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LA CANONISATION DES SAINTS VII

moins, furent canonisés par la voix du peuple. De Silvestre à Léon II, c’est le peuple qui fait les saints, ou plutôt qui les présente à l'Eglise comme tels, et celle-ci les accepte. Quand- les peuples se trouvaient en face d’un Augustin, d’un Chrysostome, d’un Basile, d'un Ambroise, d’un Jérôme, d’un Benoît ou d’un Grégoire le Grand ; quand ils voyaient ces hommes pleins de FEsprit de Dieu suivre en tout les préceptes évangéliques, donner des exemples d’une charité héroïque et commander en maîtres, comme Dieu luimême, aux forces de la nature, ils disaient, sans crainte d'erreur : C’est un saint, un martyr. On recueillait ses restes comme les restes d’un martyr ; on s’agenouillait devant eux comme devant les restes d’un martyr. Vox populi, Vox Dei.

Voix du peuple, Voix de Dieu. Le peuple raisonnait comme l’aveugle-né, guéri par le Christ : Si cet homme est saint ou pécheur, je n’en sais rien ; Ce que je sais, c’est qu'il m'a guéri et ce que je sais encore, c’est que Dieu n’écoute pas les pécheurs.

Logique du bon sens.

.Il arriva cependant un moment où le peuple n'y regarda plus d'assez près et fut porté à décerner les honneurs de la sainteté à des personnages qui ne les méritaient pas. Il y avait là un grave danger pour l’honneur de Dieu et de l'Eglise, que la vigilance des évêques ne suftisait pas à parer. ‘À maintes reprises, cette vigilance leur est rappelée par les conciles, celui de Francfort, en particulier, dès 794. Charlemagne luimême intervient pour réserver aux évêques, en 805, tout droit de discussion et de JRECRER sur les titres de sainteté.

A cette époque, apparaît la première action

du Saint-Siège, action directe qui va s'affirmer de plus en plus. Switbert, évêque de Ferden, est placé sur les autels par le Pape Léon HI. Mais ce droit ne lui est pas encore. exclusivement réservé. Plus d’un siècle après, Jean XV, à Rome même, réunit les cardinaux au palais du Latran et proclame officiellement la sainteté de l’évêque Udalric. Peu à peu les Papes affirment leur volonté et ils font bien. On commence par leurs ordres de sérieuses enquêtes, comme Célestin HI à propos de saint Ubald. Avec lui nous sommes à la fin du XII° siècle. Ses successeurs, Innocent IE, Honorius IIT, au XIII°, exigent des dépositions.sous la foi du serment. Avec Grégoire IX, pour François d'Assise, Dominique de Gusman, Elisabeth de Hongrie, Antoine de Padoue, les témoins de leur vie doivent déposer en personne devant un tribunal constitué par ordre pontifical. Mais aucun lieu nest réservé pour la canonisation, aucune solennité liturgique n’est introduite, c’est le décret qui est tout. François est canonisé à Pérouse (1228), Antoine à Spolète (1232), Dominique, à Rieti (1234). Le Pape ne se dérange pas. Là où il se trouve, il rédige et publie la bulle:

Innocent IV fait de même. Il canonise à Lyon, Edme de Cantorbéry, à Pérouse, Pierre de Vérone, à Assise, Stanislas de Cracovie. Pour ce dernier, il y a une innovation, qui indique la marche en avant des fêtes de canonisation. Le Pontife ‘lit le décret pendant la messe solennelle, du haut de l’ambon. La fête devient liturgique. Plus les Papes affirment leur droit exclusif à canoniser les Saints, plus les cérémonies deviennent pompeuses, plus aussi l’idée se répand que ces cérémonies doivent avoir lieu dans la Ville

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