LE BIENHEUREUX JEAN DE SALERNE
Aussi, cette mère privilégiée voulut-elle élever
elle-même avec un soin jaloux lenfant prédestiné. Sur ses genoux, Dominique apprit à balbutier les noms bénis de Jésus et de Marie ; il apprit à aimer Dieu et à lui garder une inviolable fidélité. Si chacun de nous reçoit de sa mère l’empreinte morale la plus profonde, nous pouvons dire que de sa sainte mère Dominique reçut ce qu’il eut de meilleur en lui: sa pureté virginale, sa foi lumineuse, son zèle apostolique. Et de cette sorte Jeanne d’Aza est à la lettre l’aïeule des Prêcheurs. Ils ont reçu beaucoup d’elle en devenant Ses petits-fils.
+ Jeanne d'Aza mourut à Calaruega, aimée et vénérée de tous. Transportés d’abord à Gumiel d'Yzan-ses restes furent, dans la suite, par les soins de l’Infant Emmanuel, neveu du roi saint Ferdinand, déposés dans le couvent qu’il bâtit aux Frères Prêcheurs à Pénafiel. Lui-même porta . triomphalement sur ses épaules le sacré dépôt et le plaça dans un tombeau richement orné, près de l'autel majeur.
Le bienheureux Jean de Salerne, MESSE : Os justi, p. [18].
Evangile : Designavit, p. [19].
Oraison : « Dieu, qui, pour l’acroissément de la foi, avez fait du bienheureux Jean un prédica-
teur remarquable de votre parole, accordez-nous, par son intercession, de confesser de bouche pour notre salut ce que nous croyons de cœur pour notre justification ».
Jean de Salerne reçut l’habit à Bologne des mains de saint Dominique. Il fit partie du groupe de Frères envoyés par le bienheureux Père en Toscane pour y « publier l'Ordre ». Et quoique le plus jeune d’entre eux, Dominique le mit à leur tête, c’est dire la sainteté de celui qui méritait un tel choix.
Jean se fixa avec ses compagnons près de Florence, à Ripoli, dans une maison que lui offrit un citoyen de cette ville. Tous les jours l’homme de Dieu se rendait à Florence où ses prédications exerçaient la plus salutaire influence. Eloquent, instruit, de mœurs intègres, bon et affable à tous, il attirait les cœurs. Mais les Recteurs de Florence comprirent combien il était pénible à Jean de Salerne de faire tous les jours la route de Ripoli à Florence. C'était une fatigue inutile et une réelle perte de temps. Ils lui proposèrent donc d'installer ses religieux dans la ville même de Florence, d’abord à Saint-Pancrace, puis à Saint-Paul, enfin, et cette fois définitivement, à Sainte-Marie Nouvelle ou des Vignes.
Jean de Salerne a donc cette gloire d’être le fondateur du célèbre couvent de Sainte-Marie Nouvelle dont la merveilleuse église, bâtie par les Frères Convers, fait l'admiration du monde. Mais plus que cette église, l’œuvre accomplie à Florence par les Prêcheurs, au cours des siècles, mérite la louange et la reconnaissance des Florentins. Car de cette maison sont sortis les religieux les plus illustres par leur sainteté et leur doctrine.