‹ La liturgie dominicaineChapitre 130 sur 178 · SAINT CHARLES BORROMÉE · texte numérisé non relu

SAINT CHARLES BORROMÉE

de toutes les vanités humaines et rempli des dons de lEsprit-Saint. Heureuse vie, pour qui sait comprendre l’inanité des choses de la terre'en face de Celui qui est.

Simon Ballachi mourut en 1319. Mais à peine eut-il rendu son âme à Dieu que lui, si humble, si caché, fut subitement glorifié. On se précipita pour honorer la mémoire du vénérable Frère.

Dieu n'oublie pas les siens. Plus on se fait petit pour lui, plus il glorifie ceux qui s’abaissent dans la vérité.

e 4 NOVEMBRE.

Saint Charles Borromée, Evêque, Confesseur.

MESSE : Statuit, p. [12].

Oraison : « Seigneur, gardez votre Eglise par la protection continuelle de saint Charles, Confesseur et Pontife, afin que, comme la sollicitude pastorale l’a rendu glorieux, de même son intercession nous rende de plus en plus fervents dans votre amour ».

Illustre et saint Pontife, qui aux jours très difficiles du Protestantisme, fut le soutien de l'Eglise.

Charles naquit à Milan, de noble famille. Son adolescence se passa au milieu des troubles religieux suscités par Luther et ses fauteurs. On ne parlait que de réforme. L'Eglise, divine par

son institution, divine par son enseignement et son ministère, a cependant les pieds sur la terre. Et si sa tête auguste est sans cesse irradiée par le soleil de Justice, Jésus son chef, ses pieds se couvrent de poussière, car la route est dure et le chemin pierreux. Il lui faut, de temps à autre, secouer la poussière de ses pieds. Aussi à la Cène, Jésus insiste devant saint Pierre, le premier Pape, pour lui laver les pieds. Sans cela, lui ditil, c’est fini entre nous ! Et le premier Pape, effrayé, s’écrie : Seigneur, pas Seulement les pieds, mais la tête, mais les mains. Ce qui veut dire que l'Eglise est toujours prête à se purifier des misères humaines qui, sur sa route, s’attachent à elle. Mais sa réforme doit venir d'elle, elle doit se faire, d’après ses divins éléments. L'Eglise ne change pas. Pour elle, se réformer n'est pas innover, mais bien revenir à sa pureté primitive. De cette réforme salutaire et vraie, au XVI° siècle, Charles Borromée fut, contre Luther, le champion le plus irréductible, Saint lui-même, il avait le droit de dire aux autres : soyez saints. Il avait pour oncle le Pape Pie IV qui le créa cardinal et archevêque de Milan. Mais le saint homme. n’usa de cette alliance et de ces titres, que pour imposer à tous le respect et la pratique des décrets réformateurs du Concile de Trente. Ce fut son œuvre capitale.

Charles Borromée joignait à une grande austérité la bonté la plus compatissante pour les pauvres, pour les malheureux. Il leur distribuait tout ce qu’il possédait. Pendant une peste: qui ravagea la ville de Milan, le saint archevêque fut le consolateur de tous. Il allait par les rues encombrées de mourants et de morts, distribuant à tous les secours matériels et surtout la misé-

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