‹ La littérature SyriaqueChapitre 60 sur 214 · Bedjan, Acta marL, t. VI, p · texte numérisé non relu

Bedjan, Acta marL, t. VI, p

2. Dans la préface du tome IV des Acta mart.; le P. Bedjan a donné dans ce volume, p. S07 et suiv., d'après le ms. Add. 14484 du Musée britannique, une édition des actes de S. Siméon, plus correcte et plus complète que celle d'ÉvooE Assémani, Acta sanct, mart., Il, 268 et suiv.

3. Publiée à la suite des actes de Siméon par J. Assémani, Bibl, orient., I, 237; Év. Assémani, Acta sanct. mart., Il, p. 391; Bedjan, Acta mart., IV, p. 64*.

4. Acta sanct. mart.,l\, p. 230; réimprimée dans Bf.djan, Acta mart., IV, p. 650. Gomme il arrive souvent pour les homélies de Jacques de Saroug, une seconde recension de cette homélie beaucoup plus longue existe dans le ms. add. 17159 du Musée britannique, voir Bedjan, préface du tome IV de ses Acta mart., p. XIV.

La ne de Rabboula, évêque d'Édesse^ un des meilleurs morceaux du genre que nous connaissions \ a été écrite peu de temps après la mort du saint évêque par un des clercs de Tévêché. Cette- vie donne un portrait ressemblant du personnage, qu'elle représente avec des traits fortement accentués de son caractère d'abnégation, de charité et de dévouement. Rabboula avait pratiqué la vie monastique et ascétique avant de devenir évêque et il continua de s'imposer les mêmes privations et les mêmes mortiGcations lorsqu'il fut appelé à la direction de l'Eglise d'Édesse. Nous reviendrons sur ce Père dans notre seconde partie, en parlant des écrivains syriaques du IV® siècle.

L'ascétisme rigoureux , dont Rabboula fut le modèle à Édesse , semble avoir été personnifié sous une forme vivante par la légende syriaque de L'homme de Dieu qui eut un grand retentissement aussi bien en Occident qu'en Orient. Cette légende, qui se forma à Edesse peu de temps après la mort de Rabboula^, raconte qu'un patricien romain, qui est désigné sous le nom de L'homme de Dieu, quitta, le soir même de ses noces, son épouse et ses parents et se rendit de Rome à Édesse, od il vécut d'aumônes, passant ses jours et ses nuits d%ns la prière ; il se contentait d'un peu de pain et de légumes et donnait aux autres mendiants le surplus de ce qu'il recevait. Ce saint mourut à l'hôpital. Aussitôt après sa mort, le sacristain de la cathédrale d'Édesse, qui avait été témoin de sa piété exemplaire , alla rapporter à Rabboula ce qu'il avait vu et entendu de

i. Publiée par OvERnF.CK, S. Ephrœmi syri^ Rabulœ episcopi.,. opéra selecta, p. 100; réiniprimoe dans Bedjan, Acta nrart., IV, 390; traduite en allemand par Bickell dans la Bihliothek der Kirehenvseter de Tall- HoFERi n~ 102-10»; comp. Lagrange, La science catholique^ 1888, p. 624.

2. Amiaud, La légende syriaque de saint Alexis, l'homme de Dieu, Paris, 1889, 79* fascicule de la Dibliotliéque de l'École des hautes études.

l'homme de Dieu. L'évêque veut se faire remettre le corps du saint , mais il avait déjà été enterré et quand on ouvrit sa tombe , on ne trouva plus que les haillons qui l'avaient vêtu. Telle est cette légende dans sa forme syriaque. Plus tard elle devint l'histoire de saint Alexis dans une rédaction nouvelle, qui montre le saint ressuscité , de retour à Rome chez ses parents , où il vécut avec les esclaves jusqu'à sa seconde mort. C'est alors seulement qu'il fut reconnu des siens.

Les actes syriaques de sainte Pélagie, une comédienne d'Antioche, qui aurait été convertie par Nonnus, le second successeur de Rabboula sur le siège épiscopal d'Édesse, ne sont pas, selon Gildemeister^ , un document original, mais une rédaction amplifiée des actes grecs de la sainte.

Les vies des saints de l'Église jacobite de la fin du V® siècle et du VI® siècle sont une des meilleures sources de l'histoire concernant l'introduction du monophysisme en Syrie, et du commerce actif qui s'établit à cette époque entre Antioche et Alexandrie. La plus importante collection de ces vies est celle qui a été écrite par Jean d'Asie quand il était moine au couvent de Mar Yohannan à Amid , sous le titre de Histoires concernant les vies des Bienheureux orientaux. Tous les saints dont Jean écrivit l'histoire, religieux et religieuses, étaient des monophy sites et des contemporains de l'auteur. On trouvera la liste de leurs noms dans le second volume des Anecdota syriaca de M. Land, p. 32-34 de l'introduction ; le texte syriaque est imprimé dans le même volume, p. 2-288, d'après le ms. Add. 14647 du Musée britannique. Parmi ces noms figurent Siméon, évêque de Beit-Arscham , dont la confession

i. Acta s. Pelagise syriace, éd. Gildemeister, Bonn, 1879; réimprimés dans les Acia mari, de Bedjan, VI, 616. '

monophysite ne fait plus de doute aujourd'hui; Jacques Baradée, l'apôtre de cette confession en Syrie, qui a donné son nom à la secte des Jacobites; Jean de Telia; les patriarches envoyés en exil, Sévère, Théodose, Anthime, Serge et Paul. Cet ouvrage biographique de Jean d'Asie est suivi, dans l'édition de M. Land,de plusieurs suppléments empruntés à d'autres ms. du Musée britaniiique , de l'histoire de la vierge Suzanne, de Marie, de Malchus, et d'une vie de Jacques Baradée, plus développée que celle de la biographie. Cette seconde vie de Jacques Baradée est aussi attribuée à Jean d'Asie, mais M. Kleyn, à qui l'on doit une excellente étude sur Jacques Baradée et son œuvre apostolique ^ , a montré 2 qu'elle était d'un auteur différent.

On doit encore à M. Kleyn ^ la connaissance d'une vie de Jean de Telia , écrite par Elias , un des compagnons de l'ardent prédicateur monophysite , et qui est différente de celle que Jean d'Asie nous a laissée.

La vie de Pierre l'Ibère, évéque de Mayouma près de Gaza, conservée dans la traduction syriaque d'un original grec perdu ^, présente un intérêt multiple : elle contient quelques notices nouvelles sur les rois et les reines des Ibères et sur leur conversion au christianisme ; des données précises sur diverses localités de la I^alestine et de l'Arabie transjordanique ; et quelques aperçus sur l'histoire de l'Église d'Alexandrie , Pierre l'Ibère ayant pris part à la consécration du patriarche d'Alexandrie , Timothée iElure. La grande réputation

1. Jacobus Baradœus, de Stichter der syrische Monophysietische Kerky Leide, 188-2.

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