SAINT GAÉTAN
nous ? Les païens s'occupent de ces choses. Mais votre Père sait que vous en avez besoin, Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice et tout le reste vous sera donné par surcroît. »
C’est toute la vie de Gaétan. D’abord prélat de la cour de Jules Il, mais attiré par l’Esprit- Saint à un détachement complet des biens de la terre, — ce qui n’était pas le propre de ce Pontife — il se retira et se dévoua avec un zèle infatigable au salut des âmes. On l’appelait, de ce chef, le « Chasseur d’Ames ».
Voulant restaurer précisément la discipline ecclésiastique en la ramenant à la vie primitive des apôtres, Gaétan fonda un Ordre de Clercs Réguliers qui devaient pratiquer la pauvreté absolue et vivre de ce que la charité publique leur donnerait spontanément. Défense même de mendier. C'était la pratique, à la lettre, des paroles de Notre-Seigneur. Idéal merveilleux ! Mais pour le réaliser, il faut être deux’: celui qui donne et celui qui reçoit. Souvent, trop souvent, celui qui donne spontanément manque. Et c’est pourquoi, cet idéal magnifique ne peut se réaliser longtemps. Dieu le ranime dans certaines âmes pour que cette pensée les détache de la terre et même si elle ne peut pas les détacher de façon absolue, pour que, à tout le moins, ce grand principe soit rappelé et opère fructueusement en élevant les cœurs vers les biens éternels. Certaines vocations, comme celle de Gaétan, ont cet effet rayonnant qui n’est pas tout ce qu’elles désirent, mais qui, cependant, produit quelque chose de ce qu’elles désirent. Saint Gaétan mourut, dans la pratique absolue de la pauvreté, telle que l’'Esprit-Saint la lui avait inspirée.
La bienheureuse Jeanne d’Aza, Mère de N.B.Père S. Dominique.
MESSE : Gaudeamus, p. [25].
Oraison : « Dieu, qui avez révélé merveilleusement à la bienheureuse Jeanne, votre servante, la grâce de la vocation de son fils Dominique, faites, nous vous en prions, que, en limitant elle même et le Fils qui lui fut montré, par l'intercession des deux, nous arrivions à la récompense éternelle ».
Heureuse mère ! La mère de deux saints :
Dominique et Mannès. Mais Dominique est le plus grand. Elle en eut le divin pressentiment, car c'était une noble Dame, foncièrement chrétienne, ardente à toutes les œuvres de charité. Dans le domaine qui lui était soumis, Jeanne avait le souci de toutes les misères humaines. Elle secourait les pauvres, elle soignaïit les malades, et ne négligeait pas, pour autant, la contemplation des choses divines.
Cette âme apostolique fut choisie par Dieu pour former le grand apôtre Dominique. Un pèlerinage qu’elle fit au tombeau de saint Dominique de Sylos, illustre abbé bénédictin, lui valut de connaître par son entremise que lenfant qu’elle portait dans son sein serait béni de Dieu. Et cette bénédiction spéciale lui fut révélée en songe. Il lui sembla porter en elle un chien, avec une torche enflammée dans sa gueule, dont il illuminait la terre.