‹ La littérature SyriaqueChapitre 54 sur 214 · SUR LES MARTYRS · texte numérisé non relu

SUR LES MARTYRS

étaient demeurés dans le Yémen. La ville prise, le roi juif fait brûler l'église et mettre à mort les chrétiens qui ne consentiront pas à nier que le Christ est Dieu, Les hommes subissent le martyre les premiers ; un certain nombre s'échappe et s'enfuit dans la montagne. Les femmes demeurent également inébranlables dans leur foi et reçoivent le supplice avec enthousiasme. Une dame noble du nom de Dauma [var, Rômé), se distingue entre toutes par son exaltation; elle court avec ses filles au-devant du supplice et outrage le roi qui , frappé de sa beauté , voulait la sauver.

« Tel était, ajoute Siméon, le contenu de la lettre que reçut Mondhir, le roi de Hira , lorsque nous arrivâmes près de lui avec le prêtre Abraham , dont nous avons parlé plus haut, et Sergis [^ar, George) , évoque de Kesafa. »

Revenu à Hira, Siméon apprend de nouveaux épisodes de cette persécution, que la lettre du roi juif ne mentionnait pas. Un messager, envoyé aux informations par des députés de l'ancien roi himyarite qui se trouvaient à Hira , rapporte en effet des nouvelles de la ville de Nedjran. Aussitôt la ville prise, les principaux personnages au nombre de trois cent quarante , avaient été amenés devant le roi juif; à leur tête était Harith (Arétas), qui confessa le Christ avec courage et engagea ses compagnons à suivre son exemple. Un autre fait, omis dans la lettre du roi juif, c'était la confession d'un enfant de trois ans qui voulait mourir avec sa mère plutôt que de renier le Christ ; c'était aussi l'outrage que le roi juif reçut de la plus jeune fille de Dauma, lorsqu'il sollicita la noble dame d'apostasier.

Siméon, en terminant sa lettre, appelle les prières des évéques de sa confession (monophysite) sur les

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chrétiens himyarites et exprime l'espoir que les évoques de la confession de l'empereur agiront auprès de celui-ci, pour qu'il mette fin aux intrigues des Juifs do Tibériade contre les chrétiens.

La lettre de Tévêque de Beit-Arscham a été publiée, pour la première fois, par Assémani ^ qui la prit de la partie de la chronique de Pseudo-Denys de Tellmahré tirée de l'histoire de Jean d'Asie. Cette lettre est également insérée dans la compilation syriaque de Thistoire de Zacharie et elle a été imprimée d'après cette source, dans le tome X de la Script, çeterum nova collectio de Mai et dans le tome III, p. 235, des Anecdota syriaca de M. Land. Le texte de la chronique de Denys diffère peu de celui de l'histoire de Zacharie ; c'est une recension abrégée du document original , probablement faite par Jean d'Asie^. M. Guidi, dont les recherches dans le domaine syriaque sont si fructueuses, a retrouvé, dans un ms. du musée Borgia et dans deux ms. du Musée britannique, le texte primitif, plus complet, qu'il a publié dans les mémoires de ISiReale Accademia dei Lincei^ en 1881 , sous le titre de La lettera di Simeone çescovo di Beith-Arscham sopra i martiri Omeriti^,

La persécution de Dhou-Nowas et le martyre d'Arétas forment la première partie du Martyrium Aretse qui est conservé en grec*. M. Guidi remarque que le texte original de la lettre de Siméon confirme les con-

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