‹ La liturgie dominicaineChapitre 94 sur 178 · LIT · texte numérisé non relu

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le Fils de Dieu. — Mon cœur dit une bonne parole : je consacre au Roi tous mes chants ».

Oraison : « Dieu, dont le Fils unique, par sa vie, Sa mort et sa résurrection, a mérité pour nous la récompense du salut éternel, accordeznous que, en nous rappelant, par le très saint Rosaire de la bienheureuse Vierge Marie, ces mystères de la foi, nous imitions ce qu’ils contiennent et nous obtenions ce qu’ils promettent ».

Le Rosaire ,en effet, nous propose les mystères de la foi pour notre instruction et notre vie morale. Ils doivent produire en nous la lumière et la charité. À cette condition, ils nous aideront à gagner le ciel.

Lecture du Livre de la Sagesse, Prov. &.

« Le Seigneur me possède, depuis le commencement, avant qu’il produise aucune créature. Je suis de toute éternité, bien avant que la terre fût créée. Les abîmes n'étaient pas encore, et moi j'étais conçue. Les sources n'avaient pas jaïlli de la terre, la masse pesante des montagnes n'était pas formée, et moi j'étais enfantée avant les collines. Il n'avait créé ni la terre, ni les fleuves, ni affermi le monde sur ses pôles. Lorsqu'il préparait les cieux, j'étais présente, lorsqu'il environnait les abîmes de leurs bornes et les tenait sous une loi inviolable ; lorsqu'il affermissait l’air au-dessus de la terre et lorsqu'il donnait l'équilibre aux eaux des fontaines ; lorsqu'il enfermait la imer dans ses limites et lorsqu’il imposait à ses flots une loi qui l’empêchait de franchir ses bords ; lorsqu'il posait les fondements de la terre, j'étais avec lui et je réglais toutes choses. J'étais chaque jour dans la joie, me jouant sans cesse devant lui, me jouant sur l’immensité de la terre. Mes délices sont d’être avec les enfants des hommes. \

Ecoutez-moi donc maintenant, mes enfants. Heureux ceux qui gardent mes voies. Ecoutez mes instructions, soyez sages et ne les rejetez point. Heureux celui qui m'écoute, qui veille tous les jours à l’entrée de ma maison

et qui se tient à ma porte. Celui qui me trouve, trouve la vie. Il puisera son salut dans la bonté du Seigneur. »

Il s’agit en premier lieu de la sagesse aui présida à la création des mondes et préside aussi à leur. gouvernement.

Mais il y a une autre sagesse, celle qui est dite: le siège de la sagesse, la très sainte Vierge, Mère de Dieu. Dans la pensée éternelle de l’Auguste Trinité, la sainte Vierge était présente à la création du monde, présente à l’Incarnation du Fils de Dieu, puisqu'elle devait être sa mère ; présente à la douloureuse Passion du Rédempteur, puisque, par la vertu de son sang et de ses propres larmes, elle était destinée à être la Mère de tous les hommes.

Marie est ainsi en première ligne dans la pensée éternelle de Dieu, dans cette sagesse qui ordonne tous les êtres créés vers leur fin suprême : la gloire de Dieu.

Graduel : « Par votre vérité, par votre douceur, par votre justice, régnez ! Votre droite vous conduira merveilleusement. — Ma fille, écoute, penche ton oreille vers moi, car le roi. est épris de ta beauté.

Alleluia, Alleluia. C'est la solennité de la glorieuse Vierge Marie, issue de la race d’Abrabam, de la tribu de Juda, de la maison de David ». 5

Humainement, ce sont les titres de la sainte Vierge : Elle est descendante d'Abraham, de Juda, de David. Elle appartient par conséquent à la famille royale qui devait donner le jour au Messie.

L'Ange Gabriel vient précisément trouver

l’humble Vierge, fille de David, et lui annonce, au nom de Dieu, que c’est elle qui est destinée à être la Mère du Messie promis, du Sauveur du monde.

Evangile : Missus est, Fête du saint Nom de Marie, p. 182.

Gabriel dit, le premier, à la sainte Vierge, le salut que nous lui redirons par le Rosaire. C’est lui le premier confrère du Rosaire et avec lui tous les anges de Dieu entrent dans la céleste confrérie. Car tous les anges de Dieu ont Marie pour souveraine et s'’inclinent devant elle en

-lui disant joyeusement avec Gabriel: Je vous salue, pleine de grâce ! Le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes.

Quand nous disons à Marie cette salutation, nous la disons avec tous les anges de Dieu, de sorte que, au ciel et sur la terre, le Rosaire effeuille ses roses d'amour. devant la sainte Vierge. Nos salutations s'unissent aux salutations des anges. C’est le chant merveilleux de toutes les créatures à la Reine du monde.

Offertoire : « Ecoutez-moi, germes divins, portez des fleurs comme les rosiers plantés sur le bord des eaux. Répandez, comme le Liban, la suavité de vos pariums ».

Secrète : « Disposez-nous, Seigneur, à vous offrir dignement ces présents et à honorer par les mystères du très saint Rosaire, la vie, la passion et la gloire de votre Fils unique, de manière à ce que nous devenions capables de recevoir l'effet de vos promesses ».

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Communion : « Fleurs, fleurissez comme le lis, répandez vos parfums, poussez des rameaux gracieux, chantez ensemble un cantique et bénissez le Seigneur dans ses œuvres ».

Ces textes fleuris et parfumés ont rapport à la Rose mystique qui symbolise le Rosaire.

Mais ils ne doivent pas nous faire oublier que ces fleurs, ces parfums, ces pousses gracieuses sont en réalité les actes de vertu, les actes de foi, d'espérance et de charité — divin parterre, — que nous devons, par le rosaire, produire en abondance. S’arrêter au symbole serait peu, il faut aller à la réalité qu’il revêt et doit faire fructifier dans nos âmes. Le Rosaire nous épelle, pour ainsi dire, la bonté de Dieu pour nous.

À nous de répondre à cette bonté par un amour sans cesse grandissant. Sans ce bénéfice réel, nous redirions vainement notre Rosaire. Il est avant tout une pratique très grave, très évangélique et, comme tel, il doit opérer dans nos âmes par la vertu des mystères qu'il rappelle et l’intercession de la Mère de Dieu qu'il salue et glorifie : une sainteté vraie, profonde. Autrement, ce serait un jeu puéril.

Postcommunion : « Seigneur, faites que nous soyons secourus par la prière de votre très sainte Mère dont nous célébrons le Rosaire, afin que nous participions à-la vertu des mystères que nous vénérons et que les sacrements reçus par nous produisent leurs effets dans nos âmes. f

C’est la grâce totale du Rosaire, bien compris et bien pratiqué.

Saint Remi, Confesseur, Pontife.

MESSE : Sfatuit, p. [12].

Oraison : « Accordez-nous, Dieu tout-puissant, que la vénérable solennité du bienheureux Remi, votre Confesseur et Pontife, augmente en nous la piété et la grâce du salut ».

Remi est un de ces grands évêques des Gaules qui ont fait la France. Il eut un rôle prépondérant dans cette formation chrétienne de la France, car c’est lui qui, après la bataille de Tolbiac, baptisa le chef des Francs, Clovis.

La belle page d'histoire pour l'Eglise de Dieu. Fr

L’épouse de Clovis, ce barbare, au cœur noble, droit, déjà chevaleresque était chrétienne. Mais Clotilde ne pouvait vaincre les résistances païennes du chef. Il y avait en lui trop de passions fougueuses, trop d’attaches aux vieilles pratiques de ses ancêtres, trop d’orgueil aussi pour S’humilier devant la croix de Jésus-Christ. Clotilde priait et, dans la vie invisible, l’Auguste Trinité suivait avec amour les pas de celui qui allait lui donner la France. Clovis combat pour s'assurer une victoire humaine et s’emparer définitivement d’un territoire. Dieu, lui, combat à ses côtés pour créer la France chrétienne. Au- . dessus des armées, à Tolbiac, plane la prière

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de Clotilde, mais plus encore plane la douce Colombe de l’Esprit-Saint qui veut faire son œuvre de vie. Et l’Esprit-Saint fit cette œuvre.

Clovis, effrayé de voir ses soldats reculer, s’écrie : Dieu de Clotilde, au secours ! Et il forme le dessein, s’il est vainqueur, d’adorer ce Dieu inconnu.

IH l’exauça. Vainqueur des Alamans, Clovis, avec sa droiture d'âme un peu violente, va trouver Remi, l’évêque de Reims. Il se fait instruire et, devant le Pontife du Christ qui lui raconte des choses si belles, si douces, si consolantes ; qui ouvre à ses yeux émerveillés les perspectives radieuses de l'éternité, le cœur de Clovis s’attendrit. Le barbare comprend. Il s’émeut, il s’emporte même de tout son fougueux caractère, quand il entend Remi lui redire la douloureuse Passion de Jésus : « Si j'avais été là avec mes Francs ! >» Naïve et touchante exclamation de ce barbare. Il incline la tête et reçoit le baptême. Avec lui, des chefs et des soldats deviennent chrétiens. La France est née. Elle date du baptistère de Reims.

C'est la grande œuvre de Remi, celle qui:

domine toutes les autres. Saint Remi est vraiment le Père de la France chrétienne. Il mourut après avoir gouverné l'Eglise de Reims plus de soixante-dix ans.

A ce grand homme nous. devons demander la protection sur notre patrie. Nous devons lui demander aussi de nous remplir du véritable esprit chrétien, celui qu’il donna, par le baptême, à Clovis et à ses Francs.

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