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La liturgie dominicaine, — VIII. 219

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— Les yeux du Seigneur sont sur les justes ; ses oreilles sont attentives à leurs prières ».

Chaque élu a sa louange personnelle qui vient en lui de la bonté de Dieu, et retourne à la louange suprême de Dieu. Cette louange personnelle est faite des grâces que chacun reçoit. Elles forment dans une âme sa physionomie à elle, qui fait qu’une âme ne ressemble pas à une autre âme. Les dons de nature, le tempérarament individuel entrent même pour une part, part inférieure, mais part réelle dans cette physionomie personnelle de l’âme. Sur le fond commun de la nature humaine comme sur le fond commun de la grâce surnaturelle, Dieu bâtit en chaque âme un temple particulier qui lui est propre, et qui devient sa louange propre à la bonté de Dieu, dans le temps et dans l'éternité.

Hyacinthe, le Polonais, frère du bienheureux Ceslas, a donc sa physionomie de saint à lui. Il est le Prêcheur infatigable, Vapôtre qui une fois reçue la mission de son Père Dominique s’en va dans les pays du nord et porte partout, avec la vie de l'Ordre nouveau des Prêcheurs, la foi chrétienne. Il est l’Apôtre et dans ses mains qui sont comme les mains du Créateur, il garde, pour les distribuer à plaisir, lés miracles qui assurent le succès de sa parole. C’est ainsi qu’il faut regarder Hyacinthe, oublieux de lui-même, n'ayant plus dans l'esprit de pensée, dans le cœur d'amour que pour Jésus-Christ. Où n’estil pas allé? Toutes les régions du nord de l'Europe l’ont vu, l’ont entendu. Il a parcouru la Hongrie, la Bohème, les Balkans, la Pologne, les pays Scandinaves, la Russie. Et partout il a semé avec la foi chrétienne l'Ordre des Précheurs.

SAINT HYACINTHE 131 Oraison : « Dieu, qui avez rendu glorieux par la sainteté de ses œuvres et l'éclat de ses prodiges, le bienheureux Hyacinthe, votre Confesseur, au milieu des nations les plus diverses, accordez-nous de réformer nos mœurs à son exemple et d’être protégés par son secours dans le malheur ».

Epître de saint Paul aux Thessaloniciens, ESP?

« Frères, nous trouvâmes en notre Dieu la confiance de vous prêcher l’évangile de Dieu, parmi bien des difficultés, Notre prédication ne procéda ni de l'erreur ni d'aucun motif coupable, ni d'aucune fraude. Mais, selon que nous avons été jugé digne par Dieu d’être chargé de l’évangile, ainsi nous parlons, comme quelqu'un qui veut plaire, non pas aux hommes, mais à Dieu, qui scrute notre cœur. Jamais nous ne nous présentâmes avec des paroles de flatterie, vous le savez, ni avec le souci de tirer quelque profit de notre ministère, Dieu m’en est témoin, ni pour acquérir quelque gloire humaine de vous ou de qui que ce soit. Nous aurions pu être à votre charge, comme Apôtres du Christ. Mais nous nous sommes fait tout petit au milieu de vous, comme une mère qui entoure de soins sés enfants. Brüûülant, pour vous, d’un amour semblable au sien, nous désirions ardemment vous donner, non pas seulement l’évangile de Dieu, mais notre vie même, tellement vous nous étiez devenus chers. »

Chaque mot de cette Epître s'applique à saint Hyacinthe.

Graduel : « ‘Instruit dès son enfance, il fut rempli de sagesse comme un fleuve. Eprouvé dans sa foi, il fut trouvé fidèle dans ses paroles. — Pendant sa vie il opéra des prodiges et après sa mort il multiplia les merveilles.

Alleluia, Alleluia. Réjouis-toi, Hyacinthe, mon fils, car tes prières sont exaucées par mon Fils,

Ce 4: M Es ms) LL 13226 LA LITURGIE DOMINICAINE

tout ce que tu jugeras bon de demander, par mon intervention tu l’obtiendras ».

Comme son père Dominique, Hyacinthe avait au cœur une tendre dévotion à la sainte Vierge. Comment être apôtre de Jésus, sans aimer sa mère et sans mettre sous sa protection ses travaux apostoliques ? Hyacinthe sentait vivement les difficultés de son ministère. Ces peuples qu’il voulait gagner au Christ, il fallait les arracher au démon, réformer leurs mœurs, éclairer leur intelligence. Tâche rude, même à un saint. Et c’est pourquoi Hyacinthe en appela à la mère de Dieu. Elle lui répondit, dans une joyeuse vision : Réjouis-toi! Ne crains rien, compte sur moi! Va et prêche, je suis là.

Evangile selon saint Matthieu c. 10.

« En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Allez, prêchez et dites : Le royaume de Dieu est proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Gratuitement vous recevez ces pouvoirs, exercez-les gratuitement. Ne possédez ni or, ni argent, ni monnaie dans votre ceinture. N’ayez pas de sac, ni deux tuniques, ni chaussures, ni bâton. L'ouvrier mérite sa nourriture. »

C’est la loi générale de l’apostolat : Prêcher, sauver les corps et les âmes, le tout avec le plus entier désintéressement. Cette loi Hyacinthe l'avait reçue des mains de Dominique. Son esprit le suivait partout. Il n’est pas un prédicateur quelconque ; il est le fils de Dominique et il se montre tel en tous lieux.

Offertoire : « Le Seigneur a appelé d’une terre lointaine l’homme qu’il désirait. Il lui a donné des trésors cachés, il lui a révélé les mystères secrets ».

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