SAINT JEAN DE LA CROIX
maître trouve veillant à son arrivée. Je vous le dis en vérité, il lui donnera la direction de tous ses biens ».
Postcommunion : « Remplis par la nourriture de votre corps sacré et de votre sang précieux, nous vous demandons, Seigneur notre Dieu, par l’intercession du bienheureux Clément votre Martyr et Pontife, aue le sacrifice offert avec dévotion assure notre rédemption ».
Saint Jean de la Croix, Confesseur.
Oraison : « Dieu, qui avez rendu illustre saint Jean, votre Confesseur, par son ainour du parfait renoncement à lui-même et de la croix, accordez-nous de nous attacher fidèlement à ses exemples afin d'acquérir la gloire éternelle ».
Cet homme ne vécut que dans le mépris de lui-même et dans un amour passionné de la croix. Les deux se commandent, du reste ; car, celui qui se voit tel qu’il est dans la lumière de Dieu, avec toutes ses misères moraies, avec cette faiblesse de corruption, source de toutes les hontes, regarde avidement du côté du Calvaire. I sait que seul le sang de Jésus purifie, relève, et il a lui aussi le désir intense d’unir son propre
sang à celui. du Sauveur. Mais il faut voir, il faut comprendre.
Jean a vu et a compris. Dès sa plus tendre enfance, il aime à souffrir avec Jésus. Plus tard, il entre dans l'Ordre du Carmel. Là, il peut se livrer, tout entier, à l’action intime de l'Esprit- Saint. Et il devient, au témoignage de sainte Thérèse, une des âmes les plus pures, les plus limpides qu’il y eut alors dans l'Eglise.
Thérèse l'estime au point qu’elle le prend pour son collaborateur dans l’œuvre ardue de la réforme du Carmel. Il s’y donna de toute son âme, il y usa toutes ses forces. Et au milieu de tant et de si rudes travaux, Jean de la Croix, comme sa sainte mère, trouva le temps et le moyen d'écrire d’admirables traités sur la vie mystique, qui demeurent toujours la lumière des parfaits.
Humble, très humble, tout petit devant Dieu et devant les hommes, Jean demanda à la bonté divine de le faire mourir dans un pays où il serait inconnu. Dieu l’exauça, et quand il expira, consumé par l’amour de Dieu, dans le bourg d'Ubeda, en Espagne, nul ne songea que le.
Paradis était en fête pour accueillir un des plus grands saints de Dieu.
Tout en Jean de la Croix était pour la gloire de Dieu, rien pour Jui. C’est la plénitude de vérité pour tout être. :
CXKX 25 NOVEMBRE.
Sainte Catherine, Vierge et Martyre.
MESSE
Introït : Loquebar, p. [221].
Epiître et évangile, p. [241, [25].
Oraison : « Dieu, qui avez donné la loi à Moïse sur le sommet du mont Sinaï et qui, par l'entremise de vos saints anges, avez merveilleusement placé au même lieu le corps de la bienheureuse Catherine, votre Vierge et Martyre, -accordez-nous par ses mérites'et son intercession de pouvoir parvenir à la montagne qui est le Christ ».
Catherine est d'Alexandrie. Noble Vierge, douée d’une rare pénétration d’esprit, elle étudia les écrits des philosophes et plus encore les mystères de la foi. Disciple fervente du Christ, elle se servit de sa vaste érudition pour défendre la foi et montrer aux païens l’inanité de leurs dieux.
Un jour elle vit de malheureux chrétiens que l'on tourmentait cruellement pour leur faire abjurer leur foi. Elle ne put soutenir sans indignation un pareil spectacle. Hardiment, elle se présente au Juge, et proteste contre sa cruauté. De
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plus, elle lui expose avec feu les raisons de croire au Christ.
Maximin l'écoute et intéressé par cette jeune fille courageuse après tout et instruite, il convoque pour la confondre les personnages qu’il juge les plus doctes. Catherine paraît devant cette curieuse assemblée, Mais elle n’y paraît pas en « accusée. Elle écoute, elle attaque, clie pousse # si loin son argumentation que plusieurs de ses M adversaires, convaincus par ses raisons, s’avouent vaincus et demandent le baptême, La conférence tournait contre les espérances de Maximin.
Furieux de cette déception, il oublie toute pensée de tolérance et, craignant avant tout la colère de l’empereur, il fait saisir Catherine et la soumet aux plus cruels supplices. Il a même l’affreuse idée de la faire déchiqueter par les dents d’une roue. Machine. infernale, faite de pointes d’épées très aiguës. Catherine pria un instant, et cette roue se brisa d’elle-même. Elle eut la tête tranchée.
Dieu, par le ministère des anges, transporta son corps meurtri sur un des sommets du Sinaï, où on la vénère encore.
Du Sinaï, la lumière divine était descendue pour éclairer le monde. Sur le Sinaï, Catherine repose, qui fut une lumière pour illuminer les âmes et les amener au Christ.
Dans l'Ordre des Frères Prêcheurs, l’ordre de la lumière, Catherine est la Protectrice qui dirige et garde l'étude de la PRESS Son culte y demeure fervent. |
Le bienheureux Jacques de Benefactis, Confesseur, Pontife, de notre Ordre.
MESSE : Sfatuit, p. [12].
