LE PRÉCIEUX SANG DE NOTRE-SEIGNEUR
prouver également la réalité de son humanité : âme et chair. Jésus l’a prouvée par l'esprit, puisqu'il a pensé comme nous, qu’il a aimé comme nous, et que, vraiment homme, il est mort en rendant l’âme comme nous. Il a prouvé la réalité de son humanité par le sang répandu à flots et cette eau qui sortit de son côté ouvert. Vrai Dieu, vrai homme, ainsi se présente Jésus. Nous pouvons avoir foi au témoignage de Dieu, le plus grand, au témoignage humain, visible de la vie et de la mort de Jésus.
Evangile selon saint Jean, c. 19.
« En ce temps-là Jésus ayant reçu le vinaigre dit : Tout est consommé. Inclinant la tête, il rendit l’âme. Or les Juifs (on était au vendredi de la Préparation pascale) ne voulant pas que les corps restassent en croix le jour du Sabbat, car ce jour du Sabbat était très solennel, prièrent Pilate de faire briser les jambes des crucifiés et de les
enlever. Des soldats vinrent donc et ils -brisèrent les
jambes du premier et de l’autre qui avait été crucifié avec lui. Mais quand ils approchèrent de Jésus et qu’ils virent qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais l’un des soldats lui ouvrit le côté de la lance et il en sortit aussitôt du sang et de l’eau. Celui qui l’a vu en rend témoignage et son témoignage est vrai. »
« Celui qui l’a vu » c’est Jean, celui que Jésus aimait. Il n’a pas quitté la croix de son Maître. Il est là avec la Mère de Jésus, Madeleine et d’autres femmes qui l’ont suivi pendant sa douloureuse Passion. Jean voit les soldats arriver. Il regarde anxieux le corps de son Maître : Sa tête s’est doucement inclinée, ses yeux sont clos, de ses mains, de ses pieds affreusement mutilés, le sang achève de couler goutte à goutte. Un silence profond règne autour de la croix, que le
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pas des soldats vient troubler. Que vont-ils faire ? Les saintes femmes apeurées se pressent l’une contre l’autre, Jean regarde. Les soldats brisent les jambes des deux larrons, qui respiraient encore. Ils viennent près de Jésus, ils-le contemplent : mort, il est bien mort. À quoi bon lui briser les jambes ? Il était écrit: Aucun de ses os ne sera brisé, et ces soldats, sans le savoir, réalisent la prophétie, Mais l’un d’eux, pour plus de sûreté, frappe son côté droit de sa lance et il frappe avec tant de force, que la pointe de sa lance atteint le cœur de Jésus. Il y avait dans ce cœur, ce cœur de mort, une réserve de sang vermeil, ce sang coule par la blessure et avec lui de l’eau. Jésus nous donne tout son sang, jusqu’à la dernière goutte. De l’eau, source sacrée pour le baptême qui fait les enfants de Dieu ; du sang, pour le Sacrement Eucharistique qui nourrit et perfectionne les enfants de Dieu. Les deux sortent du cœur transpercé de Jésus.
Offertoire : « Le calice de bénédiction que nous bénissons n'est-il pas une communion au sang du Christ? Le pain que nous rompons n'est-il pas une communion au corps du Christ ? »
Le Sang répandu pour nous sur la croix, nous le possédons, il est entre nos mains, comme le corps meurtri qui était cloué sur le bois. Ce corps et ce sang n’ont pas quitté la terre. Faitesle en souvenir de moi, dit le Maître, c’est-à-dire par ma puissance divine, maître que je suis de tout l'être des créatures, faites comme moi, dites sur le pain : ceci est mon corps, et ce sera mon corps à moi ; dites sur le vin : ceci est le calice de mon sang, et ce sera mon sang à moi.
Puis, prenez, mangez et buvez. Je demeure avec