NOTRE-DAME DU MONT-CARMEL
en pratiquant la loi de Dieu, arrivent à la béatitude éternelle.
Offertoire : « Vous êtes heureuse, sainte Vierge Marie, vous êtes très digne de toute louange, car de vous s’est levé le Soleil de Justice, le Christ, notre Dieu. ».
Marie a toutes les béatitudes : celle de la vie éternelle et celle de Mère de Dieu. En elle, tout est plénitude de grâce, de lumière, d'amour, de joie. Elle est la plus proche de l’Auguste Trinité, celle qui reçoit le plus de tout ce qu’elle est. A elle seule, elle est plus que toutes les créatures réunies. Créature elle est et elle demeure, mais sa capacité de recevoir Dieu dépasse toute mesure. De sorte que après Dieu qui est seul ce qu'il est, la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, est l’être le plus semblable à Dieu en tout ce qu’il est.
Secrète : « Seigneur, que l’humaine nature de votre Unique nous soit secourable, afin que lui, qui, né d’une vierge, n’a pas altéré mais a consacré la pureté de sa mère, en ce jour de sa fête, Jésus-Christ, Notre Seigneur, nous délivre de nos fautes, et rende notre offrande agréable à vos yeux ».
Communion : « Heureux le sein de la Vierge Marie qui a porté le Fils du Père éternel! »
Postcommunion : « Seigneur, après avoir participé aux sacrements offerts solennellement en cette fête annuelle, nous vous demandons qu’ils nous donnent les secours de la vie temporelle et de la vie éternelle ».
Par la prière, par la joie de la Sainte Vierge,
nous demandons à Dieu tout secours : secours pour cette pauvre vie de la terre où tant de périls nous entourent, où tant de souffrances nous guettent ; secours, le plus puissant secours, pour arriver malgré tout, à la vie éternelle. Notre-Dame du Carmel y conduit par la main les âmes qui lui appartiennent par état. Elle fait fleurir sur sa sainte montagne les fleurs les plus exquises : Thérèse, la mère, pleine d'amour et de lumière ; Thérèse, sa fille, plus humble au dehors par sa vie toute de douceur et de fraicheur d'enfant, et tant d’autres qui font du Carmel le & Jardin fleuri > où le divin Epoux se plait parmi les lis.
Le Bienheureux Ceslas, Confesseur, de notre Ordre.
MESSE : Os justi, p. [18].
Evangile : Designavit, p. [19].
Oraison : « Dieu qui avez donné au bienheureux Ceslas une virginale pureté de mœurs avec un zèle ardent pour le salut des âmes ; qui l'avez rendu admirable au milieu des peuples par la sainteté de ses œuvres et la prédication
de la foi, faites, nous vous en prions que, par son intercession, nous soyons toujours fermes.
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dans la foi et que nous puissions, par le don de votre miséricorde, arriver jusqu'à vous, qui seul pouvez opérer et procurer le salut éternel ».
Ceslas est le frère de saint Hyacinthe. Avec lui il vint une première fois en Italie, dès. son adolescence, envoyé par son oncle, l’évêque de Cracovie, pour y faire ses études de théologie: et de droit. À son retour en Pologne, l’évêque de Cracovie le nomma chanoine de l’église Sainte-Marie de Sandomir. Homme grave, de mœurs pures, désireux de la gloire de Dieu et : du salut des âmes, Ceslas apparaissait au peuple comme un exemple de piété, Vivant de Dieu, il s’efforçait de donner cette vie aux autres.
Or, son oncle, l’évêque de Cracovie, allant à Rome, le prit avec son frère Hyacinthe, comme compagnon de route. Précisément, à leur arrivée, ils trouvèrent la ville éternelle soulevée d’enthousiasme pour un homme qui multipliait les miracles autour de lui et annonçait avec feu la parole de Dieu. C'était un espagnol, Dominique de Gusman. Ceslas apprit bientôt que cet homme extraordinaire fondait un ordre nouveau dont le but unique était l’enseignement de la foi. Il alla l'écouter, fut charmé par sa parole, édifié par sa sainteté. Il lui demanda les détails nécessaires sur l’ordre qu’il fondait, et ravi dans son cœur il se donna à lui. Dominique le revêtit luimême de l’habit de son ordre et le garda auprès de lui pour le former à la vie religieuse, la sienne, forte de l’esprit de pénitence, lumineuse par l'étude de la doctrine, désinteressée par la pratique d’une austère pauvreté. Cesias, sous un tel maître, devint un Frère Prêcheur parfait, un vrai fils de Dominique. Son noviciat terminé, comme il était déjà prêtre, il demanda à Domi-
nique de l'envoyer comme missionnaire de Dieu et de l’ordre chez les peuples du Nord, vers sa patrie. Il partit avec la bénédiction de son père, emportant en son cœur toute la vie dominicaine. C'était à lui de la répandre dans ces pays lointains, de publier l’ordre, comme on disait alors. A Prague, d’abord, Ceslas s'arrête, prêche et captive à ce point les âmes qu’il a peine à continuer sa route. Mais partout où il passe, où il séjourne, il fonde un centre dominicain. C’est ainsi que l’Ordre des Frères Prêcheurs prend possession de ces régions par lapostolat, la sainteté, les miracles de Ceslas. Il circule dans les moindres villages pour y porter la foi ou la défendre.
Quand les Tartares envahissent la Pologne, Ceslas se retire dans la ville de Breslau, où des milliers de chrétiens se réfugient. Par ses prières, par ses larmes, il obtient de Dieu que cette ville soit épargnée. Il y meurt, dans le couvent de son ordre, en 1242.
