‹ La liturgie dominicaineChapitre 142 sur 178 · LA PRÉSENT. DE LA STE VIERGE AU TEMPLE · texte numérisé non relu

LA PRÉSENT. DE LA STE VIERGE AU TEMPLE

du Temple, accourent vers lui pour le consoler ou se mettent aux fenêtres pour voir ce qui va se passer 1 : c'était donc une coutume ancienne. L’humble petite Marie se présente à Dieu, pour ladorer, le louer, le remercier, lui dire tout l'amour de son cœur.

Dans le Temple, Marie se sent plus près de Dieu. C’est là qu’il réside de préférence ; c’est là qu’il reçoit les hommages de son peuple..

Ce fut très beau quand Joachim et Anne présentèrent l’enfant au Seigneur. L’Auguste Trinité était là présente pour la recevoir. Elle, c’est elle ! Celle qui est prédestinée comme la plus belle et la plus sainte des créatures. Celle qui est toute pure, la préférée de Dieu, sans tache. Celle qui bientôt recevra le grand message et sera la mère de Dieu. L’Auguste Trinité la regarde avec tendresse et déjà le Fils de Dieu l'appelle doucement ma mère ! Marie se livre toute à l'influence suave de l’Esprit-Saint. Elle se donne à Dieu de toute son âme. Elle lui.

consacre son être tout entier. Elle lui dit l'amour ‘ infini de son cœur. Ce qu’elle donne, elle ne le reprendra point. Sa vie est à Dieu pour toujours. Don pieux, parce qu’il est vrai. Nous nous donnons aussi à Dieu, de toute la vérité du moment présent, puis, nous fléchissons, puis, nous reprenons, non pas l'essentiel, mais telle ou telle partie de nous-mêmes. Nous avons peine à être toujours à Dieu de tout ce que nous sommes. Et c’est pourquoi notre vérité de vie n’est pas complète, notre paix non plus, qui dépend d’elle. Notre don ne sera parfait, immuable, que dans le ciel. Mais ce sera l’œuvre de

1, Lib, Mach, II, c. 3.

la bonté de Dieu plus que la nôtre. Dès cette vie, efforçons-nous d’unir le don de nous-mêmes au don de la sainte Vierge, afin que, par elle, il soit plus vrai, plus entier et, de ce chef, plus agréable à Dieu.

Nous avons raison de fêter ce don de l’humble Vierge Marie, en ce jour de la Présentation, car jamais aucune créature n’a rendu et ne rendra pareil l'hommage d’elle-même au Créateur. C’est le don le plus parfait que Dieu reçoive des êtres créés, le don, par conséquent, qui lui reud la louange la plus parfaite également.

-Les Frères Prêcheurs de France ne peuvent oublier que ce jour de la Présentation est l’anniversaire de la mort du P. Lacordaire. Cet homme suscité de Dieu pour restaurer en France l'Ordre de Saint-Dominique eut, par sa prodigieuse éloquence, par la sainteté de sa vie, par ce don de soi qu’il fit à Dieu de tout ce qu'il était, une influence de vie considérable sur l'Ordre entier d’abord, qu’il vivifia de son esprit, et sur la France qu’il contribua puissamment à ramener à Dieu.

I fut, au XIX° siècle le témoin de Dieu.

Témoin lumineux, comme son Père saint Dominique, redoutable à tous les adversaires du Christ.

Sur son lit de mort, près de rendre le dernier soupir, il s’écria, comme s’il‘fût déjà devant la porte du ciel: Ouvrez-moi ! Ouvrez-moi ! Il lui fut ouvert. Car d'innombrables âmes ‘l’attendaient, qui, par sa parole et l'exemple de sa vie austère, étaient revenues à la foi chrétienne. Sa manière de se donner était simple: jusqu'au cou ! disait-il, c’est-à-dire sans réserve.

En cette terre de Flavigny, où sont écrites ces

PRE CÉCILE de 373

lignes, terre tant aimée par le Père Lacordaire, : terre où reposent Requédat et Piel, les premiers : compagnons de la restauration dominicaine et ses premiers holocaustes, il me plaît filialement de m'incliner sous la main bénissante de notre Père commun et de ses premiers fils et d’implorer, dans la désolation présente, le secours de leur protection. Il me plaît filialement de les

prier de garder à la Province de France cette

terre sacrée du couvent de Flavigny que le Père Lacordaire appelait « sa belle, sa pieuse, sa chère retraite ».

Sainte Cécile, Vierge et Martyre.

MESSE : Loquebar, p. [22], sauf ce qui suit.

Oraiïison : « Dieu, qui nous réjouissez par la solennité annuelle de la bienheureuse Cécile, votre Vierge et Martyre, faites que nous suivions la sainteté de la vie de’ celle que nous célébrons par nos louanges ».

Cécile ! Douce vision romaine, que jamais n’oublient ceux qui l’ont vénérée dans sa propre maison. :

Elle était chrétienne, jeune et belle, dans ce palais du Transtévère. Sa noble famille rêvait pour elle les plus joyeuses destinées. On la donna

Pa

Te = 1, Ps 374 LA LITURGIE DOMINICAINE

pour épouse à un patricien, comme elle de race antique. Il s'appelait Valérien. Mais le soir des noces, Cécile tint à son jeune époux un singulier langage. Valérien, lui dit-elle, sache que je suis chrétienne, j’appartiens au Christ-Jésus et je suis sous la garde d’un ange, ange très bon, mais aussi ange terrible, qui veille jalousement sur moi. Ne me touche pas.

On entend la réplique de Valérien: Soit!

Mais, cet ange je veux le voir de mes propres yeux. Si je le vois, je te promets de me faire chrétien moi-même. Cécile répondit que pour voir cet ange, il lui fallait d’abord recevoir le baptême. C'était lui demander d’être chrétien. La vue le l’ange serait la récompense de sa foi. Valérien consentit, se fit baptiser et à son retour il vit Cécile ayant à côté d’elle son ange gardien, resplendissant de lumière. L’effroi saisit d’abord Valérien, puis la douceur de l’ange le rassura. 1 y eut entre Cécile, l’ange et Valérien un de ces entretiens divins qui font pénétrer la lumière jusqu’au fond de l’âme, pour toujours.

Valérien avait un frère, Tiburce, qui lui était

très cher. Il voulut le sauver lui aussi, lui donner « la foi au Christ. Il l’amena à Cécile qui lui enseigna elle-même, comme à Valérien, les grands mystères de la foi. Tiburce vit aussi l'ange gardien de Cécile. Mais ces allées et venues, suspectes à plusieurs, attirèrent l'attention. On

était en pleine persécution, celle d'Alexandre Sévère, au III° siècle. Se faire chrétien, c'était se vouer au martyre. Le bruit de l’arrestation des deux frères se répandit dans Rome. Cécile M les appela près d'elle. Elle les exhorta à souffrir et à mourir courageusement : « Courage, soldats du Christ! Rejetez les œuvres des”

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