SAINT JEAN DE GORCUM ET SES COMPAGNONS
dans la citadelle. Jean de Cologne, au récit de tant d’infortune, n'hésita point. Il quitta son habit religieux et sous un déguisement habile il put à plusieurs reprises, pénétrer dans la prison des confesseurs de la foi. Ses consolations y apportaient la joie et le réconfort. Mais un jour lui-même fut appréhendé et réuni à ceux qu'il visitait.
Leur calvaire fut horrible. Ordre fut donné par Guillaume de la Marck de conduire les prisonniers à Brielle. On les dépouille en partie de leurs vêtements et demi-nus ils partent au milieu des cris de haine de la populace. A Brielle une foule hurlante de joie les attendait, une potence se dressait à quelques pas du rivage. On force les malheureux, épuisés par les mauvais traitements à se former en procession, l’un d’eux tient une bannière à la main et deux fois ils font. à reculens le tour de la potence. Mais ce n'est pas là que Dieu les attendait pour couronner leurs souffrances. On les traîna dans une grange abandonnée du couvent des Augustins.
Le toit éventré était porté par deux poutres. Elles servirent de gibet. A cette vue les martyrs comprennent. Ils baisent la terre qu'ils vont arroser de leur sang et prient, malgré les coups, les outrages dont les soldats et la populace accourue les accablent. Nus comme le Sauveur sur la croix, ils sont pendus l’un après l’autre. Quand vint le tour de Jean de Cologne, il se souvint qu’il était Frère Prêcheur et ranimant ses forces épuisées, il parle et dit sa joie de verser son sang pour la défense de l'autorité du saint Siège et de la Présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie. A mort! à mort! crie-t-on
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autour de lui, et bientôt il est pendu au gibet Il se passa alors une scène horrible.
Dix-neuf cadavres pendaïent aux poutres. La populace se rue dessus, les arrache, les piétine, leur déchire la poitrine, leur prend le cœur, les entrailles et se livre sur ces débris affreux à d’abominables horreurs. C'était la nuit, le 4 juillet 1572.
Epitre de saint Paul aux Ephésiens, c. 6.
« Frères, au demeurant, fortifiez-vous dans le Seigneur dans la vigueur de sa force, Revêtez l’armure de Dieu pour être capables de tenir parmi les embfûches du démon. Car ce n’est pas contre des hommes que nous avons à combattre. C’est contre les Principautés, les Puissances, les Souverains de ce monde ténébreux, contre les esprits mauvais. Prenez donc l’armure de Dieu, pour pouvoir résister en ce jour mauvais et ayant soutenu tout le combat, demeurer maîtres du terrain. Tenez-vous donc prêts, les reins ceints de la vérité, la poitrine couverte de la justice comme d’une cuirasse, les pieds chaussés pour annoncer l’évangile de la paix, En tout saisissez le bouclier de la foi, grâce auquel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Mauvais! Prenez la casque du salut et le glaive de l’Esprit, qui est la parole de Dieu. Par toutes sortes de prières, de supplications, priez en toute occasion dans l'Esprit. Veillez donc avec lui en toute supplication et persévérance. »
Graduel : « Dieu vengera le sang de ses serviteurs, il les vengera de leurs ennemis et il sera clément pour la terre de son peuple — Ils viendront à Sion en chantant et la joie éternelle resplendira sur leurs fronts. Ils auront
la joie et l’allégresse.
Alleluia, alleluia. Nous avons été comblés aussitôt de votre miséricorde, nous nous sommes réjouis, nous avons été remplis de consolation. Notre joie est en proportion des jours où vous