LES ORIGINES
On a cru pouvoir remonter plus haut et rattacher les origines de la littérature syriaque à la science chaldéenne. « On ne peut douter, écrivait Renan dans son Histoire des langues sémitiques (4® éd., p. 259), que, de très bonne heure , il ne se soit formé une littérature chrétienne en langue syriaque. Ce serait toutefois une confusion que de rattacher immédiatement cette littérature aux premiers écrits du christianisme , qu'on peut supposer avoir été composés en syro-chaldaïque^ ; car, malgré la grande analogie du syriaque et de la langue parlée en Palestine à Tépoque du Christ, on ne voit pas le lien qui unirait la première littérature de Judée au développement que Ton appelle syriaquCy lequel se produit au IV® siècle ^, non dans la Syrie proprement dite, mais en Mésopotamie. C'est un fait singulier, il faut l'avouer, qu'une littérature apparaissant ainsi sans antécédents, et sans qu'aucune tradition nous ait été conservée d'une culture nationale antérieure ; mais la surprise que nous cause cette brusque apparition n'est qu'un effet de l'ignorance où nous sommes sur les anciennes études araméennes. On a établi ci-dessus que la Chaldée avait possédé une littérature païenne et indigène antérieure au christianisme. La Syrie proprement dite et le nord de la Mésopotamie ne paraissent pas , il est vrai, avoir participé d'une manière efficace au mouvement des études chaldéennes ; mais on ne peut croire qu'elles y soient restées tout à fait étrangères. Il est remarquable que les plus anciens écrivains dont les noms sont venus jusqu'à nous étaient tous des Chaldéens vivant sous la domination des Sassanides. L'idée d'écrire en langue araméenne sur les choses chrétiennes sera venue naturelle-