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CHAPITRE III

LOBITE SUPÉRIEURE DROITE ET TUBERCULOSES LOBAIRES

Nous avons montré, au chapitre précédent, les deux éléments nécessaires pour caractériser, radiologiquement, la lobite supérieure droite : atteinte totale du

lobe et limite inférieure scissurale. Cette dernière Caractéristique est, en eftet, la conséquence de la délimitalion

lobaire et en permet la reconnaissance à la radioscopie dans les conditions que nous avons indiquées : mais il s'agitlà d'un phénomène qui n’est pas particulier à la lobite totale ou lobite vraie ; il existe, en effet, certaines images qui, sans traduire un envahissement de tout le lobe supérieur, présentent une limite inférieure scissurale nette. Ce sont ces formations dont nous allons maintenant étudier les éléments radiologiques, afin de les différencier définitivement de la lobite supérieure droite.

SR - A. — Scissurites et cortico-pleurites

La scissurite est l’inflammation de la plèvre interlobaire ; elle se traduit à l'écran, lorsque sont réalisées les conditions nécessaires à l’éclairement de l’interlobe, par une ombre linéaire, d’opacité dense, sensiblement rectiligne et horizontale, joignant la paroi au hile, et située, dans le champ pulmonaire, à une hauteur variable avec les individus, mais voisine de l'union du tiers supérieur avec le tiers moyen. Cette image ne saurait se confondre avec celle de la lobite supérieure droite ; mais il arrive que des lésions parenchymateuses, plus ou moins superficielles s'associent à la scissurite pour former la cortico-pleurite. Aux rayons X, on est alors en présence d’une plage d'ombre dont la limite inférieure est nette ct scissurale et dont la partie supérieure remonte plus ou moins haut vers l’apex pour se terminer en diminuant d’opacité. Un examen suffisamment approfondi permettra d'éliminer l idée de lobite supérieure.

Cette sus-scissurite, cependant, peut être parfois le phénomène initial qui déterminera l'envahissement lobaire total pour lequel elle joue, en quelque sorte, le rôle de point d'appel. C’est alors « la scissure qui fixe, puis oriente les lésions » (Léon BERNARD).

De plus, lorsque cette cortico-pleurite interlobaire est accompagnée dé cortico pleurite pariétale et pleuromédiastinale, elle peut donner une curieuse image radiologique, signalée par M. SERGENT (1). Il s’agit d’une

(1) SerGenr Bonver et Duran, — Exploration radiologique de l’appareil respiratoire. Les images lobaires et juxta-scissurales, Masson édit,

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plagé d'ombre presque homogène, envahissant le lobe supérieur droit de tous côtés, mais respectant, en son centre, une zone claire de parenchyme sain qui peut, à première vue, en imposer pour une caverne. On pourrait donc prendre pour une lobite excavée ce qui n’est, en réalité, qu’une cortico-pleurite périphérique.

B. — Sus-scissurites et lobites partielles

On a trop tendance, pensons-nous, à désigner sous le nom de scissurites toutes les lésions pulmonaires qui se traduisent, à l'examen radiologique, par des plages d'ombre plus ou moins larges présentant une limite inférieure scissurale. « Ces bandes que nous qualifions communément du nom de scissurites ne sont pas nécessairement le reliquat d'une inflammation de la cavité pleurale interlobaire ; elles peuvent être le reliquat cicatriciel de lésions juxta-scissurales qui ont évolué, non pas dans la scissure, mais dans le parenchyme, et qui, en raison de leur disposition, dessinent une ombre linéaire, transversale, dans les régions scissurales » (SERGENT et Oury). C’est pourquoi nous préférons pour elles la dénomination de sus-scissurites.

Au surplus, nous ne saurions limiter l'emploi de ce terme à la désignation des lésions parenchymateuses situées immédiatement au-dessus de la scissure: il n'existe pas de repérage permettant de dire à quel moment la localisation cesse d'être une sus-scissurite et nous pensons que cette dénomination doit s'appliquer

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à toutes les lésions lobaires qui n’envahissent pas la totalité du lobe, tout en se terminant, à leur partie inférieure par une ligne scissurale. Ce sont, en somme, des lobites partielles.

Ces sus-scissurites présentent, en effet, avec la lobite; les plus grandes analogies ; elles ne s’en différencient que par une portion plus ou moins importante de parenchyme sain qui persiste à l’apex et donne à l'écran une transparence normale. Il n’est pas toujours facile de fixer la limite supérieure de la sus-scissurite ; elle n’est jamais nette et la plage d'ombre qui représente cette lésion aux rayons X se termine vers le sommet en teintes progressivement dégradées.

Comme pour la lobile supérieure droite dont nous avons étudié l’image radiologique, la plage d'ombre qui traduit à la radioscopie l'existence de la sus-scissurite peut être homogène, mais peut aussi présenter des solutions de continuité : aspect en mie de pain et aspect lacunaire, avec prédilection de la caverne pour la région juxla-pariétale sous le tiers externe de la c'avicule. La similitude des aspects radiologiques permet de penser, au moins dans une certaine mesure, à la similitude de constitution anatomique: elle aurait été vérifiée par MM. SERGENT et ARIS.

Les sus-scissurites ainsi constituées peuvent régresser et amener, surtout quand elles sont encore à la phase de plage homogène, une résolution complète des lésions; mais elles peuvent aussi progresser el envahir, par poussées successives, la totalité du lobe supérieur ; leur limitation inférieure ayant persisté, leur évolution

DÉNÉCHEAU 3

Hi —

à amené la formation d’une lobite supérieure droite ; et c'est pourquoi M. LÉoN BERNARD a désigné ces susscissurites sous le nom de lobites en formation. Cependant, M. SERGENT d’une part, MM. Risr et AMEUILLE d'autre part, ont montré que la lobite supérieure droite, une fois constituée, arrive fréquemment à une résolution partielle: l'apex redevient transparent tandis que la partie inférieure du lobe présente l’aspect que nous venons de décrire: la sus-scissurite représente, cette fois, une lobite en régression. Le terme de lobite partielle aurait l'avantage de nimpliquer aucune idée d'évolution ou d'involution.

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