Tous nous devons « publier l’ordre », c’est-àdire que tous nous devons :le faire connaître, le faire aimer par notre parole et par nos œuvres. Le monde a besoin toujours, comme au temps de Ceslas, de la vérité de la foi. Mais cette vérité de la foi nous ne la ferons pénétrer dans les âmes que par les moyens employés par Dominique et ses premiers fils : la pénitence, la prière, l'étude et le désintéressement des biens de la terre. L'ordre ne change pas. Son but est le même, ses moyens sont les mêmes. A nous de répandre la foi, en suivant la route tracée par nos Pères. Elle est pour nous la route unique et nous n'avons à décliner ni à droite, ni à gauche. La route est droite.
Saint Camille de Lellis, Confesseur.
MESSE : Os justi, p. [18].
Oraison : « Dieu, qui avez décoré le bienheureux Camille d’une charité toute particulière pour assister les agonisants dans leurs pénibles angoisses, répandez en nous, par ses mérites, l'Esprit de votre amour, afin que nous méritions de vaincre l’ennemi à l’heure de notre mort et d'obtenir la couronne céleste ».
Dieu se penche vers toutes les souffrances humaines. Il entend toutes nos plaintes, il sent toutes nos angoisses, surtout les dernières, celles qui précèdent immédiatement notre mort. C’est lPheure du suprême combat entre la vie et la mort, du suprême combat entre le démon et notre âme. Dieu le sait et il pourvoit par la prière instante de la sainte Eglise à notre pitoyable faiblesse. Il a fait plus. Au XVI° siècie, il suscita un ordre religieux ayant pour mission exclusive d'assister les pauvres agonisants. Son fondateur est précisément Camille de Lellis. Jeune homme, il suivit d’abord la carrière des armes et se laissa entraîner à la licence des mœurs. Dieu, qui lattendait, lui fit comprendre la gravité de ses fautes et l’attira à lui invinciblement. Camille
avait vingt-cinq ans. Deux fois, par esprit de pénitence, il entra chez les Capucins, deux fois, à cause d’une pénible infirmité, il dut quitter le noviciat. Dieu le voulait ailleurs.
C'est à Rome, dans un hôpital où il avait dû se retirer, que la lumière se fit dans son âme sur sa vocation. Il vit dans cet hôpital tant d'angoissantes agonies que son cœur en fut douloureusement ému. L'idée, la sainte idée d'assister les mourants, de les soigner, de les consoler, de les préparer à paraître devant Dieu prit possession de son esprit, Et bientôt, il institua l’ordre des Ministres des infirmes. Ses fils ajoutent aux vœux communs à tous les religieux celui d’assister tous les mourants même les pestiférés. Lui-même donnait l'exemple de la charité. Son austérité était si grande qu’il ne paraissait avoir que la peau et les os. Pendant longtemps il supporta joyeusement cinq maladies cruelles, qu'il appelait les miséricordes du Seigneur.
Camille mourut à Rome en 1614, à l'instant où, dans la prière des agonisants on dit : que le visage du Christ Jésus tapparaisse doux et joyeux !
Grande et charitable dévotion, cette pensée de prier pour les agonisants. Souvenons-nous que nous serons un jour, nous aussi, dans ce terrible passage. Prions pour les autres, afin de mériter pour nous-mêmes la pitié miséricordieuse de Jésus. Et qu'à nous également son visage apparaisse doux et joyeux.
Saint Vincent de Paul, Confesseur.
MESSE : Justus ut palma, p. [16] Evangile : Designavit, p. [19].
Oraison : « Dieu, qui pour évangéliser les pauvres et accroître l’honneur de l’ordre ecclé- siastique avez fortifié le bienheureux Vincent de la puissance apostolique, accordez à ceux qui vénèrent ses pieux mérites d’imiter l'exemple deses vertus ».
Vincent de Paul, lui, est tout charité. Il n’a pas un but particulier : toutes les misères humaines lui appartiennent. Les prêtres à former, les pauvres à évangéliser, les malades à soigner, les enfants à recueillir, les pauvres à soulager, tout est de son ressort. Son cœur n’a pas de limite. Pourvu que l’on ait besoin d’assistance, on appartient à Monsieur Vincent, comme on l’appelait. On dirait que Jésus a pris son cœur et lui a donné le sien. C’est tout un: même bonté inépuisable, même simplicité d’allure.
Monsieur Vincent ne fait pas de bruit. Sa charité est discrète, mais forte, pénétrante. Dès sa jeunesse il a connu la souffrance, étant captif chez les Maures, et son cœur n’a fait que se L dilater davantage. Homme instruit, par ailleurs, prudent et-sage, de bon conseil, il s’occcupe de
La liturgie dominicaine. — VIII. 4
la conscience des rois avec la même sérénité que de recueillir un enfant abandonné. Il dirige les âmes, il instruit ses disciples, il forme le clergé, il multiplie les quêtes, il répand ses bienfaits partout, sans que l’on puisse dire en quelle chose il excelle le plus.
Cœur simple, cœur droit, cœur affable, Monsieur Vincent fait son œuvre de charité immense et meurt avec autant de simplicité qu’il a vécu en 1660. Mais il ne meurt pas tout entier. Il laisse d'innombrables fondations de sa charité; il laisse ses admirables Filles, ses Lazaristes qui soutiennent de siècle en siècle, sur toutes les plages du monde, l’œuvre de Monsieur Vincent. Son cœur n'a pas quitté la terre. On le rencontre partout comme le cœur de Jésus, son maître.
Saint Jérôme Emilien, Confesseur.
MESSE
Introït : « Mon cœur s’est effondré par terre en voyant la ruine de mon peuple, en voyant mourir. sur la place publique les enfants et ceux qui étaient encore à la mamelle.
Enfants, louez le Seigneur, louez le Nom du Seigneur ».
Oraison : « Dieu, Père des miséricordes, par