Oraison : « Dieu qui avez accordé au bienheureux Jacques, votre Confesseur et Pontife, de remplir fidèlement les devoirs d'un bon Pasteur, accordez-nous par son intercession de suivre la voie de vos commandements, afin de mériter d’être mis un jour au nombre des brebis de votre pâturage. »
Jacques se présente à nous scus l’aimable figure du bon Pasteur. Né de noble famille à Mantoue, il dit adieu, dès sa jeunesse, à l’opulence qui l’entourait, Il préféra se faire très humble, très pauvre dans l’Ordre des Prêcheurs. Doué d’une belle intelligence, il fit de brillantes études, qui le conduisirent à la chaire des maîtres. C'était dans les débuts du XIV® siècle. Nicolas Boccasini l’eut pour camarade d'étude. Devenu Pape sous le nom de Benoît XI, il n’oublia point l'ami et l’'émule de sa jeunesse. Il lui confia le Siège épiscopal de Mantoue. Rude charge, à l’époque. Mantoue, comme toutes les villes de la Haute-Italie, était divisée en deux fractions adverses. Les uns, partisans de l’empereur d’Allemagne, le suivaient dans toutes ses erreurs et ses | cruautés ; les autres, soumis au Saint-Siège, s’ef-
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forçaient de maintenir la foi catholique et la charité chrétienne. Guerre de tous les instants qui, de chaque côté, allait jusqu'aux pires excès. La paix ! ce fut le mot d'ordre de Jacques. La paix au-dessus de tout. À Mantoue il fit œuvre de paciaire infatigable, comme la faisaient tant d’autres de ses frères dans les villes d'Italie. La paix du Christ ! A force de prières, de pénitences, à force d’instances et de souplesse administrative, à force surtout de bonté, Jacques parvint à la rétablir solidement dans Mantoue. Ce fut le grand labeur: de ses dix-huit ans d’épiscopat.
. Bon ouvrier du Christ, Jacques mourui, pleuré des pauvres en 1332. Ses restes mortels reposent glorieusement dans sa cathédrale. Ils disent toujours ce que sans cesse Jacques répétaut à tous, riches et pauvres : la Paix ! C’est le bien suprême du christianisme, car la paix est tille de l'amour. Qui aime Dieu et son prochain, jouit de la paix en soi-même et la répand autour de lui. Elle rend à Dieu ce qui est à Dieu, aux hommes ce qui est aux hommes, dans la justice et la charité. Mais pour la posséder en soi-même et la donner aux autres, il faut d’abord réaliser les renoncements personnels de passion et d’intérêt, les plus nuisibles ennemis de toute paix.
Saint André, Apôtre.
LA MESSE
Jésus passait dans la foule et Jean-Baptiste, le voyant, S’arrêta soudain. Il le regarda, ému jusqu’au fond de l'âme. Lui! c’est lui ! Et ses yeux le dévoraient de tendresse. Il dit à deux de ses disciples qui étaient près de lui: c’est l'Agneau de Dieu ! Jean, illuminé par le Saint- k Esprit, voit Jésus souffrant et mourant pour le salut du monde. Agneau sans défense ! Les deux disciples se mirent à la suite de Jésus. Jésus se retourna, les vit et leur dit : Que voulez-vous ? — Maître, où habitez-vous ? Jésus leur répondit : Venez et vous le saurez. Ils allèrent avec lui et ne le quittèrent que le soir. Or, l’un de ces disciples était André, frère de Simon-Pierre.
C’est la première rencontre de Jésus et d'André. Comme le Maître dut le regarder ! Et ce regard pénétra à fond l'âme d'André. C'était un simple pêcheur, comme son frère Simon, sans fortune, sans instruction, mais de bonne vie, simple et droite.
Peu après, André rejoignit Simon, son frère, et il lui dit joyeux : Nous avons trotivé le Messie. Il présenta son frère à Jésus. Jésus fixa son regard surf Simon: tu es Simon, fils de Jean, lui dit-il, désormais tu t'appelleras Pierre,
Ainsi c’est André qui conduit à Jésus son futur Vicaire.
Que tout cela se fait simplement ! Aucun apparât humain, rien. Un regard, un nom, c’est tout. Mais dans ce regard et dans ce nom passe ct demeure la force créatrice de Dieu, Jésus crée ses apôtres, le premier Pape, de rien.
Manière exclusivement divine.
Introït : « Dieu, vos amis sont en grand honneur ; leur puissance s’est fortement établie. — Seigiieur, vous m'avez éprouvé : Vous me connaissez assis et debout. »
Oraison : « Seigneur, nous implorons, en suppliant, votre Majesté, afin que le bienheureux apôtre André, qui fut prédicateur et recteur de votre Eglise, soit de même pour nous un perpétuel intercesseur auprès. de Vous. »
Epître de saint Paul aux Romains, c. 10.
« Frères, par la foi du cœur on parvient à la justice et par la confession dé la bouche au salut, L’Ecriture ne dit-elle pas : Quiconque croit en lui ne sera pas confondu. Il n’y a pas, en effet, de distinction entre Juif et Gentil. Il est le même Seigneur pour tous, riche envers tous ceux qui l’invoquent. Car quiconque invoquera le Nom du Seigneur, sera sauvé.
Mais comment pourraient-ils invoquer celui en qui ils n’ont pas cru ? Comment pourraient-ils croire en celui qu'ils n’ont pas entendu ? Comment pourraient-ils entendre, s’il n'y a personne qui leur prêche ? Comment, prêcheraient-ils, s'ils n'avaient pas été envoyés ? Selon qu’il est écrit : Comme ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent la paix, qui annoncent les biens ! Mais tous n’obéissent pas à l’évangile. Isaïe ne dit-il pas: Seigneur, qui croit à notre prédication ? La foi vient donc de la prédication, la prédication de la parole du Christ, Mais je dis : n’ont-ils donc pas entendu ?