‹ La liturgie dominicaineChapitre 117 sur 178 · SAINT PIERRE D'ALCANTARA · texte numérisé non relu

SAINT PIERRE D'ALCANTARA

du pardon. Il mourut en Béotie, à Thèbes, mais,

plus tard son corps fut porté par les ordres de: lempereur Constance II, dans l’église des Saints-

Apôtres à Constantinople.

Saint Pierre d’Alcantara, Confesseur.

MESSE : Justus ut palma, p. [16].

Oraison « Dieu, qui avez daigné illustrer le bienheureux Pierre, votre Confesseur, par le don d’une admirable pénitence et d’une très haute contemplation, accordez-nous par le suffrage de ses mérites, de mortifier notre chair afin d'atteindre plus facilement les choses du

ciel ».

À 16 ans, Pierre d’Alcantara, en Espagne, entra chez les Frères Mineurs. Mais il y entra avec la volonté bien arrêtée d’y suivre à la lettre la règle de saint François. Il ne voulait pas être un disciple diminué du Pauvre d'Assise.

Aussi, entreprit-il l’œuvre ardue de la réforme franciscaine. Il fonda un couvent très petit, très pauvre où il convia ceux qui, comme lui, avaient au cœur d'être pauvres, comme François. Ce n’était qu’un frèle grain de sénevé, mais Dieu y mit sa force, et le grain de sénevé se développa. La réforme de Pierre d’Alcantara S’éten-

dit en Espagne, passa la mer et envahit les Indes.

Pierre était rude. Il n'avait, comme son père François, qu'une tunique très pauvre. La nourriture lui importait peu. [Il jeünait, se flagellait, supportait allègrement toutes les aspérités des saisons. En somme, il était tellement absorbé par la pensée et l’amour de Dieu que tout l’humain de sa chair disparaissait. C’est le dégagement complet, comme la spiritualisation du corps. Dieu seul, connu, aimé, cherché, sans réserve aucune.

Pierre exigeait de ses compagnons cette même austérité. Il est considéré, à juste titre, comme un second Fondateur de l'Ordre des Mineurs.

Ce qui lui valut une statue dans la basilique de Saint-Pierre. Chacun sait que tous les Fondateurs d’Ordres religieux entourent le tombeau de saint Pierre. Ils lui font comme une garde d'honneur et avec lui portent l'Eglise de Dieu. La statue de Pierre d’Alcantara est une des plus belles. II mourut à l’âge de soixante-trois ans. Sainte Thérèse, qu'il avait soutenue dans la réforme du Carmel, le vit, à l'instant même où il eXpirait. Il lui dit: Heureuse pénitence, qui m'a mérité tant de gloire !

Pauvre sur terre, pauvre de toutes les jouissances humaines, mais riche de Dieu, Pierre d’Alcantara nous donne la suprême leçon du dégagement. I1 faut se libérer de la terre pour connaître ce qu'est Dieu et l’aimer de tout son cœur, non pas en formule, mais en vérité. - Heureux ceux qui comprennent Dieu et se donnent à lui sans réserve. L’éternelle béatitude les récompensera au centuple.

Le bienheureux Pierre Capocci, Confesseur, de notre Ordre.

MESSE : Os justi, p. [18].

Oraison : « Dieu, qui avez déclaré que, si vos fidèles se souvenaient de leurs fins -dernières,

ils ne pécheraient jamais, faites que, par les prières et les exemples du bienheureux Pierre,

votre Confesseur, nous pensions tellement à la -

mort temporelle que, pleurant sans cesse nos fautes nous évitions la mort éternelle. »

Ce saint religieux est né à Città di Castello, en Italie, de noble famille. Il appartient par son esprit d’observance à la pléiade dominicaine de Bienheureux qui réformèrent. l'Ordre en Italie, au XV° siècle. Jeune encore, il prit l’habit de l'Ordre au couvent de sa ville natale, mais c’est à Cortone qu'il exerça son ministère.

Très humble, oublieux de l’opulence de sa famille, Pierre se fit le plus pauvre des Frères. Sa pénitence était austère. Homme de science, par ailleurs, et doué d’une éloquence merveilleuse, il attira au pied de sa chaire des foules innombrables. Il les nourrissait de la parole de Dieu. Convaincu du néant des choses humaines, Pierre aimait à prêcher au peuple l’approche et les conséquences de la mort. Souvent, il parlait en tenant dans ses mains une tête de mort qu’il montrait à ses auditeurs.

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pour leur donner l’image de la triste réalité qui attendait leur corps. Son influence fut profonde. Les foules, effrayées par ses accents, émues par ses vertus, se pressaient autour de lui pour obtenir le pardon de leurs fautes.

Pierre mourut à Cortone, en 1445. Il avait bien mérité de sa patrie.

A tous la pensée de la mort est salutaire. Elle nous montre clairement le néant des joies de la terre, qui aboutissent à un tombeau, et dans ce tombeau, fût-il en marbre ou en métal précieux, nous savons ce qu'il y a: un peu de cendre ! c’est tout.

Grande leçon que Pierre Capocci aimait à rappeler à ses auditeurs, car elle seule met au point la réalité de notre vie terrestre. Qui s’y attache comme à la vie vraie, se trompe. La vie vraie n’est pas de ce monde, elle est de Dieu et avec Dieu pour l'éternité:

Le bienheureux Barthélemy de Bragance,

Confesseur, évêque, de notre Ordre.

MESSE : Sfatuit, p. [12].

Evangile : Vigilate, p. [11].

Oraison : « Dieu, qui pour ramener les enne-

mis de la foi des ténèbres de l'erreur à la luinière de la vérité et pour rétablir la paix et la

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