. L'auteur des actes syriaques, s'il a écrit à Edesse après le transfert dans cette ville des reliques des saints, aura confondu les dates des événements. L'anachronisme qui fait de l'évêque Isaac un contemporain de Mané, Abraham et Simon, s'explique parce qu'il y eut un prêtre Isaac qui fut supplicié avec ces martyrs , et parce que l'exécution eut lieu dans le même endroit, dans la ville de Kénar du district de Nicator.
L'histoire de Beit^Slok nous fait connaître d'autres martyrs de cette ville. C'est d'abord l'évêque Mana, le prédécesseur d'Isaac , qui fut persécuté à l'instigation des Manichéens et mis à mort avec les chrétiens de la ville. L'église fut détruite et la persécution atteignit ' même les religieuses qui reçurent le supplice hors de la ville , à un endroit appelé Hora. Cette histoire ne donne pas les noms des saintes femmes, mais ces noms ont été conservés par un autre document syriaque ^ ; elles s'appelaient : Tékla, Danak, Taton, Mama, Mezakia et Anna. Les autres persécutions mentionnées par cette histoire eurent lieu au siècle suivant ; nous les laisserons momentanément de côté , pour continuer la série des documents de IV® siècle.
La grande persécution de Sapor qui dura, avec de courtes interruptions , trente-neuf ans , de 340 à 379 , ne commença effectivement qu'une année après la promulgation de l'édit de 340 contre les chrétiens 2. Le récit de cette persécution a été écrit par Marouta , évêque de Maipherkat , qui vivait à la fin du IV® s. et au commencement du V®. Cet évêque avait tme grande culture littéraire et était un médecin distingué. Il fut envoyé,
1. ÉvoDE AssÉMANi, Acta s, martyrum, I, p. 100; Bedjan, Acla mart. et sanct., II, p. 288.
2. NoELDEKE, Geschichte der Perser.., aus Tabariy Leide, 1879, p. 411.
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à deux reprises différentes , comme ambassadeur auprès de Yezdegerd I", par Arcadius et Théodose II; grâce à l'intercession de cet évêque , la paix fut rendue à l'Église par le roi de Perse *. II est douteux que Marouta ait écrit aussi l'histoire des martyrs de la persécution de Bahram V et de Yezdegerd II ; ce dernier avait été vraisemblablement précédé dans la tombe par l'évêque de Maipherkat.
Suivant une notice d'Amr *, Ahai , qui fut patriarche en 418 , serait également l'auteur d'une histoire de la persécution de Sapor , mais nous ignorons si quelque partie de cette histoire s'est conservée , ou si toutes les vies des martyrs sont de la plume de Marouta. En tous cas, c'est le recueil de l'évêque de Maipherkat que renferment les ms. dont Évode Assémani s'est servi pour le premier volume de sa publication, et le P. Bedjan pour le second volume de ses Acta martyrum.
En tête de son recueil , Marouta a écrit deux homélies sur les martyrs de la Perse , qui comptent parmi les meilleurs morceaux de la littérature apologétique ^.
C'est le patriarche Siméon bar Sabbâé qui inaugura la série des martyrs, la trente-deuxième année de Sapor, en l'an 341 ^. Les poursuites furent motivées par le refus du patriarche de percevoir le double impôt de
i. Barhebrjsus, Chron, eccl.y II, p. 45.
2. Éd. GisMONDi, p. 26; comp. Assémami, B, 0., III, pars II, p. 389.
3. Ces deux homélies se trouvent dans Bedjan, Acta mart., II, p. 57 et fiui?.; l'édilion d'AssÉMANi ne renferme que la plus courte.
4. A cette époque Siméon était patriarctie depuis treize ans suivant BARHEBn.Eus, Chron, eccL, II, p. 35; depuis dix-huit ans suivant Mari et Amr, éd. Gismondi, pars prior^ p. 18; pars altéra^ p. 19. Amr fixe à tort la mort de Siméon à l'année 655 des Séleucides , ou 344 de notre ère. Siméon écrivit, suivant le catalogue d*Ébedjésu, des lettres qui ne nous sont pas parvenues. Une de ses hymnes a été publié par Overbeck, S. Ephrœmi... opéra selecta, Oxford, 1865, p. 424. Il existe à Berlin, Coll, Sacfiau, n» 108, un ms. contenant Le livre des Pères^ attribué à Siméon bar Sabbâé.
