‹ La littérature SyriaqueChapitre 56 sur 214 · SUR LES MARTYRS · texte numérisé non relu

SUR LES MARTYRS

jectures que le P. Carpentier avait faites sur l'âge et la composition du Martijrium Aretœ* La première partie de ce document a été écrite en syriaque par Sergis (ou George?), évêque de Resafa, qui se trouvait avec Siméon et Abraham auprès de Mondhir lorsque la lettre de Dhou-Nowas fut remise à celui-ci. Le syriaque a été ensuite traduit en grec, et on ajouta à la version grecque le récit de l'expédition d'Éla-Asbeha.

On a beaucoup discuté sur la lettre de Siméon de Beit-Arscham et sur son authenticité. Les premiers travaux sur cette question, deBlau, de Praetorius et de Mordtmann, ont paru dans la Zeitschr, der deut. morgenl. Gesellsch., t. XXIII, 560; XXIV, 624; XXV, 260 ; XXXI, 66, (comp. Nœldeke, Tabari^ 185, note 1 ; Guidi, La lettera di Simeone), M. Halévy, dans la Revue des Études juwes, t. XVIII, 16-42 et 161-178, a étudié à nouveau cette lettre et les documents qui s'y rattachent ; il conclut en s'appuyant sur des arguments assez probants , que la lettre de Siméon est apocryphe et qu'elle a été composée à la fin du règne de Justinien. En outre M. Halévy cherche à disculper les Juifs de l'accusation d'être les auteurs de la persécution qu'il impute à des Ariens. M. Duchesne [Revue des Etudes juives y t. XX, p. 220) ne fait pas d'objection à la thèse de M. Halévy en ce qui concerne le caractère apocryphe de la lettre , mais il accepte comme véridique la tradition relative au massacre des chrétiens de Nedjran par les Juifs; comp. Halévy, ibid,^ t. XXI, p. 73 etsuiv.^

Il existe deux autres documents syriaques sur les persécutions des chrétiens himyarites. Le premier est

i. Voir aussi : Fell, Zeitschr, der deut. morg, Gesell., t. XXXV, p. 1 et suiv. ; EsTEVES Pereira, Historia dos Martyres de Nagran, Lisbonne, iS'ji).

une lettre de condoléance adressée à ces chrétiens pap Jacques de Saroug et qui a été publiée par M. Schrœter*. Jacques étant mort en 521, l'éditeur plaçait la composition de la lettre en 520, quelques années avant le martyre d'Arétas. Mais M. Guidi fait remarquer avec justesse que, en 520, un roi chrétien régnait à Nedjran; la lettre de Jacques se rapporte à la première persécution de Dhou-Nowas, qui prit fin en 519 après la fuite de celui-ci.

Le second document est une hymne de Jean Psaltès, abbé du couvent de Jean bar Aphtonia ou de Kennesré, lequel vivait dans la première moitié du VI® siècle et était monophysite. Cette hymne fait partie d'une collection d'hymnes grecques qui ont été traduites en syriaque par Paul d'Édesse pendant son séjour en Chypre et revisées par Jacques d'Édesse (?). Elle se rapporte à la persécution dans laquelle Arétas périt ^. Les autres textes syriaques relatifs à différents martyrs offrent un intérêt moindre; ce sont, pour la plupart, des traductions d'actes grecs.

La version syriaque de l'histoire des martyrs de la Palestine par Eusèbe a été publiée par Évode Assémani dans le deuxième volume des Acta sanct, mar^ tyrum. Une autre recension, dans un ms. du Musée britannique, a été éditée par Cureton à Londres en 1861, et réimprimée par le P. Bedjan dans les Acta martyrum ^ I, p. 202. M. Bruno Violet a donné une traduction allemande de cette recension avec une étude des différents textes de l'œuvre d'Eusèbe sur les martyrs de la Palestine dans les Texte und Untersuchun-

1. Zeitschr, der deut. morg. Gesell.^ l. XXXI, p. 360 et suiv.

2. Publiée également par M. Sciiroeter, loc. cit. (dans la note précédente), p. 400. La suscripiion de celte liymne qui mentionne i'étliiopion Masrouq au lieu de Dhou-Nowas est une addition postérieure, r^oELDEKE, Taharif 185, note i.

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gen de Gobhardt et Harnack, t. XIV, 4Mivraison; la seconde partie de ce travail a été imprimée à part comme thèse de doctorat, Ueber die Palœstînischen Martyrer^ Leipzig, 1896. Le panégyrique d'Eusèbe sur les martyrs chrétiens qui se trouve dans le même manuscrit syriaque du Musée britannique, a paru par les soins de Wright, dans le Journal ofsacred litera^ ttirey 4® série, vol. V, p. 403; M. Cowper en a donné une traduction dans le môme périodique, t. VI, p. 129*.

Le P. Bedjan a publié la version syriaque des actes des quarante martyrs de Sébaste dans le troisième volume des Acta martyruiriy p. 355, et Thomélie de Jacques de Saroug sur ces martyrs dans le sixième volume, p. 662. L*homélie de saint Éphrem sur le même sujet a été éditée par M. Lamy, Sancti Ephrseîni syri hymni et sermones^ III, 936.

Les Acta martyrum du P. Bedjan renferment encore des versions syriaques de différents actes grecs de martyrs. On trouve dans le tome VI, p. 650, l'homélie de Jacques de Saroug sur les martyrs Serge et Bacchus, dont les actes sont imprimés dans le tome III, p. 283.

Parmi les documents qui appartiennent au domaine de la fiction plutôt qu'à l'histoire, nous citerons les actes de saint George, martyrisé par un roi perse du nom de Dadyané^; de sainte Sophie (la sagesse) et de ses trois filles, Pistis, Elpis et Agapé (la foi, l'espérance et la charité), martyrisées par Hadrien ^; de sainte Fcbronie, au temps de Dioclétien^; de saint Paphnuce et de ses compagnons, à la môme époque ^.

1. Sur ces écrits d'Eusèbe, voir P. Batiffol, La Littérature grecque, p. 203-206.

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