LXXX VII 18 OCTOBRE
Saint Luc, Evangéliste.
MESSE : /n medio, p. [14], sauf ce qui suit :
Oraison : « Seigneur, faites que saint Luc, votre Evangéliste, qui a porté continuellement dans son corps la mortification de la croix pour l’amour de votre nom, intercède pour nous ».
Epiître de saint Paul aux Corinthiens, II, c. 8.
« Frères, grâces soient rendues à Dieu qui a mis le même zèle à votre égard dans le cœur de Tite. Il a recueilli ma prière. Bien plus! Son zèle pour vous fut si ardent, qu’il partit spontanément pour vous voir. Nous envoyons avec lui ce frère dont toutes les églises font l'éloge relativement à l’évangile. De plus, il a été choisi par les églises pour être notre compagnon de voyage, dans cette œuvre de charité à laquelle nous nous consacrons pour la gloire du Seigneur et pour l’accomplissement de notre désir.
Notre souci est d'éviter que personne ne puisse avoir à notre endroit le moindre soupéon dans cette grande collecte dont nous avons assumé l’entreprise. Nous nous inquiétons de ce qui est bien aux yeux des hommes comme
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au regard de Dieu. Nous leur avons adjoint notre frère, dont nous avons éprouvé le zèle en maintes circonstances, et qui, dans le cas présent, témoigne d’un zèle encore plus vif. Notre confiance en vous est grande (pour que vous les receviez aimablement), soit à cause de Tite, qui est mon compagnon et mon collaborateur, soît à cause de nos frères, les Apôtres des églises, la gloire du Christ.
Donnez-leur donc, à la face des églises, la preuve de .votre charité, et justifiez la façon dont nous nous sommes glorifiés près d’eux à votre sujet. »
Ce « Frère » dont parle saint Paul et qu'il envoie aux Corinthiens en leur rappelant son titre glorieux dans toutes les Eglises, c’est le bienheureux évangéliste saint Luc. Paul semble signer lui-même cet Evangile qui est l’honneur de Luc, en disant que Luc est devenu son compagnon, son collaborateur. L’évangile de Luc peut bien appartenir par certains côtés à saint Paul. Le grand apôtre connaissant la valeur littéraire de Luc, l'ayant à ses côtés pendant plusieurs années, a pu lui demander d'écrire pour les païens le récit des. actes du Sauveur comme il écrivit, depuis, le récit des Actes des Apôtres. Luc, dit-on, était d’Antioche. II avait une instruction particulière et faisait fonction de médecin. La langue grecque lui était usuelle et c’est dans cette langue qu’il composa son Evangile, non pas d’après ce qu’il avait vu et entendu lui-même — car on doute qu’il ait connu Notre-Seigneur — mais selon les récits des témoins oculaires et du premier de tous, la très sainte Vierge Marie, qu’il interrogea sur elle-même, sur les circonstances de l'enfance de Jésus et toute la suite de sa vie et de sa mort. Luc le laisse entendre clairement dans son récit de l'Enfance de Jésus. C'est ainsi que l’on peut dire en toute vérité qu’il fut peintre — et peut-être le fut-il en réalité