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LE BIENHEUREUX BENOIT XI

de France en punissant les auteurs de l’attentat d'Anagni, tout en pardonnant à ceux que son prédécesseur avait traités trop durement.

Ame sincère, loyale, très humble, Benoît XI, le deuxième Pape dominicain, voulait au-dessus de tout la paix.

Un jour, sa vieille mère vint pour le voir au Vatican. Les familiers du Pape estimèrent qu'il était nécessaire de la revêtir d’une toilette plus en rapport avec la dignité de son fils. Elle dépouilla donc son humble costume et se présenta toute parée devant Benoît XI. Il regarda cette femme que l’on disait sa mère, — oh!

il la reconnaissait bien ! — et il dit : Non, cette femme n'est pas ma mère, ma pauvre mère. Et il ne voulut pas lui parler. On comprit la leçon. Peu d’instants après, elle rentrait habillée comme de coutume et le Pape la serrait dans ses bras.

Il mourut après huit mois de pontificat à Pérouse. Sentant sa fin prochaine, il se fit mettre sur un fauteuil, dans une salle du palais et tout le peuple put assister à ses dérniers moments. Il repose à Pérouse dans un magnifique tombeau.

Tout dans cet homme est admirable : sa science, son habileté dans les affaires, son courage, son humilité. Il vivait de Dieu et dirigeait toute sa vie selon Dieu, le Dieu humble et crucifié, Notre Seigneur Jésus-Christ.

Saint Jean de Gorcum et ses Compagnons, Martyrs.

LA MESSE

Introït : « Je vous ai envoyés dans les larmes et les gémissements, mais je vous ramènerai à moi dans la joie et l’allégresse pour l'éternité. — Louez le Seigneur dans son sanctuaire, louezle dans le siège de sa puissance ».

Oraison : « Dieu, qui avez glorifié le magnifique combat pour la foi de vos bienheureux Martyrs Jean et ses compagnons, par la palme de l'éternité, accordez-nous avec bonté que, luttant sur la terre, par leurs mérites et leur intercession, nous méritions d’être couronnés avec eux ». à

Ils étaient dix-neuf prêtres séculiers et religieux dont un Dominicain, Frère Jean de Cologne. HI administrait alors une paroisse en Hollande.

La terreur calviniste y faisait fureur. Les « gueux », comme on appelait ces nouveaux barbares, avaient la haine de tout ce qui était catholique. Ils avaient à leur tête, Guillaume de la Marck dont la férocité ne reculait devant aucune atrocité. La ville de Gorcum fut prise par lui et aussitôt il fit main basse sur tous les prêtres et les religieux qui se trouvaient réfugiés

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