PERS
correspondent, en général, à l'augmentation, en nombre ou en volume, des ulcérations (obs. XLI, LXXXVI, XCV, CXXIV). |
Obs. CXXIV. — F... Suzanne, 23 ans, dactylographe, a eu plusieurs maladies d'enfance, a été opérée de mastoïdite à 5 ans et a eu une pleurésie sèche, à droite, à l’âge de 15 ans.
En 1928, elle a une hémoptysie représentée par 6 crachats de Sang pur. Aucun autre phénomène d'origine pulmonaire ne se manifeste pendant quatre ans. - |
Le 10 mars 1931, se sentant très fatiguée, elle se présente au Dispensaire Léon Bourgeois : elle accuse un amaigrissement de 8 kg. en 4 mois, elle n’a plus d’appétit, tousse beaucoup, mais crache peu, Bacilloscopie positive. Température vespérale atteignant 3$°. Sueurs nocturnes "
Examen stéthacoustique : À droite: submatité du sommet, diminution du murmure vésiculaire dans le tiers supérieur. Crépitations sous la clavicule. Pectoriloquie aphone.
Rien à gauche.
Examen radiologique : Champ pulmonaire droit : plage d'ombre sensiblement homogène occupant le tiers supérieur avec limite inférieure scissurale nette.
Champ pulmonaire gauche normal.
L'admission de la malade à l'hôpital Laënnec est alors décidée mais, en attendant une place vacante, elle doit se soigner chez elle, Elle n'entre salle Mosny que le 6 avril.
Elle dit avoir eu, depuis sa visite au Dispensaire, une température toujours voisine de 39° le soir, et des Crachats muco-purulents abondants. Au moment de l'entrée, la fièvre est un peu moindre (38°2). Mais les crachats restent abondants avec. présence de B. K.
Examen stéthacoustique : Poumon droit: submatité du sommet. Respiration soufflante avec gros râles bulleux en avant, sous la clavicule, et, en arrière, dans les fosses sus et sous-épineuses. Pectoriloquie aphone. Retentissement exagéré de la voix et de la toux.
Poumon gauche normal.
Examen radiologique : Champ pulmonaire droit, plage d'ombre non homogène occupant le tiers supérieur du champ avec limite inférieure nette. Cette plage présente trois images spéléomorphiques, l’une, d'environ 4 centimètres de diamètre, située dans l'angle pariéto-claviculaire, les deux autres, plus petites, immédiatement sus-scissurales.
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Champ pulmonaire gauche : Exagération des tractus entre hile et diaphragme.
Un pneumothorax artificiel est alors décidé, mais trois tentatives restent infructueuses. La malade est mise au traitement par la crisalbine à raison de 0 gr. 25 par semaine.
Le 10 juin 1932, la malade, très améliorée, a repris 5 kg. Elle ne tousse pas et ne crache que très peu. Toutelois les bacilloscopies restent positives, Etat fébriculaire (37°,5, 37,6).
Examen stéthacoustique : Poumon droit : submatité de la moitié supérieure du poumon. Respiration soufflante. Râles bulleux après la toux sous la clavicule.
Poumon gauche normal.
Examen radiologique : Champ pulmonaire droit : rétraction costale, attraction trachéale. Plage d'ombre de dimensions réduites par rapport à l'examen précédent ; ascension de l'ombre scissurale et des images spéléomorphiques dont le diamètre est très notablement diminué.
Champ pulmonaire gauche : comme au précédent examen.
Celle observation permet de suivre nettement l’évolution ; c’est celle d’une malade chez laquelle la lobite supérieure droite s’est installée avec la symptomalologie. habituelle du développement de la tuberculose pulmonaire de l’adulle. Au moment où on la voit au dispensaire Léon Bourgeois, elle présente une lobite supérieure droite à plage homogène, d'installation probablement récente ; mais, entre le moment où elle vient au dispensaire et celui où elleentre à l'hôpital,elle fait une nouvelle poussée au cours de laquelle la lésion se caséifie et se creuse de trois spélonques que l’on constate lors de son arrivée dans le service.
CASÉIFICATION ET ULCÉRATION.
Ainsi, la lobite à plage homogène et la lobite à plage non homogène constituent bien deux stades différents
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d’une même lésion. Quand elle vient de se constituer, elle forme la plage homogène qui peut présenter des différences de teintes entre la région sus-scissurale et et l’apex mais ne traduit aucune solution de continuité. Puis, elle se caséifie et s’ulcère ; c’est alors la plage non homogène avec ses deux variétés d'aspect en mie de pain et d'aspect cavitaire, le second n'étant, le plus Souvent,que l’aboutissement'du premier sous l'influence persistante du processus nécrosant.
L'apparition du stade de caséification et de ramollissement se fait généralement de quinze jours à un mois après la constitution de la lobite ; mais il peut être beaucoup plus rapide et la phase de destruction peut succéder insensiblement à la phase d’envahissement. La pratique radiologique montre avec quelle rapidité les lésions se nécrosent, « l’excavation apparaît rapidement, presque instantanément » (RIST et AMEUILLE) ; elle succède, pour ainsi parler, directement à l’hépatisation, sans laisser place à aucun stade intermédiaire. C’est ce qui explique pourquoi nous avons, si peu souvent, au cours de nos recherches, rencontré l’image radiologique de lobite supérieure droite à plage homogène.
L'ulcération peut se produire en un point quelconque du bloc lobaire ; mais elle se rencontre avec une fréquence remarquable dans l'angle pariéto-claviculaire. Elle peut être unique ou multiple. Son apparition se traduit à l’auscultation par le syndrome classique des cavités : souffle caverneux d'intensité forte, de tonalité basse, perceptible surtout à l'expiration ; râles bulleux.
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= êé = devenant, dans les cas les plus caractéristiques, des gargouillements. Cependant, il est des cavernes dont rien, à l’auscultation, ne traduit la présence ; leur
apparition n’entraîne aucune modification du schème stéthacoustique de densification lobaire.
LOBITE ET PNEUMONIE CASÉEUSE.
La pneumonie caséeuse qui constitue une forme par-. ticulièrement grave des pneumonies tuberculeuses n’affecte jamais la topographie de la lobite supérieure droite. Du moins, ne l’avons-nous jamais rencontrée. Nous n’en avons pas, non plus, trouvé mention dans les annales médicales. Dans la lobite, le processus de caséification ne s'étend jamais, d'emblée, à toute la lésion, et, lorsque nous avons rencontré l’évidement lobaire presque total, il était dû à l'augmentation progressive du diamètre d’une caverne sous l'influence permanente du processus ulcératif (obs. CXIV).