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capitation que le roi avait édicté contre les chrétiens, à l'instigation des Juifs qui jouissaient de la faveur de la reine mère. Marouta se fait Técho d'une accusation contre les Juifs, que l'on trouve répétée dans différents actes des martyrs de la Perse, mais qui peut n'être pas fondée. Quant à la reine mère, qui s'appelait Éphra Hormiz, elle était en effet favorable aux Juifs et avait une grande influence sur le roi , son fils , comme nous le savons par le Talmud *.
Les églises sont détruites de fond en comble et Siméon est dirigé avec quelques prêtres vers Karka de Lédan en Susiane où le roi résidait à ce moment là. On conduit également devant Sapor plusieurs évoques : Gadyab et Sabina, évêques de Beit-Lapat, Yohannan, d'Hormizd-Ardaschir, Bolida, évêque de Forath, Yohannan, évêque de Karka de Maisan, ainsi que quatre-vingt-dix-sept prêtres et diacres. Ces nombreuses victimes eurent la tête tranchée-; leur supplice avait été précédé, la veille (le 13 de nisan, le jeudi de la semaine sainte] , de celui de Gouschtazad , le chef des eunuques du roi, qui s'était converti et avait confessé publiquement le Christ. Les chrétiens de Karka de Lédan ne furent pas inquiétés , parce que la ville , nouvellement construite, ne payait pas d'impôt. Marouta déclare qu'il a rédigé ces actes d'après les récits beaucoup plus détaillés d'écrivains antérieurs.
Ces actes sont suivis du récit de l'exécution , qui eut lieu le lendemain, de Possi, le chef des artisans qui avait excité les confesseurs à la fermeté ; puis, du martyre de la fille de Possi , qui avait embrassé la vie re-
1. Voir NcELDEKE, Geschichte der Perser..* ans Tabari, Leide, 1879, p. 52 et 68, notes.
2. Suivant le Breviarium Chaldaicum, éd. Bedjan, Paris, 1886, t. III, p. 133, les reliques de Siméon bar Sabbûé furent déposées à Suse.
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ligieuse; son martyre prit place le surlendemain, jour de Pâques.
La persécution ne s'arrêta pas là , mais continua les jours suivants avec violence. Nous avons sur ce sujet le témoignage de deux documents qui diffèrent sur quelques points, mais qui concordent pour Tensemble^ Suivant ces documents, le massacre des chrétiens transportés en Susiane dura sans interruption pendant dix jours, depuis le jeudi saint jusqu'au dimanche de la seconde semaine de Pâques (dimanche de Quasi-^ modo). Les noms des victimes ne se sont pas conservés parce que la plupart de celles-ci étaient amenées de provinces éloignées et étaient inconnues en Susiane ; on cite : Amria et Mekima , évêques de Beit-Lapat , et le prêtre Hormizd, de Schouster. La fête commémorative de ces confesseurs avait lieu durant trois jours , le vendredi et le samedi de la permière semaine de Pâques , et le dimanche de la seconde semaine de Pâques.
Parmi les victimes de ces hécatombes on retrouva le corps d'Azad, Teunuque chéri du roi, qui, entraîné par son zèle de prosélyte, avait été se placer sous le glaive des bourreaux. Le roi éprouva un profond chagrin de la mort de ce serviteur et il ordonna qu'à l'avenir on agît avec moins de précipitation. On devait au préalable inscrire les noms des chrétiens , de leurs parents, et de leur lieu d'habitation; puis procéder à un interrogatoire. Cet ordre parut le dimanche de la seconde semaine de Pâques : « Alors, ajoute le pre-
1. Publiés dans les Acta mart, du P. Bedjan, t. II, p. 2H et 2tô; rédilion romaine ne contient que le second document. Le premier document date la persécution de l'an 31 de Sapor, qui est en réalité l'annéo de la promulgation de l'édit contre rÉglise; le second document indique plus exactement l'an 32. Le second document porte, par erreur, la semaine de la Pentecôte au lieu de la semaine de Pâques.
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mier docament , le carnage cessa et il y eut un court répit. »
Au mois de mai suivant, on rapporte le martyre des deux sœurs de Siméon bar Sabbâé, dont Tune s'appelait Tarbo , et de leur servante ; toutes trois s'étaient consacrées à la vie religieuse.
Les actes de Tarbo et ses compagnes sont suivis de ceux de Miles, évêque de Suse, couronné le 13 novembre de la même année. Les actes de Miles offrent un intérêt particulier parce qu'ils renferment un récit ancien des dissensions qui survinrent entre le patriarche Papas et son clergé et auxquelles l'évêque de Suse prit part. Ce récit diffère sur plusieurs points de celui de Barhebraeus^
La seconde année de la persécution de Sapor est inaugurée par le martyre de Schahdost, le successeur de Siméon bar Sabbâé sur le siège patriarcal de Séleucie. Le patriarche est arrêté avec cent vingt-huit membres du clergé, prêtres, diacres, moines et religieuses. 11 eut la tête tranchée , ainsi que la plupart des autres prisonniers, le 20 février 342 ^.
Barbaschemin, le successeur de Schahdost, n'eut pas un sort différent. Il est martyrisé avec des prêtres, des diacres et des moines, au nombre de dix-sept, le 9 janvier 346. Le siège patriarcal de Séleucie et Ctésiphon,
4. Chron. eccl.^ II, p. 29-31; comp.Marl,éd . Gismondi, par«pr«>r, p. 8; Amr, ibid.f pars altéra, p. 15, omet le récit de Mari. On possède sur ce su- Jet la correspondance de Papas (peut-être apocryphe) dans un ms. du Musée Borgia,K. VI, vol. 4; comparer Gersot, Les manuscrits orient, au Musée Borgia, dans la Zeitschr. fur Assyriologie, t. IX, p. 370. M. Braun a donné une traduction allemande de cette correspondance dans la Zeitschr. fur Katkol. Théologie^ 1894. Suivant le catalogue d'Ébedjésu, Miles composa des lettres et des sermons dont il ne nous est rien parvenu.
2. Ses actes ont été publiés par Év. Assémani et P. Bedjàn dans les collections indiquées plus haut. Amr et Barhebraeus rapportent ce martyre avec quelques variantes.
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ajoutent les actes de ce martyr S demeura alors vacant pendant vingt ans environ par crainte du tyran. Ce témoignage a de l'importance en raison de l'incertitude qui règne sur ces temps et du désaccord des historiens. Amr, Elias de Nisibe et Barhebraeus ont des récits différents concernant la vacance du siège patriarcal.
La recueil de Marouta renferme encore des actes des martyrs de la Susiane et du Fars pendant les années 342 et 344. Dans le Beit-Garmai eut lieu le martyre de Narsès, évoque de Scliargerd , l'ancien siège métropolitain de la province. Cet évoque fut couronné avec son disciple Joseph, le 10 novembre 344, pendant que le roi Sapor se trouvait dans la ville de Schargerd.
A cette époque, Arbèle et l'Adiabène devinrent la principale scène des persécutions contre les chrétiens. Les persécutions y durèrent, d'une manière presque continue, de 344 à 376; elles sont relatées dans les actes de Jean 2, évoque d' Arbèle, martyrisé avec le prêtre Jacques le premier novembre 344 ; d'Abraham , le successeur de Jean, qui eut la tête tranchée le cinq février 345; de Hananya, un laïc, qui fut martyrisé à Arbèle le 12 décembre 346 ^ ; du prêtre Jacques et de la religieuse Maryam, sa sœur, qui étaient du village de Telia Schelila, le 17 mars 347; de la religieuse Técla et de quatre autres religieuses, ses compagnes, le 6 juin 347 ; de Barhadbeschaba , diacre d'Arbèle , le 20 juillet 355 ; d'Aitallaha et de Hafsai* , le 16 décembre 355.
Mais l'événement qui eut le plus de retentissement