La liturgie dominicaine
Tous les élus du ciel sont saints. Cette multitude immense que saint Jean contempla devant le trône de Dieu, de toutes les races, de toutes les nations, de toutes les langues, cette multitude qui formera éternellement la Cour de l’Auguste Trinité est une multitude de Saints. Nul ne peut voir Dieu sans être saint, c’est-à-dire sans avoir la ressemblance parfaite, chacun selon son degré, avec l'Auguste Trinité.
Mais, parmi cette foule innombrable des élus, il y a ceux que, selon les desseins de sa Providence, Dieu a voulu glorifier devant l'Eglise d’une façon spéciale, les saints officiels, qui furent suscités à travers les siècles pour le service et l'exemple de l'Eglise. Ces saints officiels, Dieu les marque authentiquement comme son œuvre à lui par des.vertus extraordinaires, des actes d’héroïsme merveilleux, et il signe leur sainteté par les miracles qu’il leur donne le pouvoir d'opérer.
Encore faut-il que ces vertus, ces actes d’hé-: roïsme, ces miracles soient contrôlés et authen-
tiqués rigoureusement par l'Eglise.
Seule, agissant au nom et en la vérité de Dieu, l'Eglise a le droit de déclarer que tel personnage est vraiment saint. [l ne suffit pas d’un extérieur de sainteté, d’un engouement des
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foules, de récits miraculeux, l'Eglise, qui parle au nom de Dieu, qui a le souci de la foi et de l’honneur de Dieu, cite à son tribunal, ceux que l’on dit Saints. Elle enquête, elle juge, elle discute, elle exige des preuves indubitables. Bien plus, elle a la hardiesse de réclamer de ces personnages, non plus de leur vivant, mais après leur mort des preuves de sainteté, des miracles. Si Dieu veut les glorifier, qu’il le dise ! Et Dieu le dit par des prodiges qui dépassent les forces de la nature. C’est sa manière à lui de parler. Et l'Eglise, très soupçonneuse, difficile à se rendre, veut l'évidence de ces prodiges. Elle ne les accepte qu'après les plus strictes recherches. Son crible est excessivement fin, et ne reste comme miracle, malgré tous les témoignages, que celui qui a toute certitude et toute gravité. Il n’est pas commode d’être saint, après sa mort.
Naturellement, cette procédure de l'Eglise s’est élaborée, précisée avec le temps. Au commencement, le seul fait d’avoir subi le martyre pour le Christ, était suffisant. L'Eglise estimait à bon droit que Ce témoignage du sang était une preuve certaine d'amour de Dieu. Mais encore faisait-elle la part des circonstances du martyre. Elle surveillait l'attitude, les paroles, quelquefois les origines, afin d'éviter toute surprise fâcheuse. Un vrai martyr avait immédiatement son brevet de sainteté. On chercherait en vain les procès de canonisation de Cécile, de Sébastien et de milliers d’autres martyrs. Dès le premier jour, l'Eglise les honora et offrit sur leur tombeau le sacrifice du Grand Martyr de la croix.
Puis vinrent les hommes illustres par leur doctrine et leur vertu, après la paix de Constantin. Ceux-là, pendant cinq cents ans au