‹ La liturgie dominicaineChapitre 137 sur 178 · LA BIENHEUREUSE LUCIE DE NARNI · texte numérisé non relu

LA BIENHEUREUSE LUCIE DE NARNI

tendre parler de Dieu, des mystères de la foi, de la miséricorde infinie du Père céleste, sans tomber à ses pieds pour implorer le pardon de ses fautes.

Jean vécut ainsi jusqu’à l’âge de cent dix ans. Sa réputation de sainteté était si populaire qu'on dut attendre trois jours pour l’ensevelir. La foule se pressait autour de son corps pour solliciter son intercession. Il mourut en 1511.

Cet homme ne vécut que pour Dieu. Aussi demandons-nous dans l’oraison de nous oublier nous-mêmes, de laisser de côté toutes les attaches humaines, pour ouvrir notre cœur à l'amour de Dieu, Celui qui a compris une fois ce que Dieu est, ne peut plus vivre que de lui et pour lui. Il simplifie son cœur. Il ramène toutes ses affections à l’unité de Dieu. Il aime tout ce qu’aime Dieu, comme Dieu l’aime. Belle unité d'amour, semblable à l’unité d'amour de l’Auguste Trinité.

La bienheureuse Lucie de Narni, Vierge, de notre Ordre.

MESSE : Gaudeamus, p. [25].

Oraison : « Dieu, qui avez orné merveilleuse-

ment la bienheureuse Lucie, des stigmates de la Passion de votre Fils et qui lui avez fait vaincre

les caresses du monde et surmonter ses persécutions, par les dons de virginité et de patience, faites que, par sa prière-et ses exemples, nous ne soyons pas vaincus par les plaisirs de la terre ni découragés par aucune adversité ».

Lucie de Narni nous donne un exemple frappant des voies extraordinaires de la Providence dans le choix de ses élus.

Dès sa plus tendre enfance, Lucie paraît une préférée de Dieu. Elle a des extases, elle prophétise. Sa vie n’est qu'un entretien perpétuel * avec Dieu. Les saints la visitent. Le Seigneur Jésus s'incline jusqu’à elle, il la prend pour épouse, lui en donne les signes extérieurs, la parure, l’anneau. Ellé fait vœu de virginité. Puis, harcelée par sa famille qui la veut marier, elle consent, sur un avertissement de Dieu, à cette union terrestre. Mais il est convenu avec son mari qu’il respectera son vœu.

Cette union fut pour elle une source d’afflictions. Et c’est là précisément le nœud de toute cette vie : la souffrance. Son mari la tient enfermée, comme séquestrée dans sa maison. .

Enfin, Lucie reprend sa liberté et, séparée à l'amiable de son mari, elle se donne à Dieu de toute son âme. Désormais, son but unique est de le servir dans les âmes. Elle passe à Viterbe, y réforme des religieuses dominicaines et fait ses dévotions à Notre-Dame de la Quercia, De Viterbe elle va à Ferrare où elle fonde un monastère, puis elle disparaît sous la calomnie, le mépris, les injures et elle meurt, à l’âge de soixante ans, en 1544.

Vie étrange et vie très sainte, conduite par Dieu, selon ses vues. Ce qui nous enseigne que la sainteté se réalise partout, dans tous les

Page 1