‹ La liturgie dominicaineChapitre 61 sur 178 · SAINT HYACINTHE ESS · texte numérisé non relu

SAINT HYACINTHE ESS

Cette vocation d'Hyacinthe est, en effet, mer-

veilleuse. Il fallait, pour que l’ordre nouveau des Prêcheurs fût connu rapidement chez les peuples du-Nord et y produisit ses fruits de sainteté, avoir sous la main des apôtres originaires de ces peuples mêmes. Dieu les envoie à Dominique. Il les lui amène, sans qu’il ait besoin de les chercher. De sorte que, par cette intervention providentielle, Dominique put immédiatement prendre possession des régions qu’il avait désiré évangéliser lui-même. Hyacinthe et son frère Ceslas viennent à Rome au moment précis où Dominique s’y trouve et a besoin d’eux. Il leur donne l’habit de son ordre, il les instruit luimême de ses projets apostoliques, il les forme à l’observance qu’il impose à ses fils. Et quand les deux Frères retournent dans leur pays, ils y retournent en Prêcheurs. Tous les trésors cachés, tous les secrets de Dominique, son esprit et sa règle, ils les possèdent et les couvents qu’ils sèment sur leur route sont des couvents de vrais Prêcheurs.

Secrète : « Par l'intervention de votre Auguste Mère, Seigneur, que le bienheureux Hyacinthe, cet intrépide voyageur sur les flots, porte ce sacrifice en présence de votre divine Majesté et, daignez, dans votre bonté, l’accepter pour notre salut >». é

Ce « voyageur intrépide sur les flots » nous rappelle un épisode angoissant de la vie d'Hyacinthe. Les Tartares assiégeaient Kiev où le saint avait établi un couvent de l'Ordre. Il était à l'autel quand les Frères l’avertirent que les hordes barbares pénétraient dans la ville. Hyacinthe prit le ciboire renfermant les Saintes

Hosties et, suivi de tous les religieux, il traversait l’église pour gagner la partie non cernée de la ville, quand passant devant la statue de Ia sainte Vierge il l’entendit qui disait : Eh quoi ! tu emportes le Fils et tu laisses la Mère! Or cette statue était grande et en albâtre. — Mère, répond le Saint, votre statue est si lourde ! — Soulève-la, reprit Marie, elle te sera légère. Hyacinthe la prit de son bras resté libre et il sortit. Chargé de ses deux fardeaux précieux, il passa le fleuve Dnieper avec ses compagnons, en marchant sur les flots.

Communion : « Mon bien-aimé est éclatant de blancheur, son visage est couleur de rose. Ses mains sont finement moulées et pleines d'hyacinthes ».

Jeu de mots gracieux sur le nom d’Hyacinthe, mais réalité précieuse, car vraiment ses mains offraient à Dieu les fleurs les plus suaves. |

Postcommunion : « Ceux que vous avez réjouis, Seigneur, par l’ineffable suavité de votre corps et de votre sang, aidez-les par la prière du bienheureux Hyacinthe et faites-les parvenir à l’éternelle félicité ».

Après une longue vie de labeurs apostoliques, le jour même de l’Assomption, en 1257, à Cracovie, Hyacinthe rendit son âme à Dieu. Il entrait dans la joie du ciel comme porté à son tour par Celle qu’il avait tant aimée sur terre.

Le bienheureux Aimon Taparelli, Confesseur, de notre Ordre.

MESSE : Os justi, p. [18].

Oraison : « Dieu tout-puissant, plein de miséricorde, dont le service est régner, par l’intercession du bienheureux Aimon, votre Confesseur, que vous avez fait remarquable prédicateur de la foi, faites que, après vous avoir servi fidèlement sur terre, nous méritions de jouir avec lui de votre royaume éternel däns le ciel ».

Fils d’une noble famille, Aimon Taparelli naquit à Savigliano à la fin du XIV° siècle.

C'était l’épôque où, malgré les calamités du Schisme d'Occident, un réveil religieux se manifestait dans tous les ordres et spécialement dans celui de Saint-Dominique. Il avait été mérité et commencé pour lui par les prières et les: souffrances de sainte Catherine de Sienne.

Aimon fut séduit par cette vie apostolique et, dès ses jeunes années, il entra dans l’ordre des Prêcheurs. Il fut un religieux d’observance régulière, très humble et très pauvre, indulgent pour les autres. Il fut aussi un religieux instruit, si bien que, après avoir enseigné dans l'Ordre les sciences sacrées, il fut appelé à les .enseigner dans l’université de Turin. Il le fit avec éclat. Sa sainteté et sa doctrine étaient si réputées

que le duc de Savoie, le bienheureux Amédée, le prit pour prédicateur de la cour et le choisit comme confesseur.

Mais la Providence lui destinait une autre mission. À la mort du bienheureux Barthélemi Cerveri, massacré par les hérétiques, en haïne de la foi, Aimon Taparelli fut appelé à lui succéder. Tâche rude et dangereuse qu’il remplit avec zèle et sage prudence. Sa prière était incessante. Il estimait, sans doute, que là était la vraie force de l’apostolat.

Aimon vécut ainsi jusqu'à l’âge de cent ans et il mourut en tenant en ses mains un crucifix qu'il garda ainsi après sa mort, sans qu'on pût le lui enlever.

Symbole touchant de toute une vie passée au service de Jésus crucifié. C’est la vie vraiment apostolique du serviteur qui s’oublie pour son maître, lui consacre ses forces et trouve son suprême bonheur à mourir entre ses bras.

La bienheureuse Emilie Bicchieri, Vierge, de notre Ordre.

MESSE : Gaudeämus, p. [25].

Oraison : « Dieu, qui avez accordé à la bienheureuse Emilie, votre Vierge, la grâce de mépriser toutes les choses de la terre et de ne rechercher que vous seul, faites que, par ses mérites

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