‹ La liturgie dominicaineChapitre 74 sur 178 · LA DÉCOLLATION DE SAINT JEAN-BAPTISTE · texte numérisé non relu

LA DÉCOLLATION DE SAINT JEAN-BAPTISTE

femme de son frère Philippe qu’il avait épousée. Car Jean disait à Hérode : Il ne t’est pas permis d’avoir la ferme de ton frère. Hérodiade lui tendait des pièges. Elle voulait le faire mourir, mais ne pouvait pas. Car Hérode craignait Jean, qu’il savait être un homme juste et saint. Il le protégeait donc, lui demandait souvent conseil et faisait beaucoup de choses d’après ses avis. Mais un jour opportun (pour Hérodiade) se présenta. Hérode, pour fêter son anniversaire de naissance, offrit un festin, aux princes, aux chefs de ses troupes, aux grands per- .- sonnages de Galilée. La fille d'Hérodiade entra dans la salle du festin, dansa et plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : Demande-moi ce que tu veux et je te le donnerai. Il fit même ce serment : tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même la moitié de mon royaume. Elle sortit et dit à sa mère : Que vais-je demander ? Elle répondit : la tête de Jean-Baptiste, Aussitôt elle rentra en hâte auprès du roi et lui fit cette demande : Je veux que vous me donniez au plus vite la tête de Jean-Baptiste sur un plat. Le roi fut attristé. Mais à cause du serment qu’il avait fait, À cause de ceux qui étaient à table avec lui, il ne voulut pas la contrister, Il envoya un garde qui avait ordre d'apporter la tête de Jean-Baptiste sur un plat, Ce garde le décapita dans la prison et apporta sa tête sur un plat. Il le donna à la jeune fille et la jeune fille à sa mère, L’ayant appris, les disciples de Jean vinrent, énlevèrent son corps et le déposèrent dans un tombeau. »

Ainsi cet homme juste devait finir. Précurseur de Jésus, Jean était lié à Jésus par la même destinée. Jésus mourra pour avoir dit la vérité, toute vérité, Jean meurt pour avoir dit, lui aussi, la vérité. Non licet ! Ce n’est pas permis. Et pendant des siècles, en face de l’erreur, des millions de chrétiens mourront pour avoir dit la vérité. Vous serez mes témoins, à prophétisé le Maître à ses disciples, tous ses disciples, jusqu’à la fin des temps, vous serez mes témoins et des témoins doivent être prêts à mourir plutôt que de trahir la vérité !

Jean-Baptiste est le premier témoin de Jésus. Le premier il affirme ce qu'il est. Il s’attache ainsi à lui, à la vérité, et rien ne le fera trahir la vérité. Non licet ! Ce n’est pas permis. Jean meurt de cette parole.

Offertoire : « Seigneur, vous avez réalisé les désirs de son cœur, la prière de ses lèvres. Vous avez placé sur sa tête une couronne de pierres précieuses ».

Secrète : « Seigneur, nous vous présentons ces offrandes en l’honneur de la Passion de votre saint Martyr Jean, faites que, par sa prière, elles soient profitables à notre salut ».

Communion : « Sa gloire est grande par votre bonté. Vous le comblez d'honneur ».

Postcommunion : « Seigneur, que la solennité bienheureuse de saint Jean-Baptiste nous fasse vénérer ce que représentent les augustes sacrements que nous avons reçus et concevoir une sainte joie de les avoir reçus ».

N'oublions pas qu’en ce jour on fait mémoire de sainte Sabine, cette bienheureuse martyre de l’Aventin. Saint Dominique a pour toujours attaché son ordre à sa mémoire, quand il reçut du Pape Honorius III, son église et le couvent qui lui était annexé ! Tout Frère Prêcheur est fils de Sainte-Sabine. C’est un des pèlerinages les plus chers à un cœur dominicain. Quand on passe cette porte par où notre bienheureux Père est entré lui-même dans l’église de Sainte-Sabine, on passe avec lui, on s’agenouille avec lui sur le pavé, on prie avec lui. Son cœur y est toujours présent.

30 AOUT Sainte Rose de Lima, Vierge, de notre Ordre.

LA MESSE

Introït : « Réjouissons-nous dans le Seigneur, et célébrons ce jour de fête en l’honneur de la bienheureuse Rose, Vierge, dont la solennité réjouit les Anges et leur fait louer tous ensemble le Fils de Dieu, — Mon cœur dit une bonne parole. Je consacre toutes mes œuvres au roi ».

Oraison : « Dieu tout-puissant, auteur de tous les biens, qui avez prévenu la bienheureuse Rose de la rosée de la grâce céleste et qui l’avez fait briller dans les Indes de l’éclat de la pureté et de la patience, accordez à vos serviteurs de la suivre à l’odeur de ses parfums et de devenir eux-mêmes une bonne odeur du Christ ».

Rose de Lima est la première sainte de l’Amérique. Sainte toute parfumée des grâces divines, comme il convient à une rose, mais à une rose couleur de sang. Car, ne nous y trompons pas, cette humble tertiaire dominicaine dont le nom symbolique rappelle la fraîcheur et le parfum de la rose, fut une tertiaire crucifiée. Sa pénitence était rude, ses épreuves morales furent plus rudes encore. Elle eut à souffrir les violentes attaques des siens, les morsures des mauvaises langues, les moqueries de son entourage. Voyez

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