LA BIENHEUREUSE MARGUERITE DE SAVOIE
jusqu'à ce que, après la victoire finale, la très sainte Vierge nous accueille avec joie sous son manteau virginal.
La bienheureuse Marguerite de Savoie, Veuve.
MESSE : Gaudeamus, p. [25].
Oraison : « Dieu, qui avez enseigné à la bienheureuse Marguerite de quitter les pompes du siècle, pour suivre de tout son cœur l’humble voie de votre craix, accordez-nous, par ses mérites et son exemple, de fouler aux pieds les joies périssables de la terre, et de surmonter, en embrassant votre croix, tout ce qui est contraire à notre salut ».
Princesse royale de Savoie, Marguerite, par obéissance à ses parents, épousa Théodore, marquis de Montferrat. Elle eut l’immense joie de rencontrer sur sa route saint Vincent Ferrier qui, à l’époque, poussa ses prédications jusque dans la Haute-Italie, Marguerite lui ouvrit son âme et le saint fut ravi de son désir très vif de connaître et d'aimer Dieu davantage. Libre bientôt, par la mort de son mari, de réaliser ce désir, Marguerite porta publiquement l’habit du
Tiers-Ordre de Saint-Dominique. C'était la cas-
sure décisive entre le monde et elle. En vain, le
Duc de Milan la demanda en mariage ; en vain le Pape offrit-il la dispense du vœu de viduité perpétuelle qu’elle avait fait. Marguerite refusa tout. Sa joie était de secourir les pauvres, de soigner les malades. Ministère actif d’une vraie Tertiaire, qui, pour participer à l’apostolat de l'Ordre, doit se dévouer à toutes les œuvres de charité.
Mais, peu satisfaite encore, Marguerite fit un pas de plus. Elle se retira avec quelques compagnes dans un couvent qu’elle fit bâtir à Albe. Ce fut pour Marguerite le lieu de délices. Obéissance absolue, humilité allant jusqu'aux limites extrêmes de l’abjection, fidélité à toutes les observances, même les plus minimes, oubli complet d'elle-même, de sa famille, de tout l'humain, Marguerite pratiqua tout avec allégresse, Dans un ravissement, le Seigneur Jésus lui offrit de choisir entre trois épreuves cruelles : la maladie, la calomnie, la persécution.
Les trois, Seigneur, répondit Marguerite.
Elle les eut et vaillamment les supporta. C’est qu’elle avait compris à fond le mystère de la douloureuse Passion. Souffrir avec Jésus était pour elle le suprême honneur.
Combien peu comprenons-nous les soulfrances du Sauveur! C'est pourquoi nous sommes si peu chrétiens. Nous en avons le dehors, nous en acceptons la foi, mais’ quand Dieu nous éprouve par la douleur, nous sommes désemparés. Nous oublions que nous avons péché, que, autour de nous, des âmes sont soumises au péché, que pour nous sauver et pour sauver ces âmes le Fils de Dieu est mort sur la croix, et nous ne pensons pas que nous devons mêler une goutte de notre sang au sien.
Marguerite l’a compris et son action intime sur les âmes, par sa prière et ses souffrances, fut profonde. Elle mourut, en son monastère d’Albe, en 1464, après avoir vécu quarante-quatre ans sous la livrée dominicaine.
Marguerite est une des figures les plus saintes et les plus aimables de la Famille royale de Savoie.
Saint Etienne,
Diacre, Premier martyr du Christ.
LA MESSE
Introït : « Les princes se sont assis pour m’accuser ; les méchants m'ont persécuté, Seigneur, mon Dieu, aidez-moi, car votre serviteur a suivi .VOS préceptes. — Heureux ceux qui demeurent purs sur leur route, ceux qui marchent en pratiquant la loi du Seigneur ».
Oraison : « Accordez-nous, Seigneur, nous vous en prions, d'imiter ce que nous vénérons, afin que nous apprenions à aimer nos ennemis, en célébrant la naissance au ciel de celui qui
a su prier pour ses bourreaux ».
Lecture des Actes des Apôtres, c. 6, 7.
« En ces jours-là, Etienne, plein de grâce et de courage, accomplissait des prodiges et faisait de grands miracles devant le peuple,
Or, quelques membres de la Synagogue, des Affranchis, des Cyrénéens, des Alexandrins, des gens de Cilicie et d’Asie voulurent entrer en discussion avec Etienne, mais ils ne purent résister à sa sagesse et à l'Esprit qui parlait par sa bouche, En l’entendant, la rage les prenait au cœur et ils grincaient dés dents contre lui.
Mais Etienne, rempli du Saint-Esprit, leva les yeux au ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. Il s’écria : je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. Ils se mirent à pousser de grands cris et se bouchèrent les oreilles. Puis, ils se jetèrent furieusement sur lui. Ils l’entraînèrent en dehors de la ville et le lapidèrent. Les témoins déposèrent leurs habits aux pieds d’un jeune homme appelé Saul. Ils lapidaient donc Etienne, et lui, priait et disait: Seigneur Jésus, recevez mon âme. Il se mit à genoux, et cria d’une voie forte : Seigneur, ne leur imputez pas ce péché. Ce dit, il s’endormit dans le Seigneur. »
C’est le premier sang, mêlé librement, de tout cœur, au sang de Jésus, le premier amour répondant, par la mort, à son amour.
Etienne fut un de ceux que les apôtres choisirent pour le service des agapes, un des sept diacres chargés par eux de cet office. Mais n'oublions pas que la consécration et la distribution de la sainte Eucharistie faisait partie de ces agapes ou repas fraternels. Etienne avait donc un vrai mimstère de diacre en assistant les apôtres, dans le service eucharistique.
L'Esprit-Saint transfigurait cet homme. Il lui communiquait sa lumière ‘intime et donnait à son amour pour Jésus une vigueur particulière. Lumière et force sont la grâce spéciale des diacres. ;
Aussi quand les chefs du peuple juif, les Princes des Prêtres, voient l’apostolat d’Etienne, ils sont pris de rage, On ne pourra donc pas le faire taire ! Se taire ! Etienne ne le pouvait pas.
CR
Il prêchait par la parole, il prêchait par les miracles. L'Esprit-Saint débordait de lui. On Parrêta, on le conduisit devant le Grand Conseil, on essaya de l’intimider. Etienne les força à entendre sa profession de foi, profession de foi qui ramenait à Jésus, Sauveur du monde, toute l’histoire du peuple hébreu. Et ses adversaires, furieux, écoutaient ce langage. Au milieu d'eux, Etienne, illuminé par l'Esprit-Saint, rayonnait comme un ange. Que faire ? Cet homme osait leur dire qu’ils étaient dans l’erreur ; qu’ils ne comprenaient rien aux prophéties : que Jésus, crucifié par eux, était le Messie promis. Il fallait le supprimer. Et sans jugement, en une sorte de rage vengeresse, ils le poussent dehors, le lapident comme blasphémateur, pendant que lui, le martyr de Jésus, prie à haute voix pour ses bourreaux.
Leçon suprême de foi absolue, qui pense vrai et dit ce qu’elle pense, À tous Etienne donne cette suprême lecon de foi. Il y ajoute une autre leçon, qui est, tout en détestant l'erreur, tout en souffrant par elle, de pardonner et de prier pour les personnes égarées, même pour ceux qui nous font mourir.
Pardonnez-nous, Seigneur, comme nous pardonnons !
Graduel : « Les princes sont assis, ils m’accusent, et les méchants me persécutent. — Seigneur, mon Dieu, aidez-moi ! Sauvez-moi par votre. miséricorde.
Alleluia, Alleluia. Je vois les cieux ouverts, et Jésus debout à la droite de Dieu ».
Nous devons vivre sans cesse, les yeux fixés
La liturgie dominicaine. -- VIII ‘ 28
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sur la vie invisible. Nous devons, par une foi vive, voir et contempler sans cesse Jésus debout à la droite de Dieu. Debout, il commande, debout, il appelle, debout, il attend chacun de nous. Ne le perdons jamais de vue, si nous voulons vivre comme il faut vivre pour arriver à lui. Comme la fête de saint Etienne suit immédiatement la fête de Noël, on dit la séquence Laetabundus.
SÉQUENCE
Que le chœur fidèle exulte de joie. Alleluia. Le sein d’une vierge, Ô merveille !
donne le Roi des Rois.
L'Ange du Conseil est né d’une Vierge, le soleil d’une étoile.
Soleil qui ne connaît point de couchant, étoile toujours radieuse, toujours éclatante. Comme l'étoile produit son rayon de lumière, la Vierge produit son Fils, en la même forme. L'étoile n'est pas souillée par soñ rayon, ni la Vierge par:son Fils.
Le cèdre haut du Liban se fait semblable à j'hysope dans notre vallée.
Le Verbe du Très-Haut a voulu devenir corps, en prenant notre chair.
Éric
Isaïe la chanté, la Synagogue le sait et, cependant, elle n’a point cessé d’être aveugle.
Si elle ne croit pas à ses prophètes, Qu'elle croie aux prophètes païens :
Ce fait a été prédit par les vers des Sibylles.
Infortunée, avance, crois donc ce qui fut écrit autrefois.
Pourquoi te laisser condamner, race malheureuse !
Celui que l’Ecriture annonce,
regarde-le, il est né! une
Vierge vient de l’enfanter.
Alleluia.
Evangile selon saïnt Matthieu, c. 23.
« En ce temps-là, Jésus disait aux Scribes et aux Pharisiens : Voici que je vous enverrai des prophètes, des sages et des Scribes, et vous tuerez et crucifierez les uns, et vous flagellerez les autres dans vos synagogues, vous les poursuivrez de ville en ville, afin que tombe sur vous tout le sang juste, répandu sur la terre, depuis le sang d’Abel le juste, jusqu’au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez tué entre le temple, et l’autel.
Je vous le dis en vérité, toutes ces choses sont réservées à cette génération. À
Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, que de fois j'ai voulu rassembler tes fils, comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et tu ne l’as pas voulu! Votre maison deviendra bientôt déserte. Je vous le dis: Vous ne me verrez plus, jusqu'à ce que vous disiez: Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »
Cri de douleur poignante, sorti du cœur de Jésus ! il voit ses apôtres, ceux qu’il forme luimême, ceux qui viendront après eux, il les voit dispersés à travers le monde, pour y porter les vérités de la foi, pour parler de lui, de son amour, de ses souffrances, il les voit traqués, persécutés, mis hors la loi, emprisonnés, il les voit en but à toutes les horreurs des supplices les plus atroces et, finalement, tués à cause de lui. Ce long cortège des apôtres de la vérité et de l'amour de Dieu part d’Abel le Juste, suit toute l’histoire du monde, sanglant et joyeux, et va jusqu'à la fin des temps, jusqu’au dernier martyr. Défilé splendide, qui arrache des larmes à Jésus, larmes de tristesse et larmes de joie. Et son regard se repose sur Jérusalem qui étale à ses pieds l’orgueil de ses palais. Jérusalem qui va le crucifier lui-même, lui le plus saint et le plus grand témoin de Dieu, Dieu lui-même. Son cœur se gonfle, il lui crie une dernière fois son appel le plus tendre : combien de fois j'ai voulu rassembler tes fils comme les poussins sous l'aile
de leur mère, et tu n’as pas accepté, tu m'as
repoussé.
Il voit Etienne, son premier témoin de sang, qui bientôt va souffrir et mourir pour lui, et après lui, tant d’autres qui suivront la voie douloureuse…. Ù Fe
Aussi, pour encourager ses apôtres, il veut qu'Etienne, en mourant, le contemple de ses yeux à la droite de son Père. C'était lui dire et dire à tous les martyrs de tous les temps : Courage ! Je vous regarde, je vous attends !
Offertoire : « Seigneur, le juste se réjouit en votre force ; il est dans l’allégresse en pensant
au salut que vous lui offrez. Vous comblez le désir de son âme ».
Secrète : « Seigneur, recevez ces offrandes en cette solennité de vos saints. Eux, leur passion les a rendus glorieux, faites que, de même, notre piété nous préserve de toute faute ».
Communion : « Je vois les cieux ouverts, et Jésus debout à la droite de la puissance de Dieu. Seigneur Jésus, recevez mon esprit, et ne leur imputez pas ce péché ».
Comme Jésus, Etienne pardonne à ses bourreaux et prie pour eux. C’est le sacrifice parfait. Il obtint de la bonté de Dieu la conversion d'un adolescent, qui gardait les vêtements de ceux qui le lapidaient, Ce jeune homme jouissait du supplice de ce blasphémateur, car il était animé de l’esprit des Pharisiens. C'était Saul, celui que le Christ Jésus allait bientôt après terrasser sur le chemin de Damas. Saul où mieux Paul est le fils du sang d’Etienne.
Postcommunion : « Seigneur, que les mystères auxquels nous avons participé soient un secours pour nous, et, par l’intercession du bienheureux Etienne, votre Martyr, qu'ils nous affermissent par votre éternelle protection ».
Saint Jean l’'Evangéliste.
LA MESSE
Introït : « Le Seigneur lui a ouvert la bouche dans l'Eglise, il l’a rempli de l'esprit de sagesse et d'intelligence. Il l’a revêtu d’un vêtement glorieux. — Il a réuni en lui un trésor de joie et d’allégresse »,
Oraison.: « Seigneur, vous qui êtes bon, illuminez votre Eglise, afin que éclairée par la doctrine du bienheureux Jean, votre Apôtre et Evangéliste, elle obtienne de parvenir aux dons éternels ».
Jean — comme il dit lui-même du Baptiste — n’est pas la lumière, mais il est le témoin de la lumière. C'est lui qui, inspiré par le Saint Esprit, projette les rayons les plus éclatants sur la Personne divine de Jésus. Lui-seul a écrit : Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. Et c’est lui aussi qui ajoute : Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité au milieu de nous. |
Deux lumières, divine chacune sur Jésus Lumière sur sa génération éternelle, comme Fils -de Dieu, Dieu de Dieu, lumière de lumière, Dieu vrai de vrai Dieu. Lumière sur sa générations humaine, qui fait du Fils de Dieu le Fils de l’homme, qui lui donne une nature humaine en tout semblabie à la nôtre, sauf le péché. *