‹ La Lobite Supérieure Droite TuberculeuseChapitre 10 sur 63 · SAN, DES · texte numérisé non relu

SAN, DES

sommet hilaire s’insinue entre les images lobaires, c'est l'air insufflé qui pénètre entre les lobes et les dissocie. Nous avons même rencontré un cas (obs. LXXXVI) où le lobe supérieur est fixé au thorax, tandis que les deux autres lobes, réunis entre eux par la symphyse de la scissure inférieure sont, d'autre part, soudés au diaphragme. Il en résulte un angle interlobaire supérieur dont les branches s’écartent pendant l'inspiration et se rapprochent pendant l’expiration à la manière des mâchoires d’un poisson, justifiant ainsi « l'indépendance cinématique des lobes pulmonaires » (SERGENT). - à

Comme toutes les lésions tuberculeuses, la lobite supérieure droite présente une double tendance évolutive vers la caséification et vers la sclérose ; il peut en résulter d'importantes modifications de l’image radiologique. La caséification peut amener l’excavation et l’augmentation du nombre ou du diamètre des images spéléomorphiques, comme nous l’avons déjà indiqué ; la sclérose amènera des phénomènes de rétraction sur lesquels il est nécessaire d’insister.

La rétraction peut se manifester du côté de la paroi : les côtes deviennent de plus en plus rapprochées et contribuent à la diminution de la surface du champ pulmonaire ; elle peut se manifester, du côté des organes, par l'attraction trachéale, (qui se traduira, aux rayons, par l'apparition d’une bande longitudinale, claire, convexe vers la droite et longeant l’image sombre de densification lobaire), ou par l'attraction de tout le médiasüin. Dans ce cas, l'ombre médiastine sera déviée vers la

droite et l’ombre cardiaque, suivant le monvement de translation, aura disparu de la moitié gauche du champ pulmonaire. Mais, c’est surtout au niveau de la scissure interlobaire que les phénomènes sont intéressants à éludier ; il peut, en effet, se produire de véritables déformations de l’interlobe, bien décrites par MM. Risr et AMEUILLE. Sous l'influence de la sclérose rétractile, le lobe supérieur diminue de volume et exerce, sur l'interlobe, une traction telle que celui-ci va se déplacer vers le haut. S'il n’y a pas d’adhérences au pourtour de la scissure, celle-ci subit une ascension vers le sommet du poumon : la limite inférieure est toujours nette et obéit encore aux lois de BÉCLÈRE ; son extrémité interne reste à peu près fixe, à bauteur du hile, sensiblement au niveau du disque qui sépare les quatrième et cinquième vertèbres dorsales, mais son extrémité externe remonte plus ou moins haut, peut se trouver cachée par la clavicule (rendant plus difficile le diagnostic de lobite) ou, continuant son mouvement ascensionnel, peut, dans les cas extrêmes de sclérose rétractile (obs. XCVIIT), atteindre la partie supérieure de la paroi thoracique, de sorte que, l'ombre scissurale, primitivement horizontale ; peut devenir sensiblement verticale. C'est « l’image très spéciale des arrêts de lobite » que M. le Pr Léon BERNARD à décrite en ces termes : « On voit la rétraction scléreuse du foyer augmenter progressivement, l’image en mie de pain ou lacunaire, s’affaissant sur elle-même à mesure que la ligne scissurale remonte vers le sommet, pour se transformer, petit à pelit, en une plage d'ombre très opaque, aux limites

nettes, qui donne l'impression d'une sorte de petit moignon constitué par le lobe supérieur fibreux et rétracté » (1). Mais si, comme souvent, il y a des adhérences périscissurales, l’interlobe, sollicité par la sclérose du lobe supérieur, se laisse déformer dans sa région médiane, seule mobile, et le bord inférieur de la condensation lobaire apparaît à l'écran, non plus rectiligne, mais incurvé avec une convexité supérieure plus ou moins accusée. Cette incurvation frontale de la scissure s'accompagne, d'après MM. Risr et AMEUILLE, d’une incurvation sagittale : et le plan interlobaire n’obéit plus aux lois de BécLère : l'interlobe devient visible en éclairage normal. Pour traverser, dans sa plus grande épaisseur, la scissure incurvée, les rayons n’ont plus besoin d’être obliques, mais simplement de devenir tangents à la partie de la courbe la plus proche de l’horizontale. Il en résulte l'apparition, au dessous de la ligne

interlobaire, d'images pathologiques, appartenant au | lobe supérieur, et siégeant dans la languette qui recouvre la face antérieure du lobe sous-jacent. C’est que, dans ce cas, la ligne horizontale de démarcation interlobaire ne représente que la projection, sur l'écran, de la partie de la courbe qui est la plus proche de l'horizontale : lorsqu'il existe, dans la partie du lobe supérieur située au dessous de cette courbe interlobaire, des lésions parenchymateuses, celles-ci se traduisent à l'écran par des images qui se projettent au dessous de

(1) LÉON BERNARD. — Les débuts et les arrêts de la Tuberculose, Masson, édit. page 235. :

l’ombre de l'interlobe et qui semblent appartenir au lobe moyen ou au lobe inférieur. C’est à tort qu’on a décrit semblable image comme celle d’une lobite dépassée.

Il est évident que l’image radiologique de la lobite supérieure droite, telle que nous venons de la décrire, ne correspond qu'à la prise totale du lobe dans le sens vertical ; il peut rester des parties indemnes dans le sens antéro-postérieur ; mais il ne s’agit là que de cas vraisemblablement très rares etsur la fréquence exacte desquels on ne pourra être renseigné que lorsque sera généralisé l'emploi de la télestéréoradiographie.

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