SAINT JEAN L'ÉVANGÉLISTE
dessus. Mettez aussi de ceux que vous avez pris, dit Jésus. Tous se taisent. Devant leur Maître et Seigneur, le respect s'affirme. Mais Jésus les veut plus Simples, plus fraternels : Venez, mangez, leur dit-il, et lui-même, de ses mains très saintes, portant les stigmates de ses cruelles blessures, lui-même leur sert du pain et du poisson. ;
Scène si touchante de fraternité divine et humaine, que les premiers chrétiens l’ont reproduite dans les catacombes. C’est après ce repas en commun que Jésus interpelle Pierre trois fois : Pierre, m'aimes-tu plus que ceux-ci? Et trois fois, Pierre lui répond : Seigneur, vous savez bien que je vous aime. Oui, il le savait, mais il voulait que trois fois Pierre le confessât publiquement, comme trois fois il l’avait renié publiquement. Puis, Jésus établit définitivement Pierre son Vicaire sur terre, Mais il lui prédit sa mort douloureuse. Quand tu étais jeune, lui dit-il, tu mettais toi-même ta ceinture et tu allais où tu voulais. Quand tu seras vieux, tu étendras tes mains et un autre te mettra ta ceinture et te conduira où tu ne voudras pas. Suis-moi.
C’est alors que se retournant, Pierre vit dérrière lui Jean. Il avait bien compris le sens des paroles de son Maître. Curieux, il dit à Jésus : Maître, qu'adviendra-t-il de celui-ci? — Que timporte, répondit Jésus, il restera, en m'’attendant, si je le veux. Toi, suis-moi.
Jésus ne répond pas à la question de Pierre.
Son regard se pose sur Jean, son préféré de cœur, il le regarde avec tendresse. Ne lui a-t-il pas confié sa mère ? Jean restera de longues années sur terre, pour rendre témoignage à Jésus. 11 sera pour toute l'Eglise son témoin de
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lumière et d'amour. C’est lui qui redira pour l'éternité cés paroles de la dernière Cène, qui sont le testament ineffable de l'amour de Jésus pour nous. Il les a entendues, il en a savouré, plus tard surtout, l’exquise douceur. Et toujours les âmes éprises de Dieu les entendent et les savourent à leur tour. Ainsi Jean n’est pas seulement pour nous lumière, il est amour. Son cœur déborde de l’amour même de Jésus.
Offertoire : « Le juste fleurit comme le palmier, il se développe magnifiquement comme le cèdre du Liban ».
Secrète : « Seigneur, recevez ces offrandes que nous vous présentons en la solennité de celui, par l’'intercession duquel nous avons la confiance d’être sauvés ».
Communion : « Le bruit se répandit parmi les frères que ce disciple ne devait pas mourir. Et Jésus ne lui dit pas : Il ne mourra point, mais : si je veux qu’il demeure ainsi jusqu’à ce que je vienne ». |
Postcommunion : « Rassasiés par cette nourriture et ce breuvage célestes, nous vous demandons, Ô notre Dieu, d’être protégés par la prière de celui dont nous célébrons la mémoire en y participant ».
Jean vécut très vieux, presque centenaire. Il ne pouvait plus parler que difficilement, mais en lui vivait, comme en transparence, Jésus. II le personnifiait pour ainsi dire pour toute l'Eglise. Tous les apôtres, ses compagnons de vie avec Jésus, étaient morts. Lui seul était
debout. Quand on le portait dans l’assemblée des fidèles, pour y consacrer le corps et le sang de son Maître bien-aimé, il redisait toujours les mêmes paroles : mes petits enfants, aimezvous les uns les autres.
Les fidèles lui demandèrent un jour : Pourquoi donc répétez-vous sans cesse les mêmes paroles ? Jean répondit: Mes petits enfants, c’est le précepte du Seigneur !
Ainsi, Jean demeura jusqu’au bout le disciple et le docteur de l’amour fraternel. Le Seigneur l'avait dit à la dernière Cène. C’est sur ses lèvres que Jean prit ce précepte. Il le laissa à l'Eglise comme son testament à lui-même, ses suprêmes paroles.
Aimez-vous les uns les autres, c’est le précepte du Seigneur.
28 DÉCMBRE.
Les saints Innocents.
LA MESSE
En ce jour, l'Eglise interrompt un instant les joies de Noël. Elle revêt ses prêtres d’ornements violets, elle supprime le Gloria in excelsis, elle supprime les Alleluix d’allégresse. C’est que la mémoire qu’elle célèbre est une mémoire sanglante, le massacre par les ordres du roi Hérode, des enfants de Bethléem et de ses environs. Ces Innocents, comme elle les appelle, sont les prémices douloureuses de tant de martyrs qui mour-
ront pour cet Enfant qui vient de naître dans une étable. Eux, trop petits, il ne le connurent point, mais lui, il les marqua de son signe, il les voulut autour de lui, comme une couronne de gloire. Dès que Jésus apparaît, il est persécuté. Les Innocents prennent sa place, ils meurent à sa place. Jésus leur donnera éternellement la joie de le posséder.
Introit : « Dieu, vous avez tiré une louange parfaite de la bouche des enfants, des petits à la mamelle, pour confondre vos ennemis. — Seigneur, notre Seigneur, que votre nom est admirable sur la terre entière ! »
Tout être, quel qu’il soit, doit rendre à Dieu, son créateur, la louange de tout ce qu'il est. Car tout ce qu’il est vient de Dieu. Et, chose merveilleuse ! Dieu tire sa louange de toutes ses créatures, louange nécessaire pour les créatures sans raison, louange volontaire ou non de toi.tes les créatures douées d’intelligence. La louange monte vers Dieu, sans cesse, de tout ce qui est, et la louange demeurera éternelle. En ce concert | universel, les Innocents chantent, par leur sang, la louange de Dieu, Ils sont de ceux qui suivent l'Agneau partout où il va.
Oraison : « Dieu, dont, en ce jour, les Innocents martyrs ont confessé la gloire non par leur parole, mais par leur mort, faites mourir en . nous toutes les racines du péché, afin que.la foi, que proclame notre bouche, notre vie la révèle par nos mœurs ».
Les Innocents parlent de Dieu, rendent témoi- - gnage à Dieu par leur mort. Nous, nous lui devons un autre témoignage. Nous confessons
de bouche notre foi, c’est bien et c’est un devoir. Mais il faut que cette profession de foi chrétienne ne soit pas seulement sur nos lèvres; ce qui est chose facile; elle doit informer nos mœurs, diriger notre conduite, afin qu’il y ait union parfaite entre ce que nous disons, ce que nous croyons, et ce que nous faisons. Notre vie doit avoir-cette unité de croyance et d'action. La foi sans les œuvres ne sert à rien. La foi de l'esprit sans la charité du cœur est morte.
Lecture du Livre de l’'Apocalypse, de l’apôtre saint Jean, c. 14.
« En ces jours-là, je vis sur la montagne de Sion l’Agneau, qui était debout. Il y avait avec lui cent quarantequatre mille élus qui portaient sur eux son nom et le nom de son Père, écrit sur leurs fronts. Et j’entendis une voix qui venait du ciel, comme la voix de grandes eaux, comme la voix d’un formidable tonnerre. Et la voix que j’entendis était comme une voix de musiciens jouant de la cithare. Et ils chantaient un chant nouveau devant le trône, devant les quatre animaux, devant les vieillards. Et personne ne pouvait dire ce chant, si ce n’est ces centquarante-quatre mille qui ont été rachetés de la terre. Ce sont ceux qui ne se sont point souillés avec des femmes : ils sont demeurés vierges. Eux, ils suivent l’Agneau partout où il va. Ils ont été rachetés du milieu des hommes comme les prémices pour Dieu et l’ Agneau. Dans leur bouche il n’y eut jamais de mensonge. Ils sont sans tache devant le trône de Dieu, »
Graduel : « Notre âme a été délivrée, comme le passereau du filet des chasseurs. — Le filet s’est déchiré et nous fûmes délivrés. Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre, — Louange à Dieu! Irrité, Hérode fit tuer beaucoup d’enfants à Bethléem de Juda, la ville de David. Louange à Dieu.
Le dimanche, on dit : Alleluia, Alleluia. Ceux-
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Ti ne se sont point souillés avec des femmes : ils sont demeurés vierges, Alleluia ».