MOIS DE JUILLET
Le Précieux Sang de Notre-Seigneur.
LA MESSE
Cette solennité se célébrait, avant la réforme du Bréviaire, le vendredi après le IV° dimanche de Carême. L'office, du reste, est le même sauf l’alleluia que l’on dut ajouter.
Introït : « Seigneur, vous nous avez rachetés par votre sang, de toute tribu, de toute langue, de tout peuple, de toute nation et vous avez fait de nous un royaume à notre Dieu. — Je chan- terai éternellement les miséricordes du Seigneur, je publierai de ma bouche la vérité de vos pro: messes de génération en génération ».
Saint Jean voit devant le trône de Dieu cette foule innombrable des élus qui acclament sa miséricorde. Et leurs acclamations formaient comme un bruit violent de tonnerre. Cette foule bienheureuse, c’est le « royaume de Dieu », ce royaume conquis par le Sang de Jésus. Les fils du royaume sont les fils de ce Sang. IH yen a de partout : de toute tribu, de toute langue, de toute nation. Sur la croix Jésus étend ses bras comme pour embrasser l'univers entier. Tous
La liturgie dominicaine. — VIII 1
peuvent venir : les bras de Dieu sont ouverts. Son sang coule de ses plaies, de ses mains, de ses pieds, de son côté, de toutes les blessures dont il est meurtri. Approchez ! Ce sang est pour tous. Personne n’est excepté, personne n’est renvoyé. Au-plus misérable d’en recevoir en plus d’abondance. Mais pour profiter de ce sang et devenir par lui fils du royaume éternel de Dieu, il faut croire à la vertu de ce sang, il faut y puiser le suprême pardon et le suprême amour. Volenti salus, dit saint Augustin, Nolenti supplicium. À celui qui veut, ce sang donne le salut ; à celui qui ne veut pas, il devient un supplice, supplice du remords éternel.
Oraison : « Dieu tout-puissant, éternel, qui avez établi votre Fils unique Rédempteur du monde et avez voulu être apaisé par son Sang, accordez-nous, nous vous en prions, de vénérer avec une si grande solennité le prix de notre
salut, et par sa vertu d’être délivrés des maux
de cette vie, que nous puissions en goûter les fruits éternels dans le ciel ».
Pas de rémission des péchés sans le prix du sang, dit saint Paul, Rappelons-nous que le péché d'Adam fut un péché d’orgueil, il se redresse contre Dieu, pour marcher d’'égal à égal avec lui. Vous serez comme des dieux, lui avait avait dit le serpent. Il le crut et désobéit. Cette désobéissance inspirée par l’orgueil, reçut son châtiment : la mort, c’est-à-dire la destruction de l'être humain en tant que vivant sur la terre. Symbole effrayant de la désunion foncière entre Dieu et l’homme. Dieu se montre le maître de l’homme et de la mort, qui devient ainsi l'hommage forcé de la servitude